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« Coincoin et les Z’inhumains » : ce soir le retour de P’tit Quinquin

20 Sep

Quatre ans après la diffusion de la mini-série française « P’tit Quinquin » sur Arte, le réalisateur Bruno Dumont nous livre enfin la suite de cette fantastique comédie burlesque. Cette fois-ci, ses héros vont être confrontés à une attaque d’extraterrestres dans le Nord de la France…

Synopsis : Le p’tit Quinquin, devenu Coincoin, a grandi. Son amoureuse Ève l’a abandonné pour une fille, Corinne. Avec son copain L’Gros, il fait toujours les quatre cents coups dans la région où des migrants errent sur les routes. C’est alors qu’il découvre dans un pré la présence d’un curieux magma, qu’on dirait tombé du ciel. L’inénarrable commandant Van der Weyden, secondé par son fidèle Carpentier, mène l’enquête, tandis que de nouvelles manifestations « inhumaines » surviennent.

Un O.V.N.I dans la télévision française actuelle

Cette série au format court, 4 épisodes, casse les codes de tout ce qu’on peut regarder habituellement à la télévision et les spectateurs, tout comme pour P’tit Quinquin, riront de bon cœur ou zapperont sans tarder.
Comme le dit Bruno Dumont, « on accepte difficilement que l’art soit malséant ». Le réalisateur tente de combattre la bien-pensance et dit des choses « qu’on n’a pas le droit de dire », et en effet, la télévision devrait sans cesse essayer d’éduquer et d’instruire plutôt que de distraire voire d’abêtir…
Par ailleurs, à la différence d’autres séries en quête de célébrités, le réalisateur a l’habitude de faire travailler des acteurs non professionnels et de les pousser dans leurs derniers retranchements, ce qui permet un résultat tout à fait authentique.

Des sujets sociétaux et politiques toujours en toile de fond

Avec Coincoin, Dumont dit qu’il est aussi question de clonage, d’homosexualité, d’extrême droite, de migrants. Sans pour autant qu’il ne traite ces sujets, il se réfère plutôt au regard que porte la société sur eux. Par exemple, les migrants dans cette région du Nord, sont de simples passants, ils déambulent dans les rues sans que les habitants ne leur portent le moindre intérêt.

L’effet de surprise, qui avait largement contribué au succès de la première saison, sera sans doute absent dans ce deuxième volet. Il faut donc espérer que le réalisateur réussisse à nous estomaquer une fois de plus, et que Coincoin ne soit pas juste un prolongement sans grande saveur de P’tit Quinquin. Pour le savoir, rendez-vous ce soir à 20h55 sur Arte, et retrouvez aussi ces épisodes sur La Médiathèque Numérique, en vous connectant à votre compte lecteur sur le site de La Médiathèque.

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« P’tit Quinquin » détourne la série TV policière

5 Jan

Le réalisateur Bruno Dumont revisite les codes du polar à la mode burlesque et donne un nouveau souffle à la série made in France.

Le P'tit Quinquin et sa bande

Le P’tit Quinquin et sa bande

La mini-série de quatre épisodes, diffusée en septembre dernier sur Arte, est à l’origine une commande de la chaîne franco-allemande. Ce format cinématographique – dans lequel Jane Campion s’est illustrée en 2013 avec Top of the lake – permet à Bruno Dumont de s’aventurer dans ce qu’il appelle le « tragique-comique » en explorant la frontière entre drame et comédie. Une extravagante enquête criminelle donne l’occasion au réalisateur de prendre à contre-pied les attentes du spectateur en dynamitant la série policière par un sens du comique insoupçonné.

Le décor : les paysages gris-bleu de la côte d’Opale, aux abords d’un village que sillonnent à vélo celui qui donne son nom à la série, un jeune garçon vif et malin surnommé P’tit Quinquin (d’après la berceuse créée en 1853 par le chansonnier lillois Alexandre Desrousseaux), et sa bande.

Le point de départ : la découverte d’une vache, à l’intérieur de laquelle gît un corps sans tête, dans un blockhaus de la Seconde Guerre mondiale.

