Dans les coulisses de… (4/5)

25 Jan

1- Le photographe de plateau

2- Le projectionniste

3- L’agent artistique

4- L’affichiste de cinéma

Depuis que le cinéma existe, des milliers de mises en scène colorées recouvrent les murs de Paris, de Lisbonne ou de New-York, que l’on appellent affiches. Cette publicité géante donne des indications sur le film. En quelques secondes, nous savons si le film est une comédie, un thriller, quels en sont les acteurs, le réalisateur, le compositeur. Créatives, sublimes, elles stimulent l’oeil du spectateur et suscitent l’envie, ou pas, d’aller voir le film.

« Avant, l’affiche était le seul moyen de donner envie d’aller au cinéma. C’était souvent une composition, une synthèse du film, une atmosphère… »

Stanislas Choko

Du navet ridicule au chef-d’œuvre mémorable, chaque œuvre cinématographique a droit à une affiche pour en faire la promotion.
Véritable œuvre d’art à part entière pour certaines, les affiches font la joie des collectionneurs comme Henri Langlois, l’un des fondateurs de la Cinémathèque Française avec Georges Franju et Jean Mitry. Elles sont d’ailleurs conservées au sein de la Bibliothèque du film dans les locaux de la Cinémathèque.

Malheureusement, à partir des années quatre-vingt-dix, les modes de production s’industrialisent peu à peu et de nouveaux procédés d’impressions apparaissent :  l’offset remplace la lithographie. D’autre part, les producteurs sont de plus en plus frileux. Ils n’hésitent pas à faire appel à des « consommateurs ». L’affiche est ainsi « sondée » bien avant la sortie du film et devient formatée.

Revenons sur trois affichistes qui ont marqué le 7eme Art.

Saul Bass (1920-1996)

Saul Bass est un graphiste américain. A l’issue de ses études d’art, il s’oriente vers la publicité. Il est rapidement repéré par le réalisateur Otto Preminger avec qui il collabore pour le film Carmen Jones en 1954.

« L’une des clés de ce traitement est l’abandon des traditionnels portraits d’acteurs au profit d’un « logo », un symbole visuel fort qui deviendra l’emblème du film. »

Jean-Pierre Berthomé (Enseignant à l’université Rennes II, spécialiste du décor de cinéma)

C’est une révolution et c’est donc tout naturellement que, par la suite, Saul Bass s’orientera vers la création de génériques de film et deviendra un maître incontesté en travaillant pour les plus grands réalisateurs.

« Mon idée de départ était qu’un générique pouvait mettre dans l’ambiance et souligner la trame narrative du film pour évoquer l’histoire de manière métaphorique. Je voyais le générique comme une façon de conditionner le public de façon à ce que, lorsque le film commence, il ait déjà un écho émotionnel chez les spectateurs. J’étais convaincu que le film commence vraiment dès la première image. »

Saul Bass

A l’occasion du 20eme anniversaire de sa mort, le centre d’art et de design « La fenêtre » à Montpellier présente jusqu’au 26 mars 2016 une exposition inédite en France consacrée à son œuvre.

 

Boris Grinsson (1907-1999)

Boris Grinsson est un affichiste, peintre et paysagiste français d’origine russe. Fuyant la révolution bolchévique de 1917, Boris se réfugie à Berlin. Il y apprend le métier d’affichiste. Poursuivi pour avoir fait une caricature d’Hitler, il est contraint de fuir le nazisme et se réfugie en France. Il y apprend la technique de la lithographie qui n’était pas utilisée en Allemagne. Il commence véritablement sa carrière vers la fin des années 30 avec des affiches de séries B puis impose rapidement son style. Il travaillera avec presque tous les grands distributeurs américains comme Universal, MGM, Paramount, Columbia, RKO, Warner ou Fox, et européens comme Pathé, Gaumont. Au cours de sa carrière il réalisera plus de 2000 affiches ! Boris Grinsson aura traversé un siècle d’histoire et de cinéma. Chapeau l’artiste !

Boris Bilinsky (1900-1948)

Boris Bilinsky (ne pas confondre avec un autre affichiste, Constantin Belinsky) est surtout connu pour sa magnifique affiche du film Metropolis réalisé par Fritz Lang en 1926. Véritable précurseur de l’affiche moderne, l’une de ses premières créations pour le film de Jean EpsteinLe lion des Mongols, lui vaut une médaille d’or à l’Exposition des arts décoratifs de Paris en 1925.
Il est également costumier, et travailla avec Marcel Carné pour son film Le jour se lève en créant les costumes pour l’actrice Arletty.

« Bilinsky a introduit en France les nouvelles techniques du décor construit, du staff, des maquettes en volume… Un certain faste décoratif, inconnu jusque-là dans les studios français mais pratiqué à la UFA de Berlin. »

Léon Barsacq  (chef décorateur de cinéma et créateur de costumes français, collaborateur de Jean Renoir et de Marcel Carné)

Et pour finir, une liste non exhaustive d’affichistes incontournables :

John Alvin (1948-2008)

Jean Mascii (1926-2003)

 

Michel Landi (1932-…)

 

 

 

Publicités

3 Réponses to “Dans les coulisses de… (4/5)”

  1. René Clémenti-Bilinsky 27 janvier 2016 à 11 h 07 min #

    Bonjour.
    Boris Bilinsky est mort en 1948, pas en 1947.

    • Isabelle D. 29 janvier 2016 à 18 h 36 min #

      Merci pour cette précision, l’erreur est corrigée 🙂

Trackbacks/Pingbacks

  1. Dans les coulisses de… (5/5) | Cin'Eiffel - 23 février 2016

    […] 4- L’affichiste […]

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :