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Cin’Eiffel le choix des spectateurs 2019/2020. Votez !

3 Oct

Cin’eiffel est votre ciné-club.

Nous vous proposons donc de participer à la programmation : le premier film de l’année 2020, projeté jeudi 9 janvier, sera choisi par les spectateurs.

À partir du 3 octobre et jusqu’au 21 novembre 2019, votez pour le film que vous voulez voir sur grand écran!

Le résultat du vote sera annoncé lors de notre dernière séance avant Noël, jeudi 19 décembre 2019, après la projection de L’étreinte du serpent de Ciro Guerra (nouvelle fenêtre) .

Le film élu l’année dernière, L‘argent de la vieille de Luigi Comencini (nouvelle fenêtre) a rencontré un franc succès. Cette année, nous avons sélectionné 10 comédies, films rares ou connus, de qualité, tous réalisés par un auteur d’exception.

Pour vous aider à choisir, nous vous proposons pour chaque film : bande annonce, synopsis, critique.

1-Le Pigeon (nouvelle fenêtre) de Mario Monicelli, Italie, 1975 , 1H39

Cosimo se fait arrêter par la police alors qu’il tente de dérober une voiture. Pour sortir de prison plus rapidement, il demande à ses complices extérieurs de lui trouver un « pigeon », quelqu’un qui prendra sa place derrière les barreaux. C’est Pepe, boxeur à la manque, qui se présente au directeur de la prison pour clamer sa culpabilité; mais celui-ci décide de les coffrer tous les deux. Abusé par une ruse, Cosimo révèle à Pepe les détails de son prochain coup, infaillible, qu’il se réserve pour sa sortie. Mais Pepe sort plus tôt que prévu et organise le casse avec les complices de Cosimo…

« Une comédie grinçante [qui] rassemble la crème du cinéma italien de l’époque (Vittorio Gassman, Marcello Mastroianni, Totò, Claudia Cardinale, Renato Salvatori) pour raconter les déboires d’une bande de bras cassés (…) ». Libération

 

2- La dame du vendredi de Howard Hawks (nouvelle fenêtre)

Hildy Baldwin, une journaliste, se sépare de son époux, Bruce, et retourne travailler dans le journal de son ancien fiancé, Walter. Celui-ci, toujours amoureux d’elle, l’envoie interroger un condamné à mort. Elle assiste à son évasion et l’aide à se cacher avec l’appui de Walter. Mais la police arrive et découvre le fugitif…

 

« Une journaliste hésite entre l’ambiance trépidante mais carnassière de sa rédaction et la vie honnête d’une épouse modèle. Hawks au sommet de son art du langage ». Les inrockuptibles

« Drôle de duel entre les sexes, à l’arrivée. L’homme ne cesse de désirer, et d’habiller son désir dans sa posture virile ; la femme, elle, affirme haut et fort son indépendance, mais pour finir par admettre qu’elle n’est pas imperméable à la séduction et reste soumise aux mouvements du cœur. On retrouve là la curieuse position de Hawks sur le sujet, lui qui aurait sans doute bien ricané si on l’avait de son vivant qualifié de « féministe » (ce qualificatif que commentateurs et experts en marketing s’appliquent aujourd’hui à vider de son sens), mais qui eut toujours à cœur de montrer l’humain (sans distinction de sexe) plus fort, plus faillible, plus noble, plus vil, plus surprenant qu’on le croit. » Critikat

3- L’aventure de Mme Muir de Joseph Mankievicz, Etats-Unis, 1947, 1h40

En Angleterre, au début du XXe siècle, Lucy Muir, une ravissante et jeune veuve, décide de s’installer au bord de la mer avec sa fille et sa servante dans un cottage réputé hanté par le fantôme du capitaine Gregg. Loin d’être terrorisée, elle est au contraire fascinée à l’idée d’habiter avec ce fantôme. Un soir, il lui apparaît…

« À la fois comédie brillante et spirituelle, surtout dans sa première partie, le film se transforme en fine méditation sur la supériorité mélancolique du rêve sur la réalité et nous nous retrouvons devant une seconde partie tout simplement déchirante et poignante. Tous les sentiments défilent sous nos yeux émerveillés et embués d’émotion devant ce mélange d’onirisme, de charme, de séduction, sans oublier la tendre ironie habituelle de Mankiewicz qui est un des éléments qui constituera en quelque sorte sa « marque de fabrique » pour les films à venir. » Dvdclassik

« Un chef-d’œuvre bouleversant sur la désillusion et la fuite du temps. L’histoire du cinéma hollywoodien est parsemée de rêveries et de récits d’amour teintés de fantastique, de Peter Ibbetson d’Henry Hathaway à Edward aux mains d’argent de Tim Burton, en passant par le Portrait de Jennie de William Dieterle. » Les inrockuptibles

4- Un drôle de paroissien de Jean-Pierre Mocky /France/1963/1H39

Georges, fils d’une famille aristocratique et catholique ruinée, croit recevoir un jour une révélation divine : pour subvenir aux besoins des siens, il va piller les troncs des églises.

