« Les Bureaux de Dieu » : quand les femmes se racontent

11 Mar

 

Présenté en 2008 à la Quinzaine des réalisateurs, Les Bureaux de Dieu de Claire Simon se situe à la frontière entre  fiction et documentaire. La réalisatrice de Ca brûle (2006) y filme des actrices connues dans le rôle de conseillères du Planning familial. Nathalie Baye, Béatrice Dalle, Isabelle Carré, Rachida Brakni, Nicole Garcia, Marie Laforêt, Anne Alvaro et d’autres encore, ont à charge de recevoir la parole des femmes qui viennent les consulter. En face d’elles, de jeunes comédiennes non professionnelles leur confient leurs angoisses sur la contraception, la grossesse, l’avortement…
Claire Simon a mis ces actrices de renom en situation de ressentir la même émotion que celle qu’avaient éprouvée les femmes du Planning : c’est au dernier moment qu’elle leur a présenté leurs partenaires et révélé l’histoire à laquelle elles étaient confrontées, de façon à filmer leur trouble putôt que leur technique d’interprète. Dans une série d’entretiens filmés en de longs plans-séquences, ces duos de comédiennes rejouent ainsi certaines des rencontres auxquelles a assisté Claire Simon pendant le temps qu’elle a passé dans un bureau du Planning familial de Marseille (entre 2000 et 2007), et qui ont servi de matière à son scénario.
La vie dans les bureaux du Planning, elle, est recréée sans effet démonstratif, rendant aux militantes leur fragilité d’être, hors des heures de travail ; des bribes de fiction s’esquissent, qui façonnent le bureau comme une entité vivante, et donnent au film, comme l’a très justement dit Nicole Garcia, une structure de « chant polyphonique ».

Les Bureaux de Dieu parle bien sûr des femmes, puisque tout le film est centré sur leur vie sexuelle et affective : demande d’un moyen de contraception, peur d’une grossesse non prévue, questionnement autour de l’IVG…, autant de questions assez sommairement abordées sur le plan pratique et plus longuement d’un point de vue psychologique. Mais, en creux, le film concerne également les hommes : conjoint, père, fils…,  et leur sentiment vis-à-vis de l’intimité des femmes qui leurs sont proches. C’est pourquoi l’importance d’une écoute professionnelle (donc neutre) de ces diverses paroles féminines – aussi bien que leurs non-dits – , sera au coeur de la séance Cin’Eiffel+ du samedi 15 mars.

Sophie Lortat-Jacob, diplômée du Centre de formation au métier de conseiller conjugual et familial (affilié à la Fédération – aconfessionnelle et apolitique – « Couples et familles ») et membre de l’Association Nationale des Conseillers Conjuguaux et Familiaux (ANCCEF), travaille au Centre de planification départemental à Levallois depuis quatre ans : elle animera la discussion autour du thème « La contraception : une affaire d’écoute et de liberté assumée ».

Faites votre cinéma – en famille – à la Médiathèque !

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :