Saviez-vous que Jean Genet… ?

22 Mar

Saviez-vous que Jean Genet avait réalisé un film ?

Un court métrage pour tout dire.
Muet sans sonorisation, un noir et blanc très contrasté de 25 minutes, tourné en 1950.
Un court métrage au parfum de scandale bien sûr, auquel est habitué l’auteur du Condamné à mort (1942), de Notre-Dame-des-Fleurs (1944), ou encore des Bonnes (1947).

un-chant-damourUn court métrage de fiction racontant l’histoire d’amour de deux prisonniers, sous l’œil complice et lubrique, fantasmatique, d’un gardien qui les observe par le judas. Deux prisonniers qui communiquent à l’aide d’un trou creusé dans le mur, dans lequel ils introduisent une paille, par laquelle transitent leur souffle et leur intimité. A l’aveugle ils se désireront, ils se toucheront, ils s’envieront. Sans se voir, il se sentiront et s’aimeront, ils danseront : emprisonnés, ils vivront un amour accompli.

Chant d’amour est ainsi une œuvre clandestino-érotique à l’image de Genet : poétique et lyrique, subversive, hors-norme et marginale. Mais c’est avant tout une belle histoire d’amour où le corps reconquiert toute sa place, où désir et sensualité, réhabilités et assumés, traversent une pellicule frémissante et tactile.

un-chant-damour-2En 1950, dans cette France de l’immédiat après-guerre, Genet montre et suggère trop, beaucoup trop, ou beaucoup plus que ce que la bienséance et la morale de l’époque sont en mesure d’accepter et de tolérer !

C’est pourquoi sans doute le film subira une longue censure. Henri Langlois le premier, en 1954, le projettera à la Cinémathèque française : mais le film que l’on verra là est amputé de toutes ces scènes trop explicitement « pornographiques ». Dix ans plus tard, Chant d’amour est projeté à la sauvage à New York : les spectateurs n’auront pas le temps de voir le film dans son entier, la projection étant interrompue par une descente de police !

Aujourd’hui, on peut voir Chant d’amour, sans restriction et sans jugement, librement. On peut le voir pour ce qu’il est : un film superbe !

Alors pourquoi se refuser ce plaisir ?

 

On peut également voir Chant d’amour en ce moment même au Théâtre de la colline, du 17 au 26 mars, dans la mise en scène de Spendid’s par Arthur Nauzyciel. Le film en effet précède la pièce de Genet : ces deux œuvres entrent en interaction.

Benoît N.

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