Nouvelle Vague sud-coréenne

2 Déc

Depuis une quinzaine d’années, le cinéma sud-coréen s’invite régulièrement sur nos écrans : l’occasion de découvrir un cinéma en pleine effervescence et des cinéastes de premiers plans !

Old boy 2

Park Chan-wook, Bong Joon-ho, Hong Sang-soo, Lim Sang-soo pour ne citer qu’eux… Tous Sud-Coréens et tous talentueux !

Ils incarnent ce cinéma coréen contemporain en plein boum, qui déferle dans nos salles à rythme régulier ces dernières années. Les distributeurs ont bien compris l’intérêt d’exploiter des films susceptibles de toucher un large public : ce cinéma se caractérise très souvent en effet par son énergie et son efficacité : mélange des genres cinématographiques, emprunt à la culture hollywoodienne et tout particulièrement à l’esthétique du film noir, références fréquentes à la Nouvelle Vague française (Godard et Rohmer, notamment chez Hong Sang-soo) ou encore au fantastique japonais. Sans oublier un humour, pour le coup, typiquement coréen et… décalé pour les spectateurs européens que nous sommes !

Park Chan-wook : le premier d’entre eux

Park Chan-wook est peut-être le chef de fil de cette nouvelle génération. Il est le réalisateur de ce qu’on a appelé la « trilogie de la vengeance » : Sympathy for Mr Vengeance (2002), Old boy (2003) et Lady Vengeance (2005). Il a filmé également une histoire très moderne de prêtre-vampire avec Thirst, ceci est mon sang, où la perte de la foi et l’extinction de l’humanité en l’homme vont de pair : seul l’amour, même vampirisé, est en mesure de sauver ce qui peut, un temps, être sauvé ! Park Chan-wook se caractérise par une folle expérimentation, un désir effréné de casser les cadres, une absence totale de limites esthétiques, un goût prononcé pour le mélange des tons et une violence outrée.

Park Chan-wook, avec Old boy, signe une véritable renaissance européenne du nouveau cinéma sud-coréen contemporain : une sorte de Nouvelle Vague des années 2000 ! Old boy, adaptation d’un très célèbre manga, est un film énergique et délirant, violent, critique, empruntant au cinéma hollywoodien son efficacité, à l’européen sa poésie, au coréen le mélange des tons et des genres !

En ce sens, Old boy est le type de film tarantinesque que l’on est habitué à voir sur nos écrans, mais teinté d’une folie et d’une démesure surprenantes : tout est trop dans Old boy ! C’est un bric-à-brac dont les règles sont dictées par l’enfermement intérieur du personnage principal. La démonstration, les explications, les effets de caméra : oui, tout est beaucoup trop dans Old boy

Mais l’ensemble est cohérent et donne un spectacle de haut vol ! On comprend mieux, en le voyant, pourquoi Quentin Tarantino lui a donné le Grand Prix au festival de Cannes qu’il présidait en 2004 : il y a indéniablement une communauté cinématographique entre ces deux réalisateurs ! De même, on ne peut s’empêcher de penser à Fight club de David Fincher : la dernière scène, en particulier, dans la tour de verre, est éloquente dans sa ressemblance !

3 ou 4 films sud-coréens à voir séance tenante !

S’il ne fallait voir que 3 films sud-coréens, je vous conseillerais : Old boy bien sûr (projeté à Cin’Eiffel jeudi 4 décembre à 19h30), le sensationnel Memories of murder (peut-être le plus beau titre de film des 15 dernières années) et The Chaser (une course poursuite impitoyable de Na Hong-jin, 2008).

J’en rajouterai un autre, toujours de Bong Joon-ho : The Host, film fantastiquement politique !

Et puis en salle actuellement : A Cappela.

Benoît N.

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3 Réponses to “Nouvelle Vague sud-coréenne”

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