Akira Kurosawa, Maître du cinéma japonais

22 Nov

L’humanisme dAkira Kurosawa (nouvelle fenêtre) a fait du réalisateur, l’un des plus grands maitres du cinéma japonais. Arrivé au cinéma par hasard, il n’a jamais caché son aversion envers le milieu et accuse volontiers les acteurs de trop forcer leur jeu. Dans tous ses films, sa création se partage entre la critique de l’esprit samouraï et la révolte contre l’injustice sociale. Toutefois, il ne se considérait pas comme un cinéaste engagé. Avec plus d’une quarantaine de réalisation, le cinéma de Kurosawa donne à voir des films réalistes en passant du film noir aux grandes épopées du Japon médiéval. À partir de 1948, il va de chefs-d’œuvre en chef d’œuvre. Mais en 1970, l’échec commercial Dodes’kaden plonge le cinéaste dans une profonde dépression. En 1975, c’est le splendide Dersou Ouzala, joyau sibérien tourné dans d’admirables paysages de steppes et de forêt retraçant l’histoire d’amitié entre un jeune explorateur russe et un vieux trappeur qui lui permit de revenir au sommet de son art. A 83 ans, Kurosawa sortait son dernier film, un des plus originaux en forme de testament philosophique Madadayo, portrait d’un vieux maître au crépuscule de sa vie.

Cin’Eiffel présente jeudi 23 novembre à 19h30, Dersou Ouzala, fine adaptation du récit de l’explorateur russe Vladimir Arseniev (nouvelle fenêtre) et Oscar 1976 du meilleur film étranger. La projection sera suivie d’une discussion animée par Christophe Champclaux, historien du cinéma, auteur et réalisateur, spécialiste de cinéma japonais.

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Il était une fois … Vol au dessus d’un nid de coucou …

17 Nov

Tout le monde a vu ou connait le célèbre film, Vol au-dessus d’un nid de coucou (nouvelle fenêtre) de Milos Forman (1975) avec Jack Nicholson (nouvelle fenêtre) et Louise Fletcher, mais saviez-vous que ce film n’aurait jamais vu le jour sans Kirk Douglas …

En effet, Kirk Douglas, l’acteur de Spartacus (nouvelle fenêtre), une des plus grandes stars du cinéma américain des années 50/60, eut un véritable coup de cœur pour cette histoire. Il acquit les droits de livre de Ken Keseyen (nouvelle fenêtre), avant même sa publication en 1962, pour interpréter à Broadway le personnage principal : Mc Murphy. Au fil des représentations l’idée d’adapter la pièce en film devint pour lui une nécessité.

Mais cependant, malgré son statut de star, tous les studios de cinéma de l’époque rejettent son projet. Ce sera finalement son fils Michael Douglas qui, quelques années plus tard, prendra le relais en proposant l’adaptation au réalisateur Milos Forman : il l’acceptera avec enthousiasme.

Michael Douglas va mettre cinq années pour réaliser le rêve de son père …

Le film est tourné de janvier à mars 1975, dans un hôpital psychiatrique de Salem, en Oregon. Une des particularités du film demeure le fait que certains personnages secondaires étaient en réalité d’authentiques patients de l’hôpital.

Initialement, le rôle principal devait être joué par Michael Douglas lui-même, mais Milos Forman finit par choisir Jack Nicholson qui interpréte de manière magistrale le personnage de Randall Patrick Mc Murphy.

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Vol au-dessus d’un nid de coucou, est l’un des rares films à avoir obtenu 5 Oscars : en 1976, il remporte ceux du Meilleur film, Meilleur réalisateur, Meilleur acteur, Meilleure actrice, Meilleur scénario. Il fait partie des films incontournables qui ont marqué l’histoire du cinéma américain.

Pour ceux qui veulent en savoir plus sur les secrets du tournage, La Médiathèque de Levallois vous propose de découvrir sur La Médiathèque en ligne un documentaire de Edler Auberi, regorgeant d’anecdotes passionnantes : Il était une fois Vol au-dessus d’un nid de coucou (nouvelle fenêtre).

Vous pouvez également voir ou revoir Vol au-dessus d’un nid de coucou (nouvelle fenêtre) en empruntant le DVD à l’Espace Image et Son de la médiathèque Albert Camus.

