Rencontre avec Guillaume Brac, réalisateur

2 Déc

Guillaume Brac, jeune réalisateur, invité à La Bibliothèque de France, a présenté, fin septembre, un des ses derniers films Contes de juillet. Comment ne pas tomber sous le charme de la fausse simplicité, de la finesse de mise en scène de ce film, à tout point de vue, hors du commun?

Diplômé de HEC et de La Fémis (nouvelle fenêtre) en production, Guillaume Brac travaille d’abord comme assistant de réalisation d’ Emmanuel Mouret (nouvelle fenêtre). En 2014, il réalise son 1er long-métrage Tonnerre (nouvelle fenêtre), interprété par Vincent Macaigne et Bernard Ménez.

Pour faire un film aujourd’hui en France, un réalisateur, même reconnu, doit attendre (la plupart du temps) entre 3 et 5 ans entre le moment où il écrit le scénario et le moment où il peut commencer à tourner. Entre ces deux moments, il devra se bagarrer pour trouver un producteur, des financements, passer devant des commissions de subventions (CNC, Régions, grandes chaines de télévisions…) : un vrai parcours du combattant! À l’issue de ces nombreuses batailles, si tout va bien, il peut commencer les repérages… Il arrive aussi qu’on ne trouve pas les financements et dans ce cas, c’est Waterloo!

Photographie extraite du site Allociné

C’est pour s’être trouvé dans cette situation que Guillaume Brac s’est lancé dans cette aventure inédite : Le conservatoire National d’Art Dramatique (nouvelle fenêtre) lui propose, non pas de faire un film, mais de réaliser un atelier avec 16 jeunes comédiens, de les faire travailler devant une caméra avec des moyens techniques légers : un ingénieur du son et un chef opérateur.

Au montage, l’équipe découvre des rushes de qualité et décide d’en faire un film. Il en résulte un diptyque : 2 moyens-métrages associés : L’amie du dimanche, prix Jean Vigo du court métrage 2018 et Hanne et la fête nationale sur l’été, la jeunesse et les amours passagères. On sent l’hommage à Eric Rohmer (un de ses mentors, l’autre est Jacques Rozier (nouvelle fenêtre)! et l’influence du grand réalisateur sud-coréen Hong Song-Soo (nouvelle fenêtre), palme d’or à Cannes en 2017.

La fraicheur des jeunes comédiens, filmés pour la 1ere fois apporte, naturellement, beaucoup à la réussite de ces contes. Mais le film doit également à la maîtrise des cadrages et des panoramiques du réalisateur, ainsi qu’à l’utilisation des hors champ. Avec la sensibilité d’un moraliste, il filme avec justesse, durant une journée d’été, le badinage amoureux, la fragilité des sentiments mais surtout la maladresse des hommes dans la séduction.

Loin des réalisateurs de Blockbusters ou de « Comédies », comme on dit maintenant, pour signaler pudiquement, un film à gros budget !, Guillaume Brac est un réalisateur discret et subtil qui compte vraiment dans le paysage du cinéma français.

Contes de juillet et l’Ile au trésor sortent en DVD. En attendant, il est toujours temps d’aller les voir en salles…

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