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Cafe Society, un Woody Allen pour les amoureux

28 Juin

Depuis des années, Woody Allen et moi, ça se passait en automne : septembre pour Blue Jasmine, Magic in the Moonlight, octobre pour Irrational Man. Un an entre chaque retrouvaille pour avoir le temps de m’impatienter et, lui, de préparer un nouveau film. Mais voilà qu’en ce printemps 2016, avec Cafe Society sur les écrans, le réalisateur bouleverse mes habitudes, semblant avoir été atteint de prolixité et peut-être d’un soupçon de précipitation… Mais il en profite pour renouer avec le charme des premières amours. Les siennes et celles de ses inconditionnels de la première heure.
woody allenQuand on aime, il est clair qu’on accepte tout, le meilleur et le pire. Dans les passes difficiles, on essaie de retrouver l’étincelle qui confirme que l’objet d’amour est resté digne de cet amour, malgré des faiblesses, des longueurs et une certaine routine … Cafe Society présente tous les charmes d’un Woody Allen, bon, fidèle et virtuose. Mais il lui manque ce petit je-ne-sais-quoi qui en ferait un des films magiques d’une filmographie étonnamment riche. Pour mémoire, 76 œuvres (séries et films) au crédit du réalisateur de 81 ans…

Le reproche (de passionnée) que l’on pourrait faire à ce dernier film est que Woody Allen ne joue pas dedans. Quand le maître himself était sur l’écran, quelle merveille ! Depuis Scoop, son absence est une évidence, malgré une apparition dans To Rome with love qui ne laisse pas un grand souvenir. Mais il sait trouver des acteurs qui, sans jamais l’égaler (oui, je suis clairement de parti-pris), apportent un plus à ses personnages et, cette fois, c’est un Jesse Eisenberg tout en finesse qui remplace celui qui fut le premier à donner un ton si particulier au personnage allenien. Quoique, de mon point de vue, Woody Allen soit à jamais irremplaçable 🙂

Sans crainte de spoiler, je tiens à prévenir les spectateurs qui, comme moi, furent séduits par les Woody Allen d’origine : son personnage principal est un héros. Ainsi, suivant la tendance de ses derniers films, la comédie est devenue douce-amère, voire dramatique et l’angoisse profonde et existentielle…

Car Bobby Dorfman, incarné par Jesse Eisenberg, n’a plus la maladresse des anti-héros alleniens. Souvenez-vous d’eux  : tous ceux qui avaient toutes les chances de perdre mais restaient de façon hautement improbable persuadés de réussir : de Annie Hall à Escrocs mais pas trop, l’anti-héros a longtemps été la marque de WA.

Passons, l’amour rend nostalgique et on n’oublie jamais ses premières amours, réelles, fictionnelles ou cinématographiques. C’est bien ce que semble affirmer WA dans Cafe Society, qui a des accents de « retour sur ma vie » (la sienne). Car il y est question d’un jeune homme tenté par les sirènes d’Hollywood qui finalement revient à New York mais n’oublie rien du passé…

Cafe Society est bien un Woody Allen

Une chose est certaine : on trouve dans Cafe Society tous les ingrédients qui font la signature et les qualités du maître.

Site-officiel-woody-allenUne forme bâtie sur une structure qui a fait ses preuves avec :

  • un narrateur en voix off : regard et commentaires de démiurge regardant ses personnages se débattre avec leur Destin… avec un effet de mise à distance pour le spectateur.
  • des personnages caractérisés et archétypaux : outre le jeune juif new-yorkais au cœur pur, on trouve une jeune femme pragmatique, incarnée par Kristen Stewart, une famille haute en couleur, quelques riches héritières, et celui qui a réussi, l’oncle agent de stars à Hollywood.
  • une période, les années 30, avec une musique, le Jazz, des costumes fabuleux, des coiffures aux petits airs de Peaky Blinders et des décors années folles à la Gatsby.
  • un jeu sur l’esthétique : images, couleurs et lumière retravaillées. L’origine sociale et le milieu naturel des personnages sont l’occasion pour Allen de jouer sur le cadrage et la composition de véritables tableaux. Il insère des vignettes esthétiques, notamment dans les décors de l’appartement de la mère ou sur les docks, qui font indéniablement penser aux œuvres du photographe anglais Martin Parr, qui travaille, lui aussi, sur l’exagération, le décalage et les juxtapositions incongrues. Le plan de la chambre à coucher avec un dessus de lit, un papier peint, des cadres au mur et le pull-over du personnage est à ce titre un morceau d’anthologie.
  • de l’humour : un croisement réussi d’autodérision et de lucidité, composé de dialogues, de jeu sur le non-sens et d’ellipses dans la narration. Les scènes avec le frère mafieux sont ainsi des modèles du genre, où le raccourci de pensée s’exprime en images, matérialisé par une juxtaposition de plans.