Un improbable duo d’enquêteurs

Pour mener l’enquête, le cinéaste sort de sa poche deux personnages d’hilarants ahuris : Van der Weyden, un commandant bourré de tics, hirsute et claudiquant (mix entre Monsieur Hulot, Albert Einstein et Jacques Balutin), et son fidèle lieutenant, le lymphatique et philosophe Carpentier. Il ridiculise, ce faisant, le duo de flics conventionnel du buddy-cop movie qui a fait ses armes dans les séries télé américaines à la fin des années 70 (Starsky et Hutch, Chips). Totalement décalés, Van der Weyden et Carpentier semblent conjuguer leur parfaite incompétence, une passivité portée par le leitmotiv « C’est quoi c’bordel ? », répété à tout-va par le commandant. On ne sait jamais, pourtant, si ce dernier est un génie à la Colombo ou un parfait incapable, support d’une satire envers le système policier français. Il ne peut assurer sa crédibilité que par la formule bégayante « Gendarmerie nationale ! donc hein… bon… », qui jamais n’entraîne d’actes.

Une enquête vaudevillesque… non résolue

Très vite, le réalisateur transforme l’enquête en pure absurdité. D’autres bêtes mortes et cadavres en morceaux suivront à un rythme régulier, lançant les protagonistes – depuis les flics qui tournent en rond jusqu’aux gosses qui les épient – sur la piste d’un insaisissable serial killer picard, mystérieux « exterminateur » qui fauche hommes et femmes, amants et maîtresses. L’investigation n’est que prétexte : l’intrigue n’est jamais considérée comme un but mais seulement comme un moyen de mettre en scène un imaginaire. Rester ainsi dans le mystère du « Qui a tué ? » permet à Dumont de placer les gendarmes, démunis face à l’outrance meurtrière, dans une trajectoire de quête spirituelle. Dans P’tit Quinquin, ce n’est plus le résultat, l’aboutissement de l’enquête qui importe,  mais la recherche en elle-même.

Une farce policière audacieuse

Avec la complicité du spectateur, Dumont imprime une distorsion à la structure académique du genre policier en poussant les clichés qui s’y rattachent jusqu’au burlesque le plus dévastateur. La trame policière est présente – les enquêteurs enquêtent réellement, il existe bien des liens de causalité et un certain suspense – mais, de réaliste devient quasi mystique dès le 3ème épisode avec un meurtrier désigné comme étant « le Diable en personne ». Un mal quasiment abstrait pèse alors sur le récit comme une force mystérieuse et s’incarne dans des visions aussi effroyables que fulgurantes. Si l’histoire n’était pas aussi sombre, la série ne serait évidemment pas aussi drôle : son humour, défini par le cinéaste comme « tragique-comique », correspond à la condition humaine dans sa dualité. Le réalisateur la dépeint de façon très juste à travers une galerie de personnages profondément bouleversants, tout en se livrant à une critique sociale acérée. A coups de scènes hallucinantes et hilarantes, il filme en effet une forme de fatalité que ne résolvent jamais les pouvoirs, qu’il s’agisse de l’Etat, de la science, de l’Eglise ou de la loi.

Il fait ainsi de cette enquête aux limites du fantastique une aventure cinématographique sans précédent et, par la conjugaison savante des différents registres et procédés comiques, rassure quant au potentiel humoristique de la fiction française, qu’elle soit policière… ou non !

P’tit Quinquin est à découvrir en ce moment sur la Médiathèque numérique.

Ma loute de Bruno Dumont, un film folklorique et carnavalesque

23 Mar

En mai 2016, Bruno Dumont (nouvelle fenêtre) sortait Ma Loute, retour sur un film étonnant.

Ma Loute, c’est la rencontre des classes sociales où tous les extrêmes convergent et de la fusions des genres cinématographiques : polar burlesque à la frontière du fantastique, comédie théâtrale ou encore tragédie romantique.

Le pitch

Début XXème, les Van Peteghem, riches bourgeois lillois arrivent dans leur résidence secondaire dans la Baie de la Slack. Ils font la connaissance des Brufort, modestes pêcheurs mystérieusement anthropophages qui gagnent leur vie en faisant traverser la baie aux riches aristocrates venus en plaisance au bord de la Manche. Le séjour est soudain perturbé par de mystérieuses disparitions sur lesquelles enquête un tandem de policiers excentriques à la Dupond et Dupont ou tout droit sortis d’un Laurel & Hardy, l’inspecteur Machin et son sagace Malfoy. S’ajoute au tableau, l’histoire d’amour déchirante entre Ma Loute, fils ainé des Brufort aux mœurs bien particulières et Billie figure androgyne de la famille Van Peteghem, à l’identité sexuelle réversible.