Synopsis :

Randall Patrick Mc Murphy, prisonnier de droit commun, échappe aux travaux forcés en simulant la folie. Il se retrouve dans un hôpital psychiatrique et va mener une rébellion face à la dureté d’une infirmière, madame Ratched.

Réplique culte :

  • « C’est l’heure des médicaments, des médicaments ! »

Petite anecdote :

Avant le tournage, Jack Nicholson venait de subir une opération esthétique d’implants capillaires et c’est pour cette raison qu’il porte son fameux bonnet tout au long du film, afin de protéger sa tête !

Faites votre cinéma à La Médiathèque !

 

 

Brisons le Quatrième mur

9 Nov

Le quatrième mur est d’abord un concept, développé par Denis Diderot (nouvelle fenêtre) au milieu du XVIIIe siècle. S’appliquant au théâtre,  il souhaitait que les acteurs imaginent un mur virtuel les séparant du public. Le but était de faire évoluer les acteurs sur scène comme dans un monde clôt, sans qu’ils se préoccupent des spectateurs. L’idée a été reprise au milieu du XIXe siècle par le metteur en scène André Antoine (nouvelle fenêtre) qui invente la notion de « quatrième mur » afin que la mise en scène au théâtre soit la plus réaliste possible. Les acteurs ne sont plus obligés de faire face aux spectateurs.

Le quatrième mur est donc à la fois physique (l’écran pour le cinéma, la page pour le livre) et virtuel.

C’est de ce concept qu’est issue l’expression « briser le quatrième mur », un procédé qu’on retrouve au cinéma, dans les séries, les romans, les bandes-dessinées ou encore les jeux vidéo.

Au théâtre, les acteurs brisent le quatrième mur quand ils font un aparté.

Dans les séries et les films, les acteurs brisent le quatrième mur en regardant ou en parlant directement à la caméra et donc aux spectateurs. L’acteur dans ce cas traverse la frontière entre le réel et la fiction en prenant conscience de son statut de personnage et en s’adressant à son public.

Pour de plus amples explications :

Les films de La Médiathèque (nouvelle fenêtre) qui brisent le quatrième mur :

  • Lord of war (nouvelle fenêtre) – Andrew Niccol (2005): Le personnage principal Yuri (Nicolas Cage) introduit l’histoire en faisant un point sur le trafic d’armes.

© Les Films du Paradoxe — Warner

Funny Games (1997) & Funny Games (2007) – Michael Haneke

Un regard vers la caméra n’est pas toujours associé au fait de briser le quatrième mur. Parfois le cameraman, et donc le spectateur, prend la place d’un personnage qui interagit avec l’acteur. On a donc l’impression que ce dernier nous regarde alors qu’il regarde son interlocuteur. Voici un petit mélange de ces scènes :

Les séries de La Médiathèque qui brisent le quatrième mur :

  • House of cards (nouvelle fenêtre) : Frank Underwood (Kevin Spacey) s’adresse régulièrement au spectateur pour lui expliquer ses actions. Cela créé une sorte de complicité entre le personnage de la série et son public. Dans la bande-annonce (qui suit) Kevin Spacey nous fait même un petit signe de la main :

  • Mr. Robot (nouvelle fenêtre) : Elliot Alderson (Rami Malek) nous parle régulièrement, comme si nous étions son ami imaginaire à qui il demande des conseils, parle de sa vie et de ses projets. Le spectateur est dans l’intimité du personnage, il connait toutes ses pensées.

Les livres de La Médiathèque qui brisent le quatrième mur :

  • Le comics Deadpool (nouvelle fenêtre) : le personnage est schizoprène, plusieurs bulles qui représentent les différentes voix dans sa tête commentent ses actions et parfois sa situation de personnage. C’est la même chose dans le film où Deadpool commente les situations dans lesquelles il est. Le personnage est toujours à la frontière du réel, le fait qu’il s’adresse au public peut être perçu comme de la folie.

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  • La BD Le Chat (nouvelle fenêtre) – Philippe Geluck : Le Chat est pratiquement toujours de face, comme s’il s’adressait directement à nous. Ses blagues sont d’ailleurs exclusivement pour le lecteur.

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On peut bien sûr trouver d’autres films, livres ou jeux vidéo qui brisent le quatrième mur mais une liste exhaustive serait trop longue pour ce petit article !