Des thèmes récurrents :

  • les idéaux, en particulier ceux qu’on a perdus, soit des parcours de vie entre déception, aveuglement et aménagement de l’éthique personnelle.
  • la question de l’argent : en gagner, en perdre, en voler…
  • la question de l’échec ou de la réussite d’une vie… avec ses corollaires : lucidité, pessimisme, désespoir sous la légèreté apparente. (Noter à ce sujet le fond noir de l’affiche, que d’aucuns pourraient interpréter comme un message.)
  • le rapport au divin avec la remise en question des traditions culturelles ou religieuses, soulignée par des répliques savoureuses, teintées d’ironie et de réflexion sur l’absurde.

Je proteste contre le silence*

*dit un des personnages à propos de Dieu qui ne répond jamais à ses prières.

Café Society : Blake Lively, Jesse Eisenberg. Copyright Gravier productions Inc. Sabrina Lantos

Café Society : Blake Lively, Jesse Eisenberg. Copyright Gravier productions Inc. Sabrina Lantos

À cette liste non exhaustive de la « patte » WA,  il faut ajouter New York. L’attachement viscéral du réalisateur à sa ville se confond ici avec celui de son héros, le transformant en un double juvénile du réalisateur new-yorkais. Montrant une nouvelle fois la capacité du maître à se métamorphoser et se reproduire dans le jeu de ses acteurs… Après Barcelone, Rome et Paris, WA dit dans Cafe Society : rien ne vaut New York, Central Park, ses bagels et son Bronx.

Mais alors ? Qu’est-ce qui manque à Cafe Society  ?

Après réflexion, et le cœur lourd, je dirais le rythme…

Est-ce la multiplication d’intrigues secondaires (les affaires louches du frère, les relations de voisinage de la sœur, les amitiés du héros…) qui finissent par tisser une sorte de broderie de remplissage (oh pardon Woody) autour de la trame principale ? Est-ce cette profusion qui donne cette impression de trop confinant au pas assez ? Ou est-ce cette mélancolie latente et ce ralentissement inéluctable des choses, déjà sensibles dans les derniers films ?

Toujours est-il que malgré ses qualités formelles, stylistiques et intemporelles, la magie du contrepoint allenien fonctionne moins bien dans Cafe Society… Et je suis au regret de le dire, malgré mon admiration, mon respect et ma passion sans faille pour Woody Allen, on s’ennuie au Cafe Society. Un peu comme à ces réunions de famille, où l’on se retrouve avec plaisir, où l’on reconnait les histoires et les souvenirs, mais où finalement il manque l’étincelle… Et d’où on repart attristée à l’idée que peut-être ce sera le dernier…

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Woody Allen, un américain à Paris

1 Fév

Il y a des personnalités qui reviennent chaque année avec leur livre, leur album ou encore leur nouveau film. Woody Allen en fait partie. Alors en ce début d’année 2017, nous ne connaissons pas encore la date de sortie de son nouveau film, Untitled Woody Allen’s 2017 movie (nouvelle fenêtre), mais nous savons déjà que ce drame social se situe à New York dans les années 50. En attendant de pouvoir découvrir son 49ème long métrage, Cin’Eiffel vous propose de revoir Manhattan, ode à sa ville fétiche.manhattanwoodyallengordonwillis08

Sur Woody tout a déjà été dit !

Allan Stewart Konigsberg dit Woody Allen est né le 1er décembre 1935 à New York. Il réalise, écrit des scénarii, fait l’acteur, est l’auteur de plusieurs pièces de théâtre, de nouvelles et joue même de la clarinette. Ce petit bonhomme à lunettes et à gros nez, maladroit et timide, a su au fil de sa carrière développer un style très personnel, empreint de mélancolie, d’humour et d’une forte dose d’autodérision. Le public français, tout particulièrement, l’adore. Sa filmographie (nouvelle fenêtre) est longue et ses récompenses nombreuses.

