Dans les coulisses de… (5/5)

23 Fév

1- Le photographe de plateau

2- Le projectionniste

3- L’agent artistique

4- L’affichiste

5- Le compositeur de musique de film

Du cinéma muet au film parlant, la musique a toujours accompagné les films.
Contrairement au théâtre, à l’opéra, à la danse, où la musique était déjà omniprésente et accompagnait les différentes séquences, la musique au cinéma, au début du vingtième siècle, était jouée à l’extérieur afin d’attirer le spectateur dans une salle obscure.

« On essaya de remplir le vide acoustique des cinémas par une “illustration musicale” qui tâcha de s’adapter aux sentiments suggérés par les événements qui se déroulaient sur l’écran ».
Guido Bagier, « Deux industries – un seul but », dans Machines parlantes et Radio, Phono-Ciné, n° 146, janvier 1932.

Les musiques n’étaient pas encore originales au sens où on l’entend aujourd’hui. C’étaient pour la plupart des improvisations à partir de thèmes classiques comme Beethoven ou Mozart par exemple. Petit à petit, l’instrument rentre dans la salle de projection, souvent un piano ou des ensembles instrumentaux, tout d’abord pour couvrir le bruit assourdissant du projecteur, voire rassurer les spectateurs plongés dans le noir.

Très rapidement le cinéma a tenté de faire sa propre musique. La première musique de film originale est attribuée à Camille Saint-Saëns pour le film L’assassinat du duc de Guise d’André Calmettes et Charles le Bargy en 1908.

En 1924, Erik Satie écrit la musique pour le court-métrage Entr’acte (adapté d’un ballet dadaïste de Jean Borlïn et Francis Picabia) de René Clair.

Sans oublier Charlie Chaplin qui, bien que n’ayant reçu aucune formation musicale, se passionnait pour la musique qu’il apprit en autodidacte. Il pouvait jouer, à l’oreille, du piano, du violon, du violoncelle. Ainsi, il compose des airs qu’il confiera à des compositeurs professionnels.

Revivez l’univers de Charlie Chaplin en écoutant l’émission « Chaplin, les musiques de ses films » sur France Culture.

France Culture

Les réalisateurs comprennent vite le pouvoir de la musique pour servir leur film dans telle ou telle séquence, ainsi que les émotions qu’elle procure sur les spectateurs.
L’arrivée du parlant va bouleverser et accélérer les choses. Tout comme le cinéma gagne en maturité, la musique participe à l’histoire et n’est plus uniquement illustrative. Elle accompagne le film, devient puissante, met en valeur les images.

A propos de la musique de film, Dmitri Chostakovitch déclarait en 1929 :
« Il est temps que ceux qui s’intéressent à la musique s’intéressent à la musique de cinéma, qu’ils mettent fin au gâchis et à l’esprit anti-artistique qui règnent en ce domaine ; la musique dans un film constitue un agent puissant et ne peut être réduit à une simple illustration. »
La collaboration avec un compositeur devient indispensable. Des couples réalisateurs/compositeurs se forment. Nous en retiendrons quelques uns.
HitchcockHerrmannAlfred Hitckock et Bernard Hermann
Bernard Hermann (1911-1975) est un compositeur et chef d’orchestre américain. Il développe très tôt un talent pour la composition. Dans les années 20, la nouvelle scène musicale new-yorkaise est en ébullition et lui permet rencontrer George Gershwin  entres autres. Il entre en 1934 à la CBS (Columbia Broadcasting System), important réseau de radio et de télévision, comme chef d’orchestre et compose la musique de milliers de pièces radiophoniques dont le célèbre La Guerre des mondes d’H.G Wells, adapté par Orson Welles. Après la diffusion de l’émission, un vent de panique aurait déferlé à travers les Etats-Unis ! Orson Welles fera de nouveau appel à lui en 1941 pour son film Citizen Kane. Le succès est immédiat.
L’année 1945 marque le début de sa collaboration avec Alfred Hitchkock. Il deviendra son compositeur attitré pour Mais qui a tué Harry ? (1955), Le faux coupable (1956), L’homme qui en savait trop (1956), Sueurs froides (1958), La mort aux trousses (1959), Psychose (1960), Les Oiseaux (1963), Pas de printemps pour Marnie (1964). Cette association de plus de dix ans ne se fera pas sans cris ni larmes, car ces deux fortes têtes sont exigeantes. Les deux hommes avaient un point commun :
« La même vision sombre et tragique de l’existence, une conception plutôt noire des relations humaines et un désir profond d’explorer de manière esthétique l’intimité du monde fantasmatique ».
Donald Spoto
Le top 5 musiques de Bernard Herrmann vu par Arte :

Bernard Herrmann

 

 

 

 

 

Sergio Leone et Ennio Morricone

Sergio Leone et Ennio Morricone

Ennio Morricone (né en 1928) est un compositeur et chef d’orchestre italien. Le « Maestro », comme il aime se faire appeler. Elève et diplômé de l’Académie Sainte Cecilia de Rome, il se spécialise dans la trompette et étudie la direction d’orchestre. En 1953, il compose des arrangements pour des émissions radiophoniques et, parallèlement, débute dans la musique expérimentale, avant de s’intéresser à la musique de film dès 1961. Compositeur hétéroclite, il compose aussi bien pour des comédies que pour des thrillers et collabore avec des réalisateurs transalpins tels que Bernardo Bertolucci, Pier Paolo Pasolini, Dario Argento. Mais c’est avec le réalisateur Sergio Leone qu’il va connaître une notoriété internationale. Ce dernier cherchait un musicien pour son film Pour une poignée de dollars (1964). Les deux hommes se mettent au travail. Sergio raconte ce qu’il a en tête, Ennio écrit la musique qu’il fait écouter à Sergio, et le tournage peut commencer. Ce mode de fonctionnement sera révolutionnaire et marquera l’histoire du cinéma. Ils travailleront ensemble sur Et pour quelques dollars de plus (1965), Le Bon, la Brute et le Truand (1966), Il était une fois dans l’Ouest (1968), Il était une fois la révolution (1971), Il était une fois en Amérique (1984).

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D’autres grands compositeurs de musique de film restent associés à un film en particulier, et il nous est  impossible d’oublier leur musique tant celle-ci colle au film.

La femme d'à côté

cliquer pour écouter

Georges Delerue (1925-1992), compositeur du film La femme d’à côté (1981) de François Truffaut

 

 

 

 

dernier domicile connu

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François de Roubaix (1939-1975), compositeur du film Dernier domicile connu (1970) de José Giovanni

 

 

 

 

 

Borsalino

cliquer pour écouter

 

Claude Bolling (né en 1930), compositeur du film Borsalino (1970) de Jacques Deray

 

 

 

 

 

Cyrano

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Jean-Claude Petit( né en 1943), compositeur du film Cyrano (1990) de Jean-Paul Rappeneau

 

 

 

 

Pour conclure, que vous soyez jazz ou musique classique, variété française ou anglaise, vous trouverez toujours dans les musiques de films de quoi vous émouvoir jusqu’aux larmes, vous donner envie de danser et écouter à tout moment la B.O du film pour vous rappeler des souvenirs.

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Une Réponse to “Dans les coulisses de… (5/5)”

  1. Isabelle D. 3 mars 2016 à 9 h 15 min #

    A reblogué ceci sur Declic Musiqueet a ajouté:

    Après l’Oscar remis à Ennio Morricone il y a quelques jours, retour sur le métier de compositeur de musique de film, grâce à cet article publié sur Cin’Eiffel, le blog cinéma de La Médiathèque

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