Ken Loach: un cinéaste à l’esthétique réaliste

12 Oct

Kenneth Loach est né le 17 juin 1936 à Nuneaton en Angleterre. Après avoir étudié le droit à Oxford et servi deux ans dans l’armée de l’air, il se lance dans le théâtre. Il monte d’abord sur les planches comme comédien puis fait de la mise en scène et connaît quelques succès.

Au début des années 60, il commence une fructueuse carrière à la télévision où il produit des téléfilms avec Tony Garnett et se met à la réalisation. Il dirige trois épisodes de la série Z Cars et se fait remarquer avec Cathy come Home (1966) dont l’impact est si fort qu’il provoque un remaniement des lois anglaises pour les sans-abri.

En 1967, sort son premier film au cinéma. Pas de larmes pour Joy est filmé dans un style réaliste, héritage de la grande tradition réaliste anglaise de John Grierson. C’est désormais la marque de fabrique du metteur en scène. Dès son deuxième film Kes (1969), adapté du livre de Barry Hines, il obtient une reconnaissance internationale. Il y dénonce avec justesse et lucidité les méfaits de la répression au sein de l’école et de la famille. Il fait de même dans Family life (1971), film dans lequel une jeune fille névrosée sombre dans la schizophrénie. Les thèmes de l’enfance et de la médecine sont à nouveau abordés dans Black Jack (1979).

Ken Loach devient alors un des réalisateurs anglais les plus engagés de sa génération. Il ouvre la voie d’un cinéma social qui n’est pas sans rappeler le Free cinéma. Ses films se situent à mi-chemin entre le documentaire et la fiction et traitent de question sociale ou politique: le chômage dans Regards et sourires (1981); le régime nazi dans Fatherland (1985) ; le conflit irlandais dans Secret défense (1990 – Prix du jury au Festival de Cannes ) et dans Le Vent se lève (2006 – Palme d’or au 59e Festival de Cannes) ; de la politique de Margaret Thatcher dans Riff- Raff (1991) et de la vie des « nouveaux pauvres » dans Raining Stones (1992 – Prix du jury au Festival de Cannes) ; le racisme dans Ladybird (1993) et de l’intégration dans Just a kiss (2004 – César du meilleur film de l’Union européenne) ; enfin, de la guerre civile en Espagne dans Land of freedom (1994 – César du meilleur film étranger).

Le réalisateur tourne aussi des comédies sociales comme Looking for Éric (2009) ou encore La part des Anges (2012 – Prix du jury au Festival de Cannes) ainsi que des drames historiques tels Dayd of Hope (1975) et plus récemment Jimmy’s Hall (2014).

De nombreuses fois récompensé, il reçoit en 2012 le Prix Lumière du Festival du film du Grand Lyon pour l’ensemble de sa carrière et en 2016 la Palme d’or au Festival de Cannes pour son film Moi, Daniel Blake faisant de lui le huitième cinéaste à être doublement palmé.

Cin’Eiffel présente jeudi 13 octobre The Navigators, film dans lequel Ken Loach met en lumière les dysfonctionnements sociaux et les classes défavorisées. Cette séance sera animée par la sociologue du travail Danièle Linhart.

Faites votre cinéma à La Médiathèque !

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