Un cinéaste obnubilé par New-York

En 1979, Woody Allen tourne Manhattan (César du cinéma, meilleur film étranger et meilleur scénario et meilleur Film au BAFTA) film dans lequel il magnifie New York et joue avec sa première muse, la pétillante Diane Keaton (nouvelle fenêtre). Cette admirable symphonie en noir et blanc signée par Gordon Willis n’était pourtant pas, selon Woody, une réussite: « Quant à Manhattan, j’étais tellement déçu que je ne tenais pas à le sortir. Je voulais demander à United Artists de ne rien en faire. J’étais même prêt à réaliser un autre film gratuitement, pour qu’ils acceptent de mettre Manhattan à la poubelle. »

Venez vous faire votre propre avis, jeudi 2 février 2017 à 19h30, lors de la dernière séance du cycle Une ville, leur empreinte en présence de Ugo Batini, professeur de philosophie. Il apportera son éclairage sur ce film, véritable lapsus cinématographique, qui met à nu les obsessions du réalisateur tout autant que les motifs principaux qui ne cessent de travailler son œuvre.

Faites votre cinéma à la Médiathèque (nouvelle fenêtre)  !

Pourquoi il faut aller voir le dernier Woody Allen

22 Nov
Si je vous réponds qu’il faut aller voir le dernier film de Woody Allen, Magic in the moonlight à cause du prix Nobel de Modiano, vous risquez de passer votre chemin. Et pourtant… Les fanatiques savent de quoi il s’agit : de cet élan jamais rassasié vers une œuvre, qui même si elle semble tourner en boucle (pardon Monsieur Modiano)  ou si elle est contestée par les critiques, le fanatique, dont je suis,  se dirige sans hésitation vers l’objet de son admiration.
Profil d’un fan(atique)  :

Le fanatique de Woody Allen, c’est celui qui depuis 1977  (si le fanatique était né) voit chaque année le dernier Woody Allen dès sa sortie, c’est celui qui trouve des qualités même aux pires films et dit sans honte qu’il a vu cinq fois Stardust mémories, c’est celui qui sait que sur 50 ans de carrière, Woody Allen a eu 4 oscars et seulement 7 années sans sortie de film. Le vrai fan résiste à toutes les attaques, et continue à aimer avec constance, même quand son réalisateur est accusé des pires maux œdipiens. Le fanatique rêve d’aller au Carlyle écouter son Woody en concert, et le 25 décembre 2007, au péril de son découvert croissant, il a réussi à avoir des places pour le New Orleans jazz Band au Châtelet.

En bref, le fanatique de Woody Allen, c’est comme le supporter du PSG, celui qui était là bien avant Zlatan et les victoires de l’ère qatari, celui qui est resté fidèle malgré la défaite de Sedan et les menaces de relégation des années noires.

Origines du fanatisme

D’abord, le fanatique de Woody Allen est séduit. Puis très vite convaincu par une bonne dose d’humour, une régularité de production, un travail acharné, une liberté avec les codes des genres cinématographiques, avant d’être carrément exalté par des scénarios réussis et des personnages quasi archétypaux.

A ces critères évidemment impartiaux, j’ajouterai que je suis devenue fan parce que Woody Allen m’a sauvé la vie.  Et à plusieurs reprises.

D’abord, il m’a appris à me débrouiller avec des surgelés avant l’invention du micro-onde*, ensuite il m’a fait passer derrière les apparences**, réfléchir sur le pouvoir de l’argent***, louper des cours voire rater des examens à cause de séances inratables****, il m’a fait voyager, Londres, Rome, Paris, Barcelone. Il m’a questionnée sur le sens des choses, la nécessité de la création, la réussite et les différences sociales ou encore les blocages d’une vie d’artiste. J’ai écouté nostalgie, jazz, discours psychanalytique et accent new-yorkais. J’ai pris goût aux cookies*****, aux histoires d’amour et aux happy end. L’âge venant, je me suis interrogée sur la question du « est-ce que c’était mieux avant ». Et aujourd’hui, après avoir vu Magic in the moonlight, je me demande : y a-t-il encore une place pour la magie dans la vie ?

Bonus

Une chose encore :  Woody Allen a eu cette capacité d’avoir su passer au bon moment d’acteur-réalisateur à réalisateur, et d’avoir su trouver alors des acteurs qui sont une facette de lui, quitte à emprunter ses attitudes, tics de langage (Owen Wilson dans Midnight in Paris) ou ses questionnements (le personnage d’Howard Burken dans Magic in the moonlight).

