Il est vivant, ils sont vivants : Z de Costa-Gavras

12 Fév

Z de Costa-Gavras (1969) est devenu un film emblématique du cinema politique. Z incarne la survivance, quoi qu’il en soit, et quelque soit le péril qu’elle encourt à chaque époque, de la démocratie et du peuple qui lui donne son impulsion…

Costa-Gavras déclarait lui-même, non sans malice et intelligence, qu’il avait d’abord voulu raconter l’histoire d’un assassinat, celui du député grec Grigoris Lambrakis : or il se trouve que cette histoire est aussi celle d’un assassinat politique. Costa-Gavras laisse ainsi le public (et la censure…) juge de savoir si sera un film politique.

Et l’un comme l’autre trancheront.

Capture d’écran 2016-02-12 à 16.25.42

Non seulement est un film engagé, un film combattant, un film politique, et politiquement intemporel, un film d’utilité publique ; mais il est très certainement devenu le premier d’entre tous les films du cinéma dit politique. Car ce film raconte rien moins que la mort de la démocratie, à savoir la prise du pouvoir autoritaire par la force, et de la force (en l’occurence, les représentants des forces de l’ordre : police et armée, suppôts de la Dictature des Colonels), au détriment des représentants du peuple. Ce que met en scène, à travers la mort d’un député, c’est l’étouffement du peuple, réduit au silence.

Mais ce que dit aussi Z, c’est que c’est dans cet extrême péril que résident le sursaut et la survie de cette même démocratie aux abois : car les citoyens sont obligés de reprendre leur destinée en main s’ils veulent simplement pouvoir continuer à vivre comme des hommes et non comme des esclaves ou des opprimés (des citoyens incarnés ici par le juge d’instruction, joué par Jean-Louis Trintignant).

Concluons en entendant résonner les mots d’Yves Montant, acteur engagé et citoyen concerné s’il en fut :

« L’assassinat de Z, c’est l’assassinat de Trotsky, c’est l’assassinat de Lumumba, c’est l’assassinat des Kennedy, c’est l’assassinat de Luther King, de Ben Barka (…) »

L’assassinat de Z, c’est la mort de la résistance et de l’esprit du peuple. Des films comme Z, des réalisateurs comme Costa-Gavras ou des acteurs comme Yves Montant font en sorte que cet esprit survive !

Retrouvez sur grand écran le jeudi 18 février à 19h30, pour clore le cycle de Cin’Eiffel : « Filmer, s’engager » !

Benoît N.

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