En passant

Juliette ou les couleurs d’une libération possible

11 Jan

Sandra Milo_photo

La projection de Juliette des esprits a donné lieu, ce jeudi 9 janvier, à une très belle soirée où vous étiez près de 70 spectateurs à découvrir ce très beau film de Federico Fellini.

Premier long métrage du maître italien, le film a pu déconcerter par une structure narrative oscillant sans cesse entre réalité et rêves/fantasmes, nous immergeant toujours un peu plus, de cette façon, dans l’intimité spirituelle de Juliette. Femme abandonnée, confrontée à la lâcheté et à l’hypocrisie de son entourage, comme de la société qu’il incarne, Juliette, en affrontant son passé et en acceptant la tristesse et la déception de sa vie présente, s’ouvrira les voies d’une libération, tant spirituelle, psychologique que sociale : la dernière scène, à ce propos, où Juliette libérée de ses mauvais esprits franchit la grille de sa demeure pour cheminer dans une nature apaisée et apaisante, laissant ainsi son décor de maison de poupée derrière elle (dans tous  les sens du terme), est révélatrice du parcours initié par cette femme pour s’extirper de ses « obligations » – ressenties comme autant d’enfermement.

Film psychologique, mêlant le théâtral et le quotidien, le fantasme et la réalité, carnavalesque par secousses, Juliette des esprits est peut-être avant tout un film visuel où les décors et les costumes magnifiques de Piero Gherardi participent au premier plan du choc chromatique et pictural provoqué chez le spectateur.

Piero Gherardi_photo

Juliette des esprits est en tout point un film original, marquant certainement une transition dans le travail de Fellini. Un film riche, aux références (littéraires, antiques, picturales…) nombreuses, et d’une beauté explosive déconcertante ; mais Juliette des esprits est aussi un film sur la lâcheté de la nature humaine et l’hypocrisie de la société que l’homme civilisé se construit.

Juliette des esprits est un film cruel, qui nous montre les couleurs d’une libération possible.

Benoît N.

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Une Réponse to “Juliette ou les couleurs d’une libération possible”

Trackbacks/Pingbacks

  1. Cin’Eiffel : saison grand cru ! | Cin'Eiffel - 30 juillet 2014

    […] le moins que l’on puisse dire, n’a pas laissé insensible (tout comme d’ailleurs, Juliette des esprits, de Fellini qui, par ses tournures baroques, a décontenancé certains spectateurs…) ; et […]

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