« Le premier sommet cinématographique de Jean-Pierre Mocky. Comme Georges Brassens, le cinéaste nous dévoile un anarchisme mêlé d’une très grande tendresse tous ses personnages. Cibles préférées chez les deux, la bourgeoisie (catholique de préférence), le clergé et les flics pas très malins.
Dialogues acérés, situations cocasses, l’adaptation du premier roman de Michel Servin à laquelle l’auteur a participé est une joyeuse farce amorale. C’est farfelu, réussi et le film permet de voir André Bourvil dans un registre qu’il avait peu expérimenté. Oubliés les personnages lunaires et bêtas, ici il ne subit pas les événements et provoque les situations. L’acteur peut aussi faire montre d’une certaine délectation dans ces penchants pervers. Il semble d’ailleurs que Bourvil ait entamé cette collaboration avec Jean-Pierre Mocky contre l’avis de son entourage. Or ce drôle de paroissien est un magnifique rôle. Un des plus intéressants de sa carrière. » Rueducine.com

« On peut voir dans « Un drôle de paroissien » toutes sortes de références : les Marx Brothers, Raymond Queneau, Marcel Aymé, voire le « Pickpocket » de Bresson, dont Mocky récupère d’ailleurs le chef opérateur. Mais celle qui domine tout, et sans doute de manière inconsciente, c’est le dessin animé « Tom et Jerry », au point que le film apparaît comme une sorte de remake officieux. Des nombreux gadgets utilisés par Georges à la frénésie des courses-poursuites entre policiers et voleurs, en passant par le principe cartoonesque par essence du délire exponentiel (la petite entreprise de Georges finit par avoir les atours d’une multinationale florissante), Mocky reproduit à l’identique les grandes lignes de force du fameux programme de la Warner. » Guillaume Loison – L’Obs

5- Whisky à gogo de Alexander Mackendrick Grande-Bretagne/1950/1h22

1943 : Todday, petite île écossaise, vit un drame unique dans son histoire : une pénurie de whisky. Les vieux ne veulent plus de la vie, les jeunes ne s’aiment plus. Mais, miracle, un cargo transportant des caisses de whisky s’échoue sur les récifs.

« Ealing donne parfois l’impression d’avoir été une sorte de parenthèse enchantée, tant dans la production des films que dans leur nature, une synthèse assez parfaite de toutes les composantes (culturelles, sociales, humoristiques…) de l’esprit britannique qui aura débouché sur quelques films qui n’auraient pu être tournés ni dans un autre pays, ni à une autre époque, mais qui sont, tels qu’ils sont, très exactement ce qu’ils devaient être. Whisky à gogo en est l’un des exemples les plus représentatifs. » Antoine Royer – Dvdclassik

6- Monnaie de singe (Marx Brothers)/ États-Unis/1931/1h15

Quatre passagers sont confortablement installés au fond de la cale d’un paquebot qui fait route vers New York. Non seulement, ils sont des passagers clandestins, mais en plus ils chantent en quatuor. C’en est trop pour le capitaine qui décide de les mettre aux fers. S’ensuit une folle course poursuite ou nos quatre lascars provoquent et vivent les situations les plus loufoques.

« Évidemment, peu importe. Si les frères Marx ont marqué l’histoire du cinéma, c’est parce que la force de leurs films ne réside pas dans leur mise en image mais dans l’incroyable énergie et l’esprit hors normes qui s’en dégage. Basculement dans un monde qui ressemble au nôtre mais n’obéit donc pas aux mêmes règles (la gravité est d’ailleurs plusieurs fois bafouée dans leurs films), le cinéma des Marx repose sur la création d’un ailleurs, assez intemporel, qui explique autant les fortes réserves de ceux qui n’y accèdent pas que la manière dont ils perdurent, après tant d’années, dans la conscience cinéphile collective. Rares sont les personnalités du cinéma connues même par ceux qui n’ont pas – encore ? – vu leurs films, et grâce à leur caractère triple et néanmoins unique, les Marx BROTHERS ont accompli cette prouesse, bien aidés en cela par la multitude de leurs laudateurs ».Dvdclassik

7- La rose pourpre du Caire de W. Allen/États-Unis/1985/1h25

Cécilia mène une existence morne et tourmentée. Le cinéma est son seul refuge et sa seule évasion. Lors d’une projection, Tom Baxter, le héros d’un mélo la Rose pourpre du Caire sort de l’écran et l’enlève.

