Service sur court, quand le cinéma mate le tennis

3 Juin
Chaque mois de mai, le monde du cinéma est secoué par deux événements internationaux : Cannes, son festival, ses stars, ses palmes et ses marches, et Roland-Garros, son central, ses stars, son podium et ses gradins… Certaines stars du grand écran vont directement de la Croisette à la porte d’Auteuil, sortant de leurs bagages une tenue adaptée. Au vestiaire la paillette et le smoking, vive la rayure tennis, le bob et les lunettes noires, soit un look dit « passe-muraille de star », adopté par les People du cinéma quand ils sont des spectateurs comme les autres. Et s’ils aiment regarder les échanges de balle jaune sur court, les gens du cinéma les mettent aussi en scène et en tirent des films… rebondissants !

Si l’on y regarde de près (puisque c’est de regards croisés qu’il s’agit dans cet article), tennis et cinéma ont de nombreux points communs : des origines de bonne famille, une élégance confirmée, le goût des costumes, une gloire qui repose sur un physique au top, ainsi qu’un sens certain du défi et du risque. Mais aussi… de la sueur, des mois et des années de travail pour un résultat qui se joue tout au plus en quelques heures…

Par ailleurs, s’il est évident que cadre et cadrage sont nécessaires à l’exercice de ces deux arts, le tennis et le cinéma se rejoignent sur de nombreux points de vocabulaire et de jargon avec :

  • Des mots comme prise, cadre, coupe, effet rétro, tête de séries, ou prise Western ;
  • Des effets liftés rappellent aux stars combien la gloire est fragile et la résistance du corps, un combat ;
  • Des GOAT (Greatest Of All Time), soit des figures et des caractères légendaires ;
  • Des seconds services qui peuvent contenir autant de promesses que des seconds rôles ;
  • Des LL  = Lucky Looser, à savoir ceux (joueurs ou acteurs) qui, éliminés à la sélection, profitent du désistement d’un autre.
  • Des surnoms donnés à certains joueurs tout droit inspirés des héros du cinéma : Musclor, E.T. Le parrain, le Djoker

Enfin quand une tête de série est menée 6-1, 6-0, il arrive qu’elle se voit traitée de figurant, ce qui est aussi péjoratif sur un court que sur un plateau.

Côté technique, on trouve aussi des similitudes. Ainsi les années 20 voient advenir le triomphe de la manivelle, indispensable au cinéma depuis les recherches des frères Lumière et très utile pour le premier lanceur automatique de balles de René Lacoste :

Tennis-machine-Rene-lacoste1920-1929

The tennis machine Aka René Lacoste (1920-1929 vidéo de Britishpathé.com

De nombreux réalisateurs, joueurs ou pas, ont eu à coeur de mettre le tennis au coeur de leur film, avec des scènes devenues d’anthologie, que ce soit du point de vue sportif, comique, dramatique ou esthétique : Jacques Tati dans Les vacances de Monsieur Hulot, Hitchcock avec son Inconnu du Nord express, Truffaut dans La femme d’à côté.  Woody Allen, en short et raquette dans Annie Hallserait un fervent admirateur de la mythique scène finale d’Antonioni dans Blow-Up : la célèbre partie sans balles ni raquette dont la tension confine à l’angoisse. Quant aux George Clooney’s addicts, ils restent sous le coup de son toucher de balle efficace et nonchalant dans Intolérable cruauté.

Luke-wilson-richie-tenenbaum

Dans The Royal Tenenbaums (titre français : La famille Tenebaum), Wes Anderson donne à Richie la passion du tennis et le bandeau mythique sur la tête de Luke Wilson vaut bien quelques lauriers ou palmes…. Une belle scène d’humiliation sur court se joue dans School for Scoundrels de Robert Hamer, version de 1960 (reprise en 2006 avec le peu reluisant L’école des dragueurs).  Souvenons-nous enfin des compères de Un éléphant ça trompe énormément, avec des matches joués casques sur les oreilles et un Guy Bedos materné par une mère envahissant les courts en manteau de panthère.

Guy-bedos-un-elephant-ca trompe-enormement

Outre Match point, dont le héros, monté dans les hautes sphères du classement ATP, peine à pénétrer celles de la bonne société, certains films sont de véritables hymnes au tennis, comme Terre battue (vod), ou  La plus belle victoire (Titre original : Wimbledon) ou ce mythique film des années 50 : Hard fast and Beautiful d’Ida Lupino.

Si la balle attire réalisateurs et acteurs, les joueurs ne résistent pas non plus aux feux de la rampe avec des apparitions au cinéma comme celle d’Ilie Nastase dans Montag ou encore Novak Djokovic dans Expendables 2.

Ainsi, au mois de mai, tous les chemins mènent à Roland-Garros. Jouer au tennis avec une fille semble un bon chemin pour rejoindre Hollywood et atteindre l’Oscar… La preuve en images avec un gars devenu The Artist :

Pour les passionnés, les plus belles scènes de tennis au cinéma sont passées au tamis et classées dans le Top 5 de Blow up, l’émission d’Arte : à voir, et à revoir pour rebondir  🙂 🙂 🙂

BONUS : le Zoom sur le tennis en images, du jeu de paume entre aristocrates aux tournois de professionnels du monde entier

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