Quand la religion s’immisce dans les séries (1/2)

3 Mar

Les séries télés nous ont toujours fait voyager dans le temps (Outlander, nouvelle fenêtre), Downtown Abbey (nouvelle fenêtre) (pour ne citer qu’elles), et nous font ainsi connaître des pans entiers d’Histoire. Certaines séries deviennent cultes car elles ont marquées des générations entières de téléspectateurs : Dallas, Magnum, X-Files, La servante écarlate, La casa de Papel, Breaking Bad, Game of Thrones.
Les séries font également émerger des acteurs méconnus au cinéma et qui se révèlent littéralement dans un format court. On pense à Matthew McConaughey dans True Detective, Michael C. Hall dans la série Dexter par exemple.
Elles puisent leurs thèmes dans beaucoup d’univers :  dans le domaine carcéral avec la série Oz, dans l’espionnage avec Le bureau des légendes, dans la politique avec Le baron noir, etc. Et par là même elles offrent un miroir de nos sociétés actuelles.

Il restait encore un thème peu traité dans les séries : la religion, thème ô combien glissant. En effet, sous quel angle et sous quel aspect l’aborder. C’est ce que nous allons essayer de voir avec deux séries.

1- Il Miracolo de Niccolo Ammaniti, Francesco Munzi, Luccio Pellegrini (2018)

L’Italie dans un avenir proche. Lors d’une descente dans le repaire d’un chef de la mafia calabraise, la police découvre non seulement le corps ensanglanté du mafieux, mais aussi une statuette en plastique de la Vierge qui pleure du sang. Mise au secret, analysée, la révélation de l’existence de la figurine revêt un enjeu considérable dans une Italie en proie à l’inquiétude et à l’agitation à quelques jours d’un référendum sur son maintien ou sa sortie de l’Union européenne.
Le président du Conseil des ministres et son épouse, une chercheuse en biologie, un général des carbiniers, une femme au passé incertain et un prêtre à la dérive, chacun des protagonistes, croyant ou non, est confronté au mystère et voit sa vie bouleversée. (wikipédia)

Cette série a été récompensée au festival Séries Mania en 2018 en recevant le Prix spécial du jury et le prix d’interprétation masculine pour l’acteur Tommaso Ragno.

Pourquoi on aime :

Parce que c’est une série atypique créée, coécrite et coréalisée par l’excellent écrivain italien Niccolo Ammaniti et qu’elle déroutera plus d’un/une téléspectateur/trice.
Nous suivons les personnages se débattre dans leurs doutes et leurs contradictions. Car tous on quelque chose à se faire « pardonner ».

de gauche à droite : Sole Pietromarchi (femme du premier Ministre), Fabrizio Pietromarchi (premier Ministre), Père Marcello, Général Giacomo Votta, Sandra Roversi, Clélia.

Sole (interpretée par Elena Lietti) femme complexe, épouse du premier ministre.

Fabrizio Pietromarchi, premier ministre et athée (interprété par Guido Caprino, nouvelle fenêtre)

Il est un spectateur catapulté dans un monde qui lui échappe. Et face au miracle, ses peurs se développent. C’est le converti de la série. (Niccolo Ammaniti sur France Inter le 10 janvier 2019)

Le prêtre Marcello (interprété par Tomasso Ragno, nouvelle fenêtre) accro au jeu et au sexe.

Il est esclave de ses pulsions. Il est face à un miracle, qui va probablement le sauver. Et pourtant ses pulsions vont rester. Il dit : je voudrais chercher et ne pas chercher à comprendre. Et ça, c’est la foi. La foi, c’est l’abandon du raisonnement et de la raison (Niccolo Ammaniti, France Inter le 10 janvier 2019)

Le Général Giacomo Votta (interpreté par Sergio Albelli) est le gardien de la statue, celui qui dirige l’équipe de scientifiques.

La biologiste et hématologue Sandra Roversi, (interprétée par Alba Rohrwacher, nouvelle fenêtre) celle qui représente la raison, est dévouée à sa mère en fin de vie et doit en tant que scientifique étudier le miracle à défaut de l’expliquer.  Mais elle devient obsessionnelle et est prête à tout pour atténuer les souffrances de sa mère, quitte à enfreindre les règles.

Clélia, qui n’est toujours pas loin du prêtre mais qui détient un lourd secret.

Et toi, est-ce que tu crois ? Voilà la question que se posent les personnages. Que vous soyez croyants ou pas, vous vous laisserez happés par ce mystère. Car au fond, croire ou ne pas croire à cette statue qui pleure du sang n’est pas au fond le plus important, mais savoir ce que l’on va faire de ce miracle et la manière dont on va réagir face à un phénomène inexpliqué.

Cette question renvoit à notre existence, à ce que nous sommes, au sens profond de notre vie. (Niccolo Ammaniti, France Inter le 10 janvier 2019)

 

Vous trouverez les romans de Niccolo Ammaniti à La Médiathèque (nouvelle fenêtre)

et pourrez regarder la série sur le site de La Médiathèque en vous connectant avec votre identifiant et mot de passe (nouvelle fenêtre).

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  1. Quand la religion s’immisce dans les séries (2/2) | Cin'Eiffel - 16 mars 2019

    […] notre article Quand la religion s’immisce dans les séries (1/2) consacré à l’excellente série italienne signée Niccolo Ammaniti, Il Miracolo , voici […]

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