« La Rose pourpre est sans aucun doute l’œuvre la plus ambitieuse du cinéaste, une œuvre d’une poésie rare que Cocteau – on peut le présumer sans gêne – eût sans doute appréciée. Jusqu’alors, on avait adoré la plume surdouée du scénariste. La mise en scène, à la limite, on s’en fichait un peu. Il savait confortablement filmer Central Park, Times Square, les saisons, ça nous convenait. Woody Allen nous faisait rire, nous rendait intelligents. Que demander de plus ? Bien entendu, le noir et blanc de Manhattan ou de Broadway Danny Rose avait surpris : le cinéaste le plus bavard de la planète utilisait la pellicule des films muets. Car Woody Allen est avant tout un immense cinéphile, et La Rose pourpre un remarquable hommage à la magie du septième art, un époustouflant exercice de style technique sur le rêve. » Le Figaro

8- Noblesse oblige (nouvelle fenêtre) de Robert Hamer/GB/1949/1H42

Louis souhaite retrouver le titre qui lui est dû afin de venger sa mère, une ancienne aristocrate reniée par la noblesse anglaise. Le problème, c’est qu’il n’est pas l’héritier direct : il n’est au contraire que la neuvième personne pouvant prétendre à la succession. Une seule solution : se débarasser des huit autres successeurs…

« Difficile de croire, aujourd’hui, à la vision de Noblesse oblige, que le film date de 1949. En effet, sous des dehors de comédie jubilatoire (les performances des deux acteurs principaux, Dennis Price (Louis) et Alec Guinness (dans huit rôles plus un certain nombre de tableaux) sont redoutables), Noblesse oblige est une charge d’une efficacité redoutable contre l’aristocratie anglaise. C’est donc avec une horreur toujours plus bienveillante, un sourire méchant toujours plus prononcé, que nous suivons le parcours de Louis lorsqu’il remonte la chaîne alimentaire de la famille D’Ascoyne. Robert Hamer, à la réalisation, partage ce point de vue, et contemple avec une bienveillance amusée les épouvantables exactions de son héros, dans une mise en scène d’une rare élégance, servie par un somptueux noir et blanc, dans un film dont la finesse et la méchanceté en remontrent aux plus subversifs des films qui nous sont contemporains. » Critikat

9- Delicatessen de Jean-Pierre Jeunet et Marc Caro/France/1991/1h45

La vie des étranges habitants d’un immeuble de banlieue qui se dresse dans un immense terrain vague et qui tous vont se fournir chez le boucher-charcutier, à l’enseigne « Delicatessen.

« Répugnante, la chose? Que non pas. Abracadabrante plutôt, étonnante, détonante, sidérante, farfelue. Un monstre vif, bâtard dru de Jacques Tati et des Monty Python. Le Brazil de Terry Gilliam dans les décors décavés du Jour se lève. Les clowns rock du cirque Archaos se déchaînant sous les Toits de Paris. Les frères Kube fabriquent des boîtes qui meuglent. M. Potin, dans son appartement-marécage, élève des grenouilles et des escargots. Mlle Plusse orchestre l’activité des locataires au rythme de ses parties de jambes en l’air sur son sommier grinçant. Et Louison, le nouveau venu à la gueule de Popeye, joue des concertos pour scie et violoncelle avec une Olive pigeonnante: Julie, la fille unique du boucher. C’est la cocasserie de René Clair, le réalisme poétique de Carné et de Trauner ravagés par les fuites d’eau et l’humour mauvais genre des BD de Métal hurlant.  » L’express

10- Ninotchka de Ernst Lubitsch (nouvelle fenêtre)/Etats-Unis/1932/1h56

Iranoff, Buljanoff et Kopalski sont chargés par le gouvernement soviétique d’écouler à Paris des bijoux saisis pendant la révolution, et d’acheter avec l’argent ainsi obtenu des machines agricoles. L’ancienne propriétaire des bijoux, la grande Duchesse Swana, demande à un de ses amis, Léon, d’empêcher la vente et de récupérer les joyaux. Or Léon est précisément le guide, dans la capitale, des trois Russes. Ayant eu vent de l’affaire, les Soviétiques envoient à Paris Ninotchka, qui trouve les trois compères en train de mener la grande vie. Ceux-ci appellent à la rescousse leur ami Léon qui a déjà fait la connaissance de Ninotchka, sans savoir qui elle était …

