Cin’Eiffel 2014 : ça démarre fort !

8 Jan

2014 commence fort, puisque Cin’Eiffel vous propose 2 rendez-vous pour bien débuter l’année en cinéma !

Tout d’abord, jeudi 9 janvier, à 19h30, Cin’Eiffel projette Juliette des esprits de Federico Fellini.
Par bien des aspects, ce film de 1965 s’inscrit dans la continuité de notre précédent, Le Bonheur d’Agnès Varda. En effet, il y est là aussi question de la recherche du bonheur : Giuletta (interprétée par Giuletta Masina, épouse de Fellini à la ville), bourgeoise conformiste dont la vie est entièrement dédiée à l’amour qu’elle porte à son mari, doit faire face à la révélation de son adultère ; commence alors pour elle une exploration et une écoute de ses sentiments les plus intimes, entre rêves et fantasmes, souvenirs et espoirs.
La dimension psychologique et psychanalytique de Juliette des esprits s’insrivent, comme souvent chez Fellini, dans une diffraction de la réalité, tant du temps que de l’espace : si le plan de réalité commun est le quotidien, celui-ci n’a de cesse, par les introspections de l’esprit de Juliette, de pointer vers le passé (souvenirs d’enfance) ou de se projeter vers l’avenir, ou encore de se confronter aux rêves et fantasmes, jusque-là refoulés.
De même, ce plan de réalité oscille en permanence entre ce journalier où la vie se déroule, s’écoule dans la monotonie (sorte de prise de vue de l’Italie des années 60), le théâtral (l’espace rappelle souvent, et quelque fois en références explicites, la scène de théâtre) et le carnavalesque.
Ce qui est remarquable dans ce film, c’est qu’on ne quitte à aucun moment ce plan premier du présent : tout ce qui arrive, tout l’imaginaire, toute l’imagination de Juliette, prennent racine dans son quotidien et leur source dans les obstacles auxquels elle doit faire face. L’histoire de Juliette est celle d’une prise de conscience sur son être : l’imaginaire est alors son moyen à elle pour se libérer (de son mari, de l’amour qu’elle lui porte, du désespoir et du banal que son adultère révèle) et vivre pleinement, enfin, une vie de femme. En cela, Juliette des esprits interroge la possibilité même du bonheur, et son sens.
Par ailleurs, pour poursuivre la comparaison avec le film d’Agnès Varda présenté à Cin’Eiffel le 19 décembre dernier, Juliette des esprits est aussi un film rythmé par la chromatique. Du blanc, du vert, du rouge, notamment, pour rappeler les couleurs du drapeau italien. Le film foisonne de couleurs vives, lesquelles sont un peu plus mises en valeur par de somptueux décors (proches du théâtre) et de très beaux costumes, conférant toujours cette impression d’irréalité (ou sa possibilité même, la possibilité d’un ailleurs, d’une autre vie) au coeur même du réel.

Extrait :

Notre second rendez-vous aura lieu samedi 11 janvier à 15h, dans le cadre de Cin’Eiffel+. Nous projetterons le film égyptien de PM Diab, Les Femmes du bus 678. Le thème de cette séance, que le film nous permettra de réfléchir et de mettre en relief, est : « Entre oppression et rébellion : regard sur la condition féminine en Egypte ». Nous serons, pour cette occasion, accompagnés de représentantes de la section levalloisienne de la Ligue des droits de l’Homme : au delà même du cas égyptien, nous pourrons donc nous interroger plus généralement sur le respect des droits de la femme dans nos sociétés contemporaines.

Bande-annonce

Bon début d’année en cinéma avec Cin’Eiffel !

Benoît N.

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