Conclusion :

Allez voir le dernier Woody Allen. Ça ne se discute pas.  Quand vous l’aurez vu, vous pourrez dévaliser la Médiathèque, lire sa fiche Wikipedia ou l’article-interview délicieux des Inrocks avec mon « dépressif favori ».

En plus, un jour, ce sera vraiment le dernier (l’homme a tout de même 79 ans) et ce jour-là, je perdrai une raison de vivre.

Je vous l’ai dit  : je suis fanatique à la limite de l’intégrisme.

* Manhattan, 1979

** Radio days (1987)  et Scoop (2006)

*** Jasmin blues (2013)

**** La rose pourpre du Caire (1985)

***** Escrocs mais pas trop (2000)

L’Homme irrationnel, inconditionnel Allen

2 Nov
Fruit de l’automne et de la maturité, le dernier Woody Allen, Irrational man (L’Homme irrationnel), est arrivé depuis le 15 octobre sur les écrans français. Fidèle à son rythme d’un film par an depuis les années 70, voici un nouvel épisode de vie allenienne dans la lignée de Match-point, à nouveau sur fond d’arrivisme et d’orgueil, mais cette fois davantage existentiel, puisqu’il s’agit d’arriver à vivre et de donner un sens à sa vie.

Et quel meilleur sens lui donner que de s’arroger droit de vie et de mort ? De s’instituer glaive de la justice et de se fier à son instinct plutôt qu’à la raison et aux normes sociales détournées en clichés de pensée étroite… De finalement s’instituer puissance supérieure intellectuelle et de passer à l’acte…

  • Un crime gratuit

Site-officiel-woody-allenLe crime gratuit, d’autres avant Woody Allen s’y sont essayés : en littérature, Dostoïevski, Highsmith et Gide ont écrit l’irrationnel contre la morale, la liberté absolue et le pouvoir enivrant du crime sans motivation. Au cinéma, Hitchcock, dont on sait combien Woody Allen est un fervent admirateur, y a trempé sa patte plusieurs fois avec des variations autour du thème, que ce soit dans Le crime était presque parfait, L’inconnu du Nord express ou La corde. Tout au long de cet Irrational man, des clins d’œil, hommages au maître du suspense, émaillent le film : les soupçons, le déni, la complicité involontaire, l’enchainement irrémédiable, le criminel glosant et faisant l’analyse de son propre crime, jusqu’à une scène très hitchcockienne dans la fête foraine …

  • Un bad-boy intello et torturé

Professeur de philosophie, le héros, incarné par un Joachim Phoenix alcoolique et bedonnant, arrive à l’Université, précédé par sa réputation de penseur et de tombeur d’étudiantes. Malgré tout son amour de la sagesse, malgré des expériences de vie riches et aventureuses, ce héros désenchanté ne trouve aucune raison de vivre suffisante  : le monde est désespérant et il n’y a aucun espoir d’amélioration.

Mais le hasard fait bien les choses… Et c’est au hasard d’une conversation, puis en plongeant dans l’action, dans un grand souffle épique et dans une illusion de surpuissance à coloration nietzschéenne que ce héros désespéré va retrouver sens, énergie vitale et appétit pour la vie et ses plaisirs. Tant et si bien que ce désespéré à forte tendance autodestructive sera prêt à tout pour garder la vie et la joie de vivre retrouvée…

  • Du désespoir et des clichés…

On retrouve ici les thèmes chers au réalisateur américain : le désespoir, l’humour, les choix et leurs conséquences , les mécanismes qui se mettent en route et que l’on ne maitrise plus…  Ici derrière le mal de vivre inséparable des films de Woody Allen, se découvre l’impossibilité d’accepter les règles du monde et cette volonté de décider de son destin, déjà incarnée dans certains héros du réalisateur américain.

La construction du film est classique : une narration au passé par l’étudiante qui tombe amoureuse du sulfureux professeur, un réveil progressif du héros à la vie, et un piège qui se referme lentement. Une issue qui ne peut être que celle qui est donnée, laissant finalement le hasard faire sa part.

Pour le plus grand plaisir des amateurs du genre, Woody Allen joue et rejoue sur les clichés : l’Université américaine et verdoyante, les étudiants, jeunes beaux et sans cervelle, la professeure vieillissante un peu frustrée qui rêve d’ Europe et d’amour, les doutes existentiels et les joutes intellectuelles, le mythe de l’amour comme source du bonheur, la lutte contre ses propres désirs… Il est vrai que de grands écrivains comme Oates, Roth ou encore Lodge ne nous ont rien caché de la vie intime des ces temples américains de l’éducation…

  • Un style et un amour inconditionnels

Mais Woody Allen sublime tout ce qui pourrait être des poncifs par sa délicieuse façon de se moquer de la condition humaine : ce désir sans fin et terriblement humain de trouver un sens à nos vies dans une lutte quasi sysiphienne pour diriger ce que nous ne comprenons pas.