M. Night Shyamalan …

2 Nov

Manoj Nelliyattu Shyamalan, plus connu sous le nom de M. Night Shyamalan, est un réalisateur, producteur, scénariste et acteur américain. D’origine indienne né le 6 août 1970 à Pondichéry en Inde. Il grandit en Pennsylvanie et passe toute son temps à regarder des films, notamment ceux de Steven Spielberg !

Alors qu’il n’a que 17 ans, il a déjà a son actif plus d’une quarantaine de courts métrages et part étudier à l’école des arts de l’Université de New-York. C’est en 1992, qu’il en sort diplômé et qu’il se fait naturaliser américain.

Cette même année, il réalise son premier long métrage Praying witch anger (Prier avec colère) un drame autobiographique qui rencontre un fort succès au Festival International du Film de Toronto.

L’âge d’or commence pour M. Night Shyamalan en 1999 avec la sortie de Sixième sens. C’est un succès planétaire qui va marquer le début d’une longue collaboration avec Bruce Willis (quatre films tournés ensemble).

Suivront : Incassable (nouvelle fenêtre) en 2000, avec Bruce Willis, Samuel L. Jackson, Robin Wright ; Signes en 2002, avec Mel Gibson, Joaquin Phoenix, Rory Culkin et Le village (nouvelle fenêtre) en 2004, avec Joaquin Phoenix, Adrien Brody, William Hurt et Sigourney Weaver.

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Comme Alfred Hitchcock, M. Night Shyamalan a la singulière particularité d’apparaître dans la plupart de ses films. Plus que des apparitions, il s’approprie parfois un petit rôle …

Entre 2004 et 2006, plusieurs films seront mal considérés par la critique et le public : La jeune fille de l’eau, Phénomène, Le dernier maître de l’air et After earth. Il faut attendre 2015 avec la sortie de The Visit et 2017 avec Split pour qu’il soit à nouveau plébiscité par le monde du cinéma et son public.

Son prochain film Glass est prévu en 2019, le scénario reprendra l’histoire des personnages dIncassable et de Split pour faire une suite. Bruce Willis reprendra son rôle de David Dunn, Samuel L. Jackson se remettra à nouveau dans la peau de Elijah Price alias M. Glass et l’acteur James McAvoy réitéra, quant à lui, celui de Kevin, individu aux 23 personnalités, avec des attributs physiques différents pour chacune!

 

 

Les jumeaux, ces êtres fascinants

26 Oct

Tout le monde a en tête la chanson des jumelles interprétée par Catherine Deneuve et Françoise Dorléac dans Les Demoiselles de Rochefort de Jacques Demy :

Nous sommes deux sœurs jumelles
Nées sous le signe des gémeaux
Mi fa sol la mi ré, ré mi fa sol sol sol ré do
Toutes deux demoiselles
Ayant eu des amants très tôt
Mi fa sol la mi ré, ré mi fa sol sol sol ré do…

Vous l’aurez donc sans doute deviné, à l’occasion de la sortie en DVD du dernier film de François Ozon le 26 septembre, L’amant double, nous parlerons des jumeaux dans ce billet.

Hélène délivrée par Castor et Pollux, @Jean-Bruno Gassies (1786-1832)

Depuis la nuit des temps, les jumeaux fascinent. La gémellité est troublante, complexe, et engendre des comportements spécifiques.

Tout commence évidemment avec Castor et Pollux,(nouvelle fenêtre) qui sont dans la mythologie grecque les fils jumeaux de Zeus et Léda.  Surnommés les Dioscures (enfants nés de Zeus), ce sont des frères inséparables, et ils resteront côte à côte tout au long de leur vie et de leurs aventures.

La louve du Capitole, @artiste inconnu

Nous pouvons évoquer également les jumeaux célèbres Remus et Romulus (nouvelle fenêtre), fils de la vestale Rhéa Silva et Mars, le dieu de la guerre. La légende racontent qu’ils furent sauvés de la noyade par une louve et élevés par un berger. Ensemble, Remus et Romulus décidèrent de fonder une ville (Rome), à l’endroit même où ils avaient été abandonnés.

