Le photographe, héros ou escroc ?

15 Mar
De Fenêtre sur cour à L’Etrange affaire Angélicaen passant par Blow Up, la figure du photographe est largement représentée au cinéma.
Quel est le rôle du photographe et que nous dit-il de la société dans laquelle nous vivons ? Témoin de l’histoire dans La Camara Oscura, couvrant les conflits de notre époque dans The Bang Bang Club, voyeur et maître chanteur dans Photo Obsession, impuissant dans Fenêtre sur cour, le photographe nous raconte des histoires… qu’elles soient belles ou cruelles. Intéressons-nous de plus près à certains d’entres eux.
  • Koji, l’apprenti photographe dans Tokyo Park du japonais Shinji Aoyama sorti en 2011.
    Le jeune Koji, apprend la photo le jour, en shootant au hasard des inconnus dans un parc, et travaille dans un bar, la nuit. Un jour, Takashi Hatsushima, dentiste, sort de son cabinet médical et surprend le manège du jeune photographe. Il lui propose de photographier sa femme à son insu, en échange d’un salaire, afin de savoir ce qu’elle fait la journée et de lui envoyer les photos par sms. Cette curieuse commande va bouleverser sa vie et tout particulièrement son rapport avec les femmes, notamment celles qui lui sont proches, Miyu, sa meilleure amie, et Myzaki sa demi-soeur… 
    Ce film a été récompensé par le prix spécial du jury à Locarno en 2011. Une peinture de la société japonaise d’aujourd’hui où l’on croise des jeunes gens qui vivent de petits boulots, des jeunes accros aux mangas et aux films d’horreur. Le résultat en fait un film touchant, mélancolique, poétique, plein de références cinématographiques insérées ici ou là.
  • Greg Marinovitch, Joao Silva, Kevin Carter, Ken Oosterbroeck dans The Bang Bang Club de Steven Silver, sorti en 2010.
    A la fin des années 80, Greg Marinovitch fonda avec Joao Silva, Kevin Carter et Ken Oosterbroek le Bang Bang Club (nom que les habitants des townships utilisaient pour parler de la violence perpétrée au sein de leur communauté), un groupe de photojournalistes en Afrique du Sud, dont la mission était de dénoncer l’Apartheid. Ce film raconte leur histoire. Ils ont risqué leur vie pour dire au monde la brutalité et la violence associées aux premières élections libres de l’après Apartheid, au début des années 90.
    Le film n’est certes pas un chef-d’oeuvre, mais il montre bien la volonté des photojournalistes de montrer, d’informer, de faire prendre conscience au plus grand nombre des tragédies en train de se faire. Il pose également la question de l’honnêteté des photographes, de leur engagement, de leur vérité. Certains cherchent le scoop à tout prix, quitte à perdre leur âme.
    Les quatre photographes de ce film n’étaient pas de ceux-là et auront d’ailleurs pour certains un destin tragique.
    Ken Ooosterbroek fut tué par un tir ami des miliciens dans le township de Thokoza, quelques jours avant les premières élections libres en Afrique du Sud.
    Kevin Carter, dont certains des clichés feront le tour du monde, hanté par les conflits et la misère, se suicidera peu après avoir obtenu le Prix Pulitzer 1994, pour la photo La fillette et le vautour.
    Joao Silva, en mission en Afghanistan pour le New York Times, saute sur une mine en octobre 2010. L’explosion lui fait perdre l’usage de ses deux jambes.

Retrouvez une filmographie où le photographe est le personnage central.

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