Alors, oui, les esprits chagrins et ceux qui ne sont pas des inconditionnels de Woody Allen, ce que je suis et assume, trouveront à redire au film : il ne se renouvelle pas,  il ne prend pas de risques, il brode sur ses thématiques devenues des valeurs sûres…C’est vrai, les déambulations du désespoir sont lentes, répétitives, et les sonates de Bach très mélancoliques. Mais on retrouve dans cet homme irrationnel selon Woody Allen ce style unique qui se répète de film en film, et qui, comme pour un grand couturier, font une signature reconnaissable dans le monde entier  : sous une élégance jazzy, un goût pour le détail et de belles finitions, Woody Allen avec Irrational man poursuit inlassablement son interrogation sur la raison de vivre.

John Turturro do the right thing !

22 Mar

John Turturro reprend son rôle de Jesus Quintana, un latino-américain haut en couleurs et au passé trouble du film des frères Coen The Big Lebowski. Ce spin-off Going Places sera aussi une réinvention des Valseuses de Bertrand Blier. Retour sur le parcours du comédien et sur sa collaboration avec « le réalisateur à deux têtes » (Joel et Ethan Coen).

John Turturro et John Goodman

John Turturro et John Goodman dans Barton Fink

John Turturro nait le 28 février 1957 à New York. À l’adolescence, il se découvre une passion pour le cinéma. Il intègre alors l’école d’art dramatique de Yale et commence à se produire sur les planches (Mort d’un commis-voyageur à Broadway en 1984). Ensuite, il apparait pour la première fois au cinéma dans Raging Bull de Martin Scorsese (nouvelle fenêtre) qu’il retrouve six plus tard dans La Couleur de l’argent. Après plusieurs apparitions et petits rôles, Spike Lee (nouvelle fenêtre) le remarque lors de sa prestation dans Five Corners (Tony Bill, 1987) et lui confie par la suite des rôles secondaires mais marquants : Do the right thing (1989), Mo’ Better Blues (1990), Clockers (1995), She Hate me (2004)…

Son allure dégingandée attire l’attention des frères Coen (nouvelle fenêtre) et il devient un de leurs acteurs fétiches. Leur collaboration débute dans les années 90, avec Miller’s Crossing le révélant alors au grand public, dans le rôle d’un truand fourbe et minable, et se poursuit avec Barton Fink (1991), Palme d’or à Cannes et prix d’interprétation pour son rôle de dramaturge angoissé. Il tourne ensuite The Big Lebowski et O’ Brother aux côtés de Georges Clooney.

Désormais comédien reconnu et incontournable du cinéma indépendant américain, il enchaine les tournages dans des genres très différents. On le voit dans pas moins de soixante films, sous la direction notamment de Robert Redford (nouvelle fenêtre) (Quiz Show, 1994), de Francesco Rosi (La trêve, 1997) de Nicolas Winding Refn (nouvelle fenêtre) (Inside Job, 2003), de Robert De Niro (Raison d’État, 2004), de Michael Bay (Transformers 1,2 et3), de Ridley Scott (L’Attaque du métro 123 ; Exodus: Gods and Kings) ou encore de Nanni Moretti (Mia madre, 2015).

L’acteur mène en parallèle une carrière de réalisateur. En 1992, il passe derrière la caméra et consacre son premier film Mac (Caméra d’Or à Cannes), au monde des maçons, la profession de son père. Il continue avec un film sur le monde du théâtre, Illuminata (1998) puis une comédie musicale sombre, plongeant un homme dans le cauchemar de l’infidélité, Romance and Cigarettes (2005). Et en 2013, il réalise et joue aux cotés de Woody Allen dans Apprenti Gigolo (nouvelle fenêtre).

John Turturro apparait aussi dans des séries Deux flics à Miami, Monk et plus récemment The Night Of, un thriller passionnant.

Retrouvez l’acteur aux multiples registres dans Barton Fink, jeudi 23 mars 2017 à 19h30 en présence de Nicolas Roncier, philosophe et universitaire.

Faites votre cinéma à la Médiathèque (nouvelle fenêtre)!

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