Cin’Eiffel Le choix des spectateurs 2018 : 2/3 Les policiers

16 Avr

2/3 Les policiers ou films noirs

Cin’eiffel est votre ciné-club. Nous vous proposons donc de participer à la programmation : le dernier film programmé de l’année, le jeudi 20 décembre 2018, sera choisi par les spectateurs. A partir du 10 avril et jusqu’au 3 juin 2018, votez pour le film que vous voulez voir sur grand écran!

Le résultat du vote sera annoncé lors de notre dernière séance avant l’été, jeudi 28 juin 2018, après la projection de Sur la route de Madison réalisé par Clint Eastwood.

Cette année nous vous proposons une liste de 15 films : 5 comédies, 5 policiers, 5 drames choisis par les bibliothécaires, films rares ou connus, de qualité, tous réalisés par un auteur d’exception.

Petit historique : le film noir est nait en Amérique et en Allemagne en pleine crise des années 1920, et il donne des indications sur l’état d’une société ; Les truands ont des règles et « une morale » (discutable, bien sûr!) : il faut donc( implicitement) comprendre qu’il vaut mieux des truands avec des codes que des élites corrompues. Le cinéma et le public aiment les films noirs….

 

Policiers ou films noirs :

Les tueurs (nouvelle fenêtre) réal. par Robert Siodmak (nouvelle fenêtre)/ 1946

Deux tueurs surgissent dans une bourgade du New Jersey pour y assassiner le « Suédois», un simple pompiste de la station service de la ville. Ce dernier pourtant informé de la venue des criminels, ne tente pas de s’enfuir et est abattu. Intrigué par les circonstances du meurtre, l’enquêteur chargé de l’affaire remue ciel et terre pour percer ses mystères…

« L’un des intérêts essentiels des Tueurs (nouvelle fenêtre) est donc de faire croiser deux styles de mise en scène pour marquer l’évolution du film criminel vers plus de complexité psychologique, un fatalisme noir qui condamne les personnages, une approche visuelle plus agressive, biscornue et déstabilisante, et enfin vers un brouillage des repères moraux. Les films de gangsters défendaient un réalisme, tant du point de vue social et moral que visuel avec une réalisation nerveuse et agrémentée d’éclats de violence graphique (les productions Warner étaient la quintessence du genre). Et leur photographie bien plus « naturaliste » que baroque assignait parfaitement aux personnages leur positionnement éthique, selon qu’ils fussent flics ou voyous, dans un quotidien chamboulé par une criminalité amenée à être jugulée par des héros braves et uniquement brutaux si la profession l’exigeait. Ce genre de film criminel allait faire la part belle aux enquêteurs chevronnées dans les années 40 – alors que les truands flamboyants mais maudits tenaient le haut de l’affiche au cours de la décennie précédente – dans les films d’Anthony Mann, Henry Hathaway ou Richard Fleischer qui rendaient héroïque l’homme de loi faisant son travail avec modestie, pugnacité et abnégation. Nourri par l’expressionnisme allemand et influencé par le cinéma d’épouvante, le Film noir allait orienter le film criminel vers un univers cauchemardesque et névrosé où la frontière entre le Bien et le Mal s’effacerait progressivement et dans lequel les personnages seraient les jouets de forces extérieures qui condamneraient leur libre arbitre et leur fabriquerait un sort funeste. » DVDKlassik

 

Sparrow (nouvelle fenêtre) réal. par Johnny To Hong-Kong/2009

A Hong Kong, un Sparrow est un pickpocket. Kei est le plus habile de tous. Entre deux vols de portefeuilles avec les membres de son gang, il aime arpenter la ville à vélo, et prendre des photos.
Un jour, une femme ravissante, Chun Lei apparaît dans son viseur. Il est ensorcelé.
Chaque membre du gang va tomber sous le charme de cette femme qui ne les a pas croisés par hasard. Elle veut que les pickpockets dérobent pour son compte quelque chose de très précieux.

« Johnnie To est un virtuose. Ce n’est pas forcément une condition enviable. On peut être esclave de sa virtuosité, victime de l’addiction que la facilité d’expression provoque. Le meilleur antidote à ces poisons, c’est la liberté de ton. Et Sparrow, comédie légère teintée de mélancolie, montre que Johnnie To sait s’affranchir de toutes les contraintes, de toutes les attentes, pour faire un cinéma qui ne procède que de son désir….Dans Sparrow, la ville se calme, au point de paraitre presque provinciale. Il n’y a pas de foules, pas d’embouteillages, et l’on découvre tout ce qui reste du passé dans les interstices ménagés entre les gratte-ciel. L’énergie cède le pas un instant à l’élégance et au rêve. Sparrow est un vrai film d’amour, entre hommes et femme, entre Johnnie To et Hongkong. » Thomas Sotinel, Le Monde. 