Les jumeaux et les jumelles sont des êtres à la fois différents et identiques. Fusionnels et unis par une intimité affective profonde, ils ressentent parfois les mêmes choses au même moment, même lorsqu’ils ne sont physiquement pas au même endroit. Mais cela se gâtent lorsqu’ils sont dans une relation dominant-dominé. Dans ce cas, cela devient insupportable et cela aboutit à un conflit. Le psychologue Réné Zazzo explique ces composantes de la personnalité des jumeaux par le micromilieu qu’ils forment ensemble : leur vie en couple les isole du reste de la famille.

Et au cinéma, ça donne quoi ? Le montage, les effets spéciaux, permettent bien des fantaisies. Vrais jumeaux, deux comédiens différents ou le même se dédoublant ? Tout est possible.

image extraite du film

Faux-semblants de David Cronenberg (1988)

Beverly et Elliot Mantle, deux gynécologues réputés, sont des « vrais » jumeaux et partagent tout : leur appartement, leur clinique et les femmes. Lorsque Claire consulte Beverly, celui-ci tombe amoureux d’elle et refuse de la « partager ». C’est le début d’une descente vers la folie…


L’affiche originale qui contient le sous-titre : « Two bodies. Two spirits. One soul » (Deux corps, Deux esprits, Une âme) précise la relation qui existe entre Beverly et Elliot Mantle. Ils ne font qu’un. Pourtant même si leur physique est identique, leurs esprits divergent. Berverly est d’une timidité maladive alors que son frère Elliot est un séducteur à la limite de l’arrogance. L’irruption de Claire dans leur vie va faire éclore, mettre à jour leurs différences. En effet, pour la première fois, les frères vont penser, agir, sentir autrement et montrer leur incapacité à gérer la séparation.

David Croneneberg reprend l’un de ses thèmes de prédilection, l’obsession de la chair, des viscères et signe une œuvre singulière.

Lors d’une interview au journal l’Express en 2000, David Croneneberg disait :

A défaut d’une analyse freudienne, je peux vous livrer une conviction philosophique : la première preuve de l’existence de l’homme, c’est son corps. Nous sommes des corps. Quand le corps meurt, nous mourons. Ce qui ne veut pas dire que nous manquons de spiritualité, au contraire. Mais celle-ci est également liée au corps et au fait que nous sommes mortels. Mes films parlent de la vie et la mort. En filmant le corps, j’explore la nature de l’existence humaine, à l’opposé de la plupart des représentations actuelles, où l’homme est désincarné. Depuis toujours, je suis fasciné par le corps, ses fonctions et la manière dont il gouverne l’espace, comme le design des meubles par exemple…

L’acteur Jeremy Irons qui joue les jumeaux, lui permet d’explorer différentes facette de son propre jeu.
Le DVD de Faux-semblants est disponible à La Médiathèque (nouvelle fenêtre).

image extraite du film

Sœurs de sang de Brian de Palma (1973)

Un soir, Danielle Breton ramène un homme chez elle. Au matin, l’homme est poignardé alors qu’une journaliste, Grace Collier, assiste au meurtre de sa fenêtre. Grace prévient la police mais aucun cadavre n’est découvert. Convaincue de ce qu’elle a vu, elle décide de mener l’enquête en ignorant que Danielle Breton a en réalité une sœur jumelle, Dominique…

Le jeudi 10 mars 2016, le film Sœurs de sang était projeté dans le cadre du cycle « A couper au couteau » (nouvelle fenêtre) et le philosophe Ugo Batini était venu nous parler de ce film.

Brian de Palma nous offre avec ce film tout ce qui fera sa renommée. Le voyeurisme – meurtre vu de la fenêtre de l’immeuble d’en face par la journaliste (référence évidente à Alfred Hitchkock) -, l’utilisation du split-screen (nouvelle fenêtre) qui joue sur le doute du spectateur et ainsi brouille les pistes, le dédoublement de personnalité avec Margot Kidder (Superman, Amytiville) habitée – le réalisateur s’étant inspiré d’un fait-divers sur deux sœurs siamoises, liées à la naissance par la hanche et séparées ensuite par une opération.

Et pour vous faire un aperçu de la carrière de Brian de Palma, un petit condensé de sa vie, son œuvre en 6 minutes écrit et réalisé par Luc Lagier pour Blow up d’Arte.

Le DVD  de Soeurs de sang est disponible à La Médiathèque (nouvelle fenêtre).

Pour finir, petit rappel en images des films qui représentent des jumeaux au cinéma.

 

 

 

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