Les blogs de La Médiathèque sont en pause estivale

18 Juil deck-chair-1387246_640

Les blogs de La Médiathèque cessent de publier de la mi-juillet à la fin août 2016. L’équipe des rédacteurs se repose et vous souhaite un excellent été, riche en découvertes et aventures, qu’elles soient à la ville, à la campagne ou à la plage🙂

Nos publications reprendront à la rentrée avec plein d’énergie et de nouvelles idées pour une belle saison 2016-2017.

Vacanciers ou pas,  profitez des mois de juillet-août pour (re)découvrir tous nos articles précédents et satisfaire, susciter ou raviver toutes vos envies : cinéma, musique, lecture et même travail au plus chaud de l’été.

N’oubliez pas : sur le site de La Médiathèque, les ressources en ligne et les blogs restent en ligne 24h/24 où que vous soyez.

Les vacances au cinéma (3/3)

13 Juil Les vacances de monsieur Hulot

Plage ou montagne ?

Les réalisateurs n’ont que leur imagination comme seule limite aux histoires qui se passent en été, période propice aux rencontres, amours et amitiés qui se croisent. C’est aussi le moment des confidences, des secrets. L’occasion de découvrir un pays ou une région, en famille ou entre amis, avec ou sans les enfants. Faites vos valises, mettez vos lunettes de soleil, en route pour les vacances.

Zoom sur La baule les pins :

la-baule-les-pins 1                affiche la baule les pins

la baule les pins les enfants

Film de Diane Kurys (1990)

Avec : Nathalie Baye, Richard Berry, Zabou Breitman, Jean-Pierre Bacri, Vincent Lindon.

Synopsis : Les vacances de juillet 1958, sur une plage de la côte atlantique. La petite Sophie, 8 ans, et sa grande sœur Frédérique subissent la mauvaise entente régnant entre leurs parents, pressentant le drame du divorce qui ne manquera pas de se produire.

Quelques films à voir ou revoir cet été

  • Les Randonneurs de Philippe Harel (1997)
  • Camping de Fabien Onteniente (2006)
  • Les bronzés de Patrice Leconte (1978)
  • 15 Août de Patrik Alessandrin (2001)
  • Crustacés et coquillages d’Olivier Ducastel et Jacques Martineau (2005)
  • Les petits mouchoirs de Guillaume Canet (2010)
  • Barbecue d’Eric Lavaine (2015)
  • un moment d’égarement de Jean-François Richet (2015)

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Les vacances au cinéma (2/3)

8 Juil Les vacances de monsieur Hulot

Réunion de famille à la campagne !

Les grandes vacances sont arrivées, à chacun ses plaisirs : la plage, la montagne, la campagne pour un grand rassemblement familial. Pour certains, c’est l’euphorie de se retrouver, pour d’autres c’est l’angoisse de se revoir. Des retrouvailles avec des règlements de compte ou des confidences qui réservent leurs lots de surprises…

Autant de situations qui ont inspiré plusieurs réalisateurs et scénaristes, avec Nos enfants chéris de Didier et Thierry Poiraud (2003) et Nos plus belles vacances de Philippe Lellouche (2012) : entre le voyage, les courses, les repas et les enfants, les vacances promettent d’être mouvementées…

Zoom sur Le Skylab :

le skylab

Film de Julie Delpy (2011)

Avec : Lou Alvarez, Julie Delpy, Eric Elmosnino, Aure Atika, Noémie Lvovsky, Bernadette Lafont et Vincent Lacoste.

Synopsis : En juillet 1979, la petite Albertine, 10 ans, accompagnée de ses parents et de sa grand-mère, s’en va fêter l’anniversaire de son autre mamie, dans sa maison bretonne. Toute la famille s’est réunie pour l’occasion. Les adultes parlent beaucoup d’un satellite qui menace de finir sa course sur la Bretagne. Et s’il tombait dans le jardin ? Le déjeuner est joyeux, l’après-midi à la plage reste réjouissante, le dîner réveille les discussions politiques…

Et pour cet été…

…Voici quelques films à voir ou revoir en famille (certains avec modération tout de même !) :

  • Nos jours heureux d’Olivier Nakache et Eric Toledane (2006)
  • Scout toujours de Gerard Jugnot (1985)
  • Les vacances du petit Nicolas de Laurent Tirard (2014)
  • La première étoile de Lucien Jean-Baptiste et Marie-Castille Mention-Schaar (2009)
  • Les aiguilles rouges de Jean-François Davy (2006)
  • Les vacances de monsieur Hulot de Jacques Tati (1953)
  • Le grand chemin de Jean-loup Hubert (1987)
  • Les vacances de Ducobu de Philippe de Chauveron (2012)

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En passant

« Et le soleil dardait un rayon monotone »

5 Juil noir

Sale week-end et très sale début de semaine, vraiment…

Le monde du cinéma est en deuil. Celui de la culture plus largement.

