Cin’Eiffel Le choix des spectateurs 2018 : 3/3 Les drames

24 Avr

Après Les comédies (nouvelle fenêtre) et les polars (nouvelle fenêtre), 3/3 Les drames

Les drames et les mélodrames sont des films, qui ont en commun des conflits de pouvoir ou de sentiments souvent passionnels, il en découle presque toujours des situations pathétiques ou tragiques. Nos 5 films vont approcher le conflit intérieur de leur héros et aborder la rigidité des carcans sociaux ou religieux, qui empêchent la personne de s’épanouir et de vivre sa vie…

 

Loin du paradis réal. Todd Haynes USA/2002

Dans l’Amérique provinciale des années cinquante, Cathy Whitaker est une femme au foyer exemplaire, une mère attentive, une épouse dévouée. Son sourire éclatant figure souvent dans les colonnes du journal local.
Cathy sourit toujours. Même quand son mariage s’effondre, même quand ses amies l’abandonnent. Quand l’amitié qui la lie à son jardinier provoquera un scandale, elle sera forcée, derrière son sourire, d’affronter la réalité.

« …Flamboyant mélo d’une intelligence et d’une sensibilité rares, Loin du paradis atteint le sommet d’un genre qu’il réinvente en se réappropriant ses codes et en allant au-delà de ce qui n’était alors que pudiquement suggéré. Grâce soit rendue à Todd Haynes, dont le travail à la mise en scène et à l’écriture témoigne d’une maîtrise et d’une finesse remarquables, tout comme à ses interprètes, les deux Dennis (Quaid et Haysbert) mais surtout Julianne Moore. Son visage est le miroir idéal des sourds tourments qui hantent Cathy Whitaker, femme ordinaire derrière qui se cache une actrice d’exception. » Nicolas Bardot, filmedeculte.com

 

Les neiges du Kilimanjaro réal. Robert Guédiguian FR/2011

Bien qu’ayant perdu son travail, Michel vit heureux avec Marie-Claire. Ces deux-là s’aiment depuis trente ans. Leurs enfants et leurs petits-enfants les comblent. Ils ont des amis très proches. Ils sont fiers de leurs combats syndicaux et politiques. Leurs consciences sont aussi transparentes que leurs regards. Ce bonheur va voler en éclats avec leur porte-fenêtre devant deux jeunes hommes armés et masqués qui les frappent, les attachent, leur arrachent leurs alliances, et s’enfuient avec leurs cartes de crédit… Leur désarroi sera d’autant plus violent lorsqu’ils apprennent que cette brutale agression a été organisée par l’un des jeunes ouvriers licenciés avec Michel.

« …Les Neiges du Kilimandjaro est une fable, au sens premier du terme : sous le voile de la fiction, le cinéaste exprime la vérité saisie par son œil incisif et doux, avisé mais jamais aigri. D’où une méprise quant à sa conclusion délibérément optimiste et lumineuse, décriée par certains mais qui répond avec panache à l’individualisme et l’arrogance érigés en valeur par nos dirigeants. L’immense talent de Guédiguian est de ne pas avoir son pareil pour brosser le portrait de personnages terriblement attachants, tiraillés par les doutes et les angoisses, jamais là où on les attend. Son regard bienveillant sur des héros ordinaires bouleverse par son infinie tendresse, toujours à la bonne distance, à la bonne hauteur. L’air de rien, Les Neiges du Kilimandjaro marque une sorte d’apothéose pour ce cinéaste si discret dont on ne s’était pas forcément rendu compte à quel point il nous est indispensable. » Fabien Reyre, Critikat

 

Les chevaux de feu de Sergueï Paradjanov RUS. (soviétique)/1966

L’amour de deux jeunes gens séparés par la haine que se vouent leurs familles et que seule la mort réunira.

« …Fils d’antiquaire, ce Géorgien d’origine arménienne, né à Tbilissi en 1924, s’était formé au VGIK, la célèbre école de cinéma de Moscou. Mais dès son premier film, Les Chevaux de feu, en 1965, ­Paradjanov eut l’honneur fatal de déplaire au régime en portant à l’écran une nouvelle de l’écrivain ukrainien Mykhailo Kotsiubynski, L’Ombre des ancêtres oubliés. Il faut aller voir et revoir ce chef-d’œuvre absolu, réédité dans une superbe version numérique. C’est un conte qui nous emporte dans une Ukraine immortelle, bien au-delà des conflits politiques d’hier et d’aujourd’hui. Il y passe l’amour merveilleux et tragique d’Ivan et Marishka, petits Roméo et Juliette printaniers des montagnes des Carpates, les sortilèges chamaniques, le sang des crimes et la splendeur miséricordieuse des chants orthodoxes. Le temps n’a pas altéré ­cette fraîcheur incandescente. C’est la beauté pure. » Marie-Noelle Tranchant, Le figaro

 

My father my lord (nouvelle fenêtre) réal David Volach ISR./2007

Installé avec son épouse et son fils dans une communauté ultra-orthodoxe à Jérusalem, Rabbi Abraham voue sa vie à l’étude de la Torah et de la loi juive. Son fils Menahem est à l’âge où l’on voit le monde autour de soi comme un endroit merveilleux. Il n’oppose aucune résistance, mais suit sans conviction son père qui le guide sur le chemin étroit et rigide qu’empruntent les hommes de foi. Mais la volonté d’Abraham de guider son fils n’est qu’un grain de poussière dans l’univers. Pendant leurs vacances d’été au bord de la mer Morte, sa foi est mise à l’épreuve.

« … My Father, My Lord est dans la lignée de Kadosh ou Prendre femme. Il porte un regard critique sur certaines dérives religieuses. Mais David Volach n’est pas un homme en colère. Il pointe du doigt une vision de la vie, plus grande que nous, à l’image du cinéma. Et laisse aux autres le temps d’y réfléchir. « Emportez-le chez vous » dit-il. Et « Revenez-y », ajoutons-nous, ce film ne se dévoile pas en une seule fois. Ce cinéaste dessine un portrait réaliste sur une famille imaginaire, évitant le manichéisme, dans un cinéma intimiste, centré sur les individualités, les sentiments et n’hésite pas à secouer certains dogmes. L’heure n’est plus au silence, mais à l’introspection respectueuse. » Belinda Saligot, Critikat.

 

Panique réal. Julien Duvivier FR./1946

Monsieur Hire est un homme que les villageois jugent comme bizarre et presque inquiétant. Lorsqu’un crime est commis, le vrai coupable cherche donc à faire porter le chapeau à ce coupable idéal.

« … Là, on voit la haine ordinaire et l’effervescence de la violence s’étendre comme une traînée de poudre, d’abord insidieusement par le poids de la rumeur (et la lâcheté des individus isolés, incapables de tenir tête à Hire) puis, alors qu’elles ont trouvé un feu auquel se nourrir avec de fausses preuves, par des scènes surréalistes : la distraction de la foule vient de l’attente puis du lynchage d’un innocent, où la hardiesse des lâches s’exprime en brutalisant à plusieurs un homme seul. Toute la sophistication mise en place auparavant pour exprimer ce sentiment explose lors d’un impressionnant morceau de bravoure sur les toits, théâtre des regards furtifs entre Hire et Alice par fenêtres interposées et synonyme de danger et de mort en conclusion. Le constat final est d’un pessimisme terrible, Duvivier enfonçant le clou après la tragédie finale en ne nous montrant même pas à l’écran la justice rétablie. A la place, une tonitruante fête foraine tandis qu’on distingue une ambulance dont on connaît le malheureux occupant s’éloigner au loin. » DvdKlassik.

Cin’eiffel est votre ciné-club. Nous vous proposons donc de participer à la programmation : le dernier film programmé de l’année, le jeudi 20 décembre 2018, sera choisi par les spectateurs. A partir du 10 avril et jusqu’au 3 juin 2018, votez pour le film que vous voulez voir sur grand écran!

Faites votre cinéma à La Médiathèque!

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