Le webdoc à l’assaut de 14

29 Sep
Commémorations, expositions et souvenirs, 2014 se souvient de ceux de 14. Il faut dire qu’il ne reste plus grand chose de ce monde-là, Le monde d’hier comme dirait un certain Zweig.

Plus de poilus… En France, le dernier, le légionnaire Lazare Ponticelli,  s’est éteint en 2008 à 110 ans, longévité exceptionnelle qui, par une coïncidence étrange, se trouve partagée par d’autres vétérans de la Grande Guerre  :  le  Britannique Claude Choules mort à 110 ans en 2011, précédé de peu par  l’Américain Franck Buckles, 110 ans lui aussi.

Plus de témoins directs pour cette guerre mondiale, qui un siècle plus tard, est complètement détachée de l’expérience vécue et transmise par ces générations qui l’ont soit faite soit entendue de leurs aïeuls. Devenue pour nous aujourd’hui une double-page dans des manuels d’histoire, quelques heures de cours au lycée et la somme abstraite de chiffres hallucinants qui par leur grandeur n’évoquent plus rien de concret : près de 5 millions de morts de part et d’autre, plus de 20 millions de blessés , un événement historique et distant de nous au même titre que la guerre de 1870 ou les conquêtes napoléoniennes. Un événement analysé, décortiqué et quantifié au risque de nous faire perdre toute  sensibilité.

Sans rentrer dans un débat qui chercherait à opposer mémoire à histoire et affirmer, comme  le sociologue Maurice Halbwachs, que« l’histoire ne commence qu’au point où finit la tradition, au moment où s’éteint ou se décompose la mémoire sociale »,  le documentariste Jacques Grison, dans son webdocumentaire L’enfant de Verdun,  s’est posé la question. Comment parler de cette guerre aujourd’hui ?

Jacques Grison a choisi de filmer le Verdun d’aujourd’hui  : des paysages vallonnés par les obus de mortier d’il y a cent ans, des lieux où il jouait enfant, le champ de bataille où se sont battus ses grands-pères.

Et ce sont des traces, des paysages, des objets, des lumières qui nous font ressentir cette guerre. Les  reliefs rouillés, abandonnés et érodés d’un quotidien éteint donnent corps  et voix à des hommes, et  rendent le passé sensible, émouvant, comme quand on lit ces lettres de poilus morts depuis longtemps, ou qu’ on écoute les témoignages enregistrés de vétérans.

Pour les puristes du webdoc, L’enfant de Verdun pourra sembler un peu trop linéaire et manquer d’interactivité. Mais pour moi, ce choix de conception accentue l’impression de temps arrêté et de mélancolie d’une promenade aux champs d’honneur.

Un excellent webdocumentaire produit par Narrative en 2008 (06:46)

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