C’est l’histoire ce week end, ce début de semaine qui vient d’en prendre un coup.

Michael Cimino tout d’abord, superstar du cinéma américain des années 1970-1980, réalisateur des cultissimes Voyage au bout de l’enfer, Les portes du paradis ou encore L’Année du dragon : mort samedi 2 juillet, à l’âge de 77 ans.

Et que dire de plus d’Abbas Kiarostami, le créatif intégral, réalisateur du Goût de la cerise notamment, Palme d’or à Cannes, celui qui a fait passer le cinéma iranien dans une autre dimension, celui qui a élevé la poésie des images à son firmament, celui dont la délicatesse n’avait d’égale que son génie et qui restera une source d’inspiration pour de nombreux cinéastes : mort le 4 juillet à 76 ans.

Cimino, Kiarostami, et puis Bonnefoy, Rocard, Wiesel.

Il y a des week end et des débuts de semaine comme ça, où l’histoire s’arrête. Des week end, des débuts de semaine où l’on est simplement tristes, démunis, un peu orphelins il faut bien le dire…

Voilà, il y a des week-end, des débuts de semaine comme ça, où l’on préférerait ne pas écouter les infos, ne pas se réveiller…

Ou alors se réveiller ailleurs, le plus distant possible de ces premiers jours de juillet 2016, et passer ses journées dans un lit par exemple, à voir et revoir des films, leurs films, à lire et relire des poésies, hors du temps et loin de leur mort.

« Et le soleil dardait un rayon monotone ».

Cafe Society, un Woody Allen pour les amoureux

28 Juin affiche café society woody Allen

Depuis des années, Woody Allen et moi, ça se passait en automne : septembre pour Blue Jasmine, Magic in the Moonlight, octobre pour Irrational Man. Un an entre chaque retrouvaille pour avoir le temps de m’impatienter et, lui, de préparer un nouveau film. Mais voilà qu’en ce printemps 2016, avec Cafe Society sur les écrans, le réalisateur bouleverse mes habitudes, semblant avoir été atteint de prolixité et peut-être d’un soupçon de précipitation… Mais il en profite pour renouer avec le charme des premières amours. Les siennes et celles de ses inconditionnels de la première heure.
woody allenQuand on aime, il est clair qu’on accepte tout, le meilleur et le pire. Dans les passes difficiles, on essaie de retrouver l’étincelle qui confirme que l’objet d’amour est resté digne de cet amour, malgré des faiblesses, des longueurs et une certaine routine … Cafe Society présente tous les charmes d’un Woody Allen, bon, fidèle et virtuose. Mais il lui manque ce petit je-ne-sais-quoi qui en ferait un des films magiques d’une filmographie étonnamment riche. Pour mémoire, 76 œuvres (séries et films) au crédit du réalisateur de 81 ans…

Le reproche (de passionnée) que l’on pourrait faire à ce dernier film est que Woody Allen ne joue pas dedans. Quand le maître himself était sur l’écran, quelle merveille ! Depuis Scoop, son absence est une évidence, malgré une apparition dans To Rome with love qui ne laisse pas un grand souvenir. Mais il sait trouver des acteurs qui, sans jamais l’égaler (oui, je suis clairement de parti-pris), apportent un plus à ses personnages et, cette fois, c’est un Jesse Eisenberg tout en finesse qui remplace celui qui fut le premier à donner un ton si particulier au personnage allenien. Quoique, de mon point de vue, Woody Allen soit à jamais irremplaçable🙂

Sans crainte de spoiler, je tiens à prévenir les spectateurs qui, comme moi, furent séduits par les Woody Allen d’origine : son personnage principal est un héros. Ainsi, suivant la tendance de ses derniers films, la comédie est devenue douce-amère, voire dramatique et l’angoisse profonde et existentielle…

Car Bobby Dorfman, incarné par Jesse Eisenberg, n’a plus la maladresse des anti-héros alleniens. Souvenez-vous d’eux  : tous ceux qui avaient toutes les chances de perdre mais restaient de façon hautement improbable persuadés de réussir : de Annie Hall à Escrocs mais pas trop, l’anti-héros a longtemps été la marque de WA.