Chacun est une caricature : les acteurs connus assument un surjeu totalement délirant comme les illustres inconnus un jargon picard parfois inintelligible. Tous donnent le meilleur d’eux-mêmes pour exprimer le pire de l’humain.

Côté technique, les paysages côtiers des Flandres et du Nord-Pas-de-Calais sont magnifiés par la lumière et le travail de Guillaume Deffontaines, directeur de la photographie. On peut y voir des autochromes inspirés des frères Lumière ou de Jacques-Henri Lartigue (nouvelle fenêtre) montrant la bourgeoisie provinciale, mais aussi la peinture réaliste rappelant la cruauté visionnaire des maîtres de la peinture flamande comme Bosch et Brueghel.

Drôle et terrifiant voire malaisant !

Retrouvez les films et les séries de Bruno Dumont à La Médiathèque de Levallois (nouvelle fenêtre) en DVD ou en VOD.

Premiers pas au Festival de Cannes 2016 !

10 Mai

Le 69ème Festival de Cannes, cette année sous la présidence de George Miller, débute ce mercredi 11 mai. Quels sont les premiers événements à ne pas manquer, les premières projections attendues, les premières stars à fouler les marches du Palais des festival et des congrès ? Premiers pas dans le Festival… tout à fait subjectifs…

Et pour commencer, et que l’on n’en parle plus, une absence notable dans ce billet : celle de Xavier Dolan ! Non par mesquinerie, vous vous en doutez bien  : non, c’est simplement que son nouveau film, Juste la fin du monde, n’entrera en compétition officielle que le jeudi 19 mai… Alors, dans l’attente (certes insoutenable) de cette projection, concentrons-nous sur les films à voir dans les jours à venir.

Ouverture

Woody Allen en amuse-gueule ! Son film, Cafe Society, fera l’ouverture du festival mercredi soir, le réalisateur américain refusant toujours d’être en compétition. Le film est en sortie nationale le jour même. A l’affiche : Jesse Eisenberg, Kristen Stewart, Steve Carell, Blake Lively.

Jeudi 12 mai

Les choses sérieuses commencent dès jeudi avec la projection de Rester vertical d’Alain Garaudie, réalisateur de l’excellent L’Inconnu du lac, prix de la mise en scène au Festival de Cannes 2013. Un film dont on attend beaucoup tant le cinéma de Garaudie, radical et poétique, sait nous surprendre et nous ravir.

Ce même jour, à noter la présence de Cristi Puiu avec Sieranevada. Le réalisateur roumain avait remporté le prix Un Certain regard au Festival de Cannes 2005 pour La Mort de Dante Lazarescu. Il est le réalisateur également du très remarqué Aurora en 2010 (disponible en VOD sur La Médiathèque numérique).

Synopsis : De retour d’un voyage d’affaires à Paris, un neurologue rejoint sa femme pour un dîner organisé pour l’anniversaire de la mort du père de cette dernière. Sur place, tous les convives attendent le prêtre censé célébrer la cérémonie…

Vendredi 13 mai

Journée trois étoiles avec le tant attendu Ma Loute de Bruno Dumont et le toujours attendu Ken Loach, avec I, Daniel Blake.

Le réalisateur de Ptit Quinquin s’essaie à la comédie sur grand écran, mêlant stars du cinéma français (Binoche, Bruni-Tedeschi et Luchini – les trois à contre emploi) et comédiens amateurs, le tout sur le littoral du Nord  et avec l’accent !

Quant à Ken Loach, il présente son dernier opus dans lequel il semble retrouver ses thèmes de prédilection, faisant de la survie sociale dans ce monde désincarné un engagement sans fin.

Synopsis : Pour la première fois de sa vie, Daniel Blake, un menuisier anglais de 59 ans, est contraint de faire appel à l’aide sociale à la suite de problèmes cardiaques. Mais bien que son médecin lui ait interdit de travailler, il se voit signifier l’obligation d’une recherche d’emploi sous peine de sanction. Au cours de ses rendez-vous réguliers au « job center », Daniel va croiser la route de Rachel, mère célibataire de deux enfants qui a été contrainte d’accepter un logement à 450km de sa ville natale pour ne pas être placée  en foyer d’accueil. Pris tous deux dans les filets des aberrations administratives de la Grande-Bretagne d’aujourd’hui, Daniel et Rachel vont tenter de s’entraider…

Samedi 14 mai

À suivre…

Benoît N.


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