En passant

Still life : regards sur une Chine morte et bien vivante…

17 Mai

Notre soirée Cin’Eiffel de ce jeudi 15 mai avait un petit parfum de festival de Cannes, puisque nous projetions Still life, le bijoux chinois signé Jia Zhang Ke, membre du jury cette année !

Vous étiez 85 spectateurs présents pour assister à cette séance animée par Luisa Prudentino, grande spécialiste et passionnée du cinéma chinois : enseignant-chercheur à Lecce, elle est également chargée de cours et de séminaires à l’Inalco, à Paris 7, à l’université de Metz ou encore à Arras. Sa parfaite connaissance de la culture chinoise nous a permis de mieux apprécier encore ce film magnifique du plus grand réalisateur chinois actuel !

Still life 2

Un avenir précaire, incertain et toujours à l’équilibre, pour cette Chine du 21ème siècle ,filmée par Jia Zhang Ke.

Ce que montre le film, c’est une Chine en pleine mutation, en pleine perte de repères, incertaine sur son avenir. Le barrage des Trois Gorges où se déroule l’action symbolise, comme nous l’expliquait Luisa Prudentino, toutes les fractures de cette Chine contemporaine, entre tradition et modernité : l’image surréaliste du funambule qui clôt le film marque bien l’état de précarité dans lequel semble se trouver les habitants de ce pays sans limites, errant dans ces grands espaces en profond changement comme ils errent chacun individuellement, malgré un pays qui a construit son identité sur l’idée de communauté : ce que met en relief Jia Zhang Ke, c’est la terrible solitude de ces Chinois, livrés à eux-mêmes.

Au-delà de l’aspect politique et social très fort de Still life, les images de Jia Zhang Ke, sa façon de filmer les paysages, de nous perdre dans cette immensité d’eau et de montagnes est sidérante.

Jia Zhang Ke, nous disait Luisa Prudentino, peine de plus en plus à faire et à distribuer ses films : comme beaucoup d’artistes confrontés à la censure de leur pays, comme beaucoup de créateurs dénonçant les dérives politiques de leurs autorités, il doit lutter pour continuer à tourner et à imposer au monde sa vision de la Chine contemporaine. Et quand il parvient être distribué en Chine, le public ne répond pas présent… Luisa Prudentino, ainsi, nous livrait sa crainte que Jia Zhang Ke ne finissent par baisser les bras…

Faire dialoguer les cultures, avoir une vision de ce qui se passe dans notre monde contemporain, prendre conscience des déchirures et des souffrances de peuples délaissés, déplacés, inconsidérés : c’est ce que nous a remarquablement fait partager Luisa Prudentino concernant la Chine de Jia Zhang Ke, et c’est l’une des lignes directrices qui motive Cin’Eiffel dans sa programmation !

Benoît N.

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2 Réponses to “Still life : regards sur une Chine morte et bien vivante…”

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