Passons, l’amour rend nostalgique et on n’oublie jamais ses premières amours, réelles, fictionnelles ou cinématographiques. C’est bien ce que semble affirmer WA dans Cafe Society, qui a des accents de « retour sur ma vie » (la sienne). Car il y est question d’un jeune homme tenté par les sirènes d’Hollywood qui finalement revient à New York mais n’oublie rien du passé…

Cafe Society est bien un Woody Allen

Une chose est certaine : on trouve dans Cafe Society tous les ingrédients qui font la signature et les qualités du maître.

Site-officiel-woody-allenUne forme bâtie sur une structure qui a fait ses preuves avec :

  • un narrateur en voix off : regard et commentaires de démiurge regardant ses personnages se débattre avec leur Destin… avec un effet de mise à distance pour le spectateur.
  • des personnages caractérisés et archétypaux : outre le jeune juif new-yorkais au cœur pur, on trouve une jeune femme pragmatique, incarnée par Kristen Stewart, une famille haute en couleur, quelques riches héritières, et celui qui a réussi, l’oncle agent de stars à Hollywood.
  • une période, les années 30, avec une musique, le Jazz, des costumes fabuleux, des coiffures aux petits airs de Peaky Blinders et des décors années folles à la Gatsby.
  • un jeu sur l’esthétique : images, couleurs et lumière retravaillées. L’origine sociale et le milieu naturel des personnages sont l’occasion pour Allen de jouer sur le cadrage et la composition de véritables tableaux. Il insère des vignettes esthétiques, notamment dans les décors de l’appartement de la mère ou sur les docks, qui font indéniablement penser aux œuvres du photographe anglais Martin Parr, qui travaille, lui aussi, sur l’exagération, le décalage et les juxtapositions incongrues. Le plan de la chambre à coucher avec un dessus de lit, un papier peint, des cadres au mur et le pull-over du personnage est à ce titre un morceau d’anthologie.
  • de l’humour : un croisement réussi d’autodérision et de lucidité, composé de dialogues, de jeu sur le non-sens et d’ellipses dans la narration. Les scènes avec le frère mafieux sont ainsi des modèles du genre, où le raccourci de pensée s’exprime en images, matérialisé par une juxtaposition de plans.

Des thèmes récurrents :

  • les idéaux, en particulier ceux qu’on a perdus, soit des parcours de vie entre déception, aveuglement et aménagement de l’éthique personnelle.
  • la question de l’argent : en gagner, en perdre, en voler…
  • la question de l’échec ou de la réussite d’une vie… avec ses corollaires : lucidité, pessimisme, désespoir sous la légèreté apparente. (Noter à ce sujet le fond noir de l’affiche, que d’aucuns pourraient interpréter comme un message.)
  • le rapport au divin avec la remise en question des traditions culturelles ou religieuses, soulignée par des répliques savoureuses, teintées d’ironie et de réflexion sur l’absurde.

Je proteste contre le silence*

*dit un des personnages à propos de Dieu qui ne répond jamais à ses prières.

Café Society : Blake Lively, Jesse Eisenberg. Copyright Gravier productions Inc. Sabrina Lantos

Café Society : Blake Lively, Jesse Eisenberg. Copyright Gravier productions Inc. Sabrina Lantos

À cette liste non exhaustive de la « patte » WA,  il faut ajouter New York. L’attachement viscéral du réalisateur à sa ville se confond ici avec celui de son héros, le transformant en un double juvénile du réalisateur new-yorkais. Montrant une nouvelle fois la capacité du maître à se métamorphoser et se reproduire dans le jeu de ses acteurs… Après Barcelone, Rome et Paris, WA dit dans Cafe Society : rien ne vaut New York, Central Park, ses bagels et son Bronx.

Mais alors ? Qu’est-ce qui manque à Cafe Society  ?

Après réflexion, et le cœur lourd, je dirais le rythme…

Est-ce la multiplication d’intrigues secondaires (les affaires louches du frère, les relations de voisinage de la sœur, les amitiés du héros…) qui finissent par tisser une sorte de broderie de remplissage (oh pardon Woody) autour de la trame principale ? Est-ce cette profusion qui donne cette impression de trop confinant au pas assez ? Ou est-ce cette mélancolie latente et ce ralentissement inéluctable des choses, déjà sensibles dans les derniers films ?

Toujours est-il que malgré ses qualités formelles, stylistiques et intemporelles, la magie du contrepoint allenien fonctionne moins bien dans Cafe Society… Et je suis au regret de le dire, malgré mon admiration, mon respect et ma passion sans faille pour Woody Allen, on s’ennuie au Cafe Society. Un peu comme à ces réunions de famille, où l’on se retrouve avec plaisir, où l’on reconnait les histoires et les souvenirs, mais où finalement il manque l’étincelle… Et d’où on repart attristée à l’idée que peut-être ce sera le dernier…

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