 

Ascenseur pour l’échafaud réal. Louis Malle FR/1958

Un homme assassine son patron avec l’aide de sa femme dont il est l’amant. Voulant supprimer un indice compromettant, il se retrouve bloqué dans l’ascenseur qui l’emporte sur les lieux du crime.

« …D’un côté, un homme enfermé ; de l’autre, une femme qui erre dans ­Paris. Entre eux : l’ombre du crime. Louis Malle alterne scènes muettes où le moindre bruit devient inquiétant et scènes pleines de bruits inutiles, qui semblent retarder l’instant où les amants pourront se voir et s’expliquer. L’intrigue policière laisse place, tout doucement, à une atmosphère à la fois morbide et sensuelle. Pour accompagner Jeanne Moreau déambulant dans les rues, la trompette de Miles Davis improvise. Elle semble exprimer le désarroi indicible de la jeune femme. Ascenseur pour l’échafaud préfigure le plus beau film de Louis Malle, Le Feu follet (nouvelle fenêtre), où Maurice Ronet s’égare dans la douleur et se suicide. » Philippe Piazzo, Télérama.

 

Le solitaire réal. par Michael Mann (nouvelle fenêtre) USA/1981

Après onze ans passés en prison, Frank, un talentueux voleur de bijoux, décide de se lancer dans un dernier coup avant de se ranger pour de bon avec son ami Jessie.

« … Le Solitaire est pourtant le meilleur de ses polars, idéalement équilibré par rapport à l’hypertrophié Heat et au plus épuré et conceptuel Collateral, ce qui n’enlève rien à leurs immenses qualités. La force de Thief, c’est de définir tous les motifs visuels et thématiques mannien à l’état brut. Heat est certes plus épique, flamboyant et stylisé, Collateral plus immersif, mais Thief s’avère plus intense et immédiat dans son côté direct, à l’image de son personnage principal. Le héros chez Michael Mann est un personnage obsessionnel, un professionnel acharné qui ne laisse aucune distraction interférer avec ses objectifs. C’est lorsqu’il se laisse gagner par une certaine humanité qu’il signe indirectement sa perte (De Niro perdant un temps précieux dans sa fuite finale pour sa petite amie dans Heat, Tom Cruise voyant sa détermination légèrement vaciller dans le lien qu’il noue avec Jamie Foxx dans Collateral). Ici c’est James Caan, braqueur aguerri et dur à cuire qui ne s’en laisse pas compter. Sa grande force est une farouche indépendance acquise à la dure école de la prison dès le plus jeune âge et qui le rend imprévisible s’il est menacé. Pourtant, le sort dramatique d’un mentor encore détenu (magnifique Willie Nelson) va lui faire comprendre combien son existence est incomplète… On trouve déjà le désir d’ailleurs du héros défini par un objet innocent, ici avec le collage de photos fait en prison par Caan représentant sa vie rêvée en famille et qui anticipe celle accompagnant Jamie Foxx dans son taxi durant Collateral. Sous sa présence virile, James Caan y ajoute une dimension vulnérable, presque enfantine dans la définition naïve de son objectif. Peu au fait de la vie en société, le personnage hors de ses compétences criminelles est un être fragile en quête de repères « ordinaires » et rassurants en réponse à une enfance difficile. Dès lors on peut voir en Willie Nelson et le méchant incarné par Robert Prosky deux figures du père, l’une positive et l’autre néfaste. Le premier met Caan sur la voie d’un avenir autre que criminel, le deuxième (la bonhomie menaçante et le ton paternel justement de Robert Prosky font merveille) lui fait miroiter ce futur pour mieux le manipuler et soumettre… » Justin Kwedi, DvdKlassik

 

De battre mon cœur s’est arrêté réal. Jacques Audiard (nouvelle fenêtre) FR./2009

À 28 ans, Tom semble marcher sur les traces de son père dans l’immobilier véreux. Mais une rencontre fortuite le pousse à croire qu’il pourrait être le pianiste concertiste de talent qu’il rêvait de devenir, à l’image de sa mère.
Sans cesser ses activités, il tente de préparer une audition.

« Ce polar consacra le cinéma français mais pas franchouillard de Jacques Audiard, qui avait trouvé l’argument de son scénario dans un film américain, Fingers (1978), de James Toback. Tout, ici, dit l’envie d’une échappée au large des repères connus. Une envie que Romain Duris fait vibrer jusqu’au bout de ses doigts, dans un rôle qui le révéla. Petite frappe, il magouille dans l’immobilier mais décide de devenir pianiste virtuose. Pour échapper à la violence que son malfrat de père l’incite à reproduire ? Jacques Audiard se garde des éclairages psychologiques. Il raconte l’avancée d’un jeune homme vers l’inconnu : un autre lui-même. Mené avec brio, le film est palpitant. » Frédéric Strauss, Télérama.

Faites votre cinéma à La Médiathèque!

 

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