« Nous sommes en 1939. Ernst Lubitsch, cinéaste berlinois émigré à Hollywood et adulé, réalise Ninotchka. Ernst ose et frappe fort. Car, derrière cette histoire d’amour entre un aristocrate séducteur et une « femelle bolchevique » en mission à Paris, Ninotchka relève de la pure satire politique. Avec Billy Wilder au scénario, Greta Garbo, Melvyn Douglas en tête d’affiche et Bela Lugosi en commissaire russe, Lubitsch nous offre un petit bijou qui brille encore et toujours de son insolente beauté. Comment définir l’art indéfinissable de Lubitsch? C’est le charme et la satire mêlés, l’union mystérieuse de la gravité et de la légèreté et le rire à gorge déployée derrière une porte fermée. Le cinéaste nous sert un délicieux cocktail à base d’impertinence, d’humour et de romance. On se ressert une nouvelle fois pour mieux s’étourdir de rire. Brillantissime. » Critikat

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Ces nouvelles comédies françaises!

4 Sep

Toujours très attendue, la comédie est un genre difficile. On en sort souvent déçu, avec l’impression d’avoir été trompé par une bande-annonce qui révèle l’unique gag du film, des dialogues éculés, des sujets 100 fois évoqués, parfois très orientés : la paresse des fonctionnaires, la mixité des couples, la féminité des homosexuels, la malice des femmes… sujets de prédilection du théâtre de boulevard de Feydeau (1862-1921) ou Courteline (1858-1929) ! mais sans leur talent…

Une nouvelle génération de réalisateurs de comédies « à la française » se révèle depuis quelques années. Ils dépoussièrent le genre, abordent des thèmes différents mais ont en commun de faire entendre une voix différente, grâce à :

  • La qualité de leurs scénarios parfois loufoques, souvent originaux mais toujours très bien écrits.
  • De la verve, des dialogues justes et qui portent : notre mémoire rapatrie immédiatement le souvenir de très grands dialoguistes comme Michel Audiard, Jean Aurenche (nouvelle fenêtre), Henri Jeanson… :
«La démocratie, c’est quand on sonne chez vous à six heures du matin… et que c’est le laitier ! » Henri Jeanson

  • Un casting et une direction d’acteurs parfaites : que se soient Jean Dujardin, Yolande Moreau, Benoît Poelvoorde, François Cluzet ou de jeunes acteurs comme Adèle Haenel (nouvelle fenêtre) et Pio Marmai, on est frappé par leur capacité à se renouveler, leur haut potentiel comique et/ou émotionnel et leur sens du burlesque. Mes 4 comédies françaises de 2018 préférées :

Au poste de Quentin Dupieux, 2018

Synopsis : « Un poste de police. Un tête-à-tête, en garde à vue, entre un commissaire et son suspect ».

 

En liberté de Pierre Salvadori, 2018

Synopsis  : « Yvonne, jeune inspectrice de police, découvre que son mari, le capitaine Santi, héros local tombé au combat, n’était pas le flic courageux et intègre qu’elle croyait mais un véritable ripou. Déterminée à réparer les torts commis par ce dernier, elle va croiser le chemin d’Antoine, injustement incarcéré par Santi pendant huit longues années. Une rencontre inattendue et folle qui va dynamiter leurs vies à tous les deux ».

 

I feel good de Benoit Delépine et Guillaume Kervern 2018

Synopsis : « Monique dirige une communauté Emmaüs près de Pau. Après plusieurs années d’absence, elle voit débarquer son frère, Jacques, un bon à rien qui n’a qu’une obsession : trouver l’idée qui le rendra riche. Plus que des retrouvailles familiales, ce sont deux visions du monde qui s’affrontent. »

 

Normandie Nue de Philippe Le Guay 2018

Synopsis : « Au Mêle-sur-Sarthe, petit village normand, les éleveurs sont touchés par la crise. Georges Balbuzard, le maire de la ville, n’est pas du genre à se laisser abattre et décide de tout tenter pour sauver son village… Le hasard veut que Blake Newman, grand photographe conceptuel qui déshabille les foules, soit de passage dans la région. Balbuzard y voit l’occasion de sauver son village. Seulement voilà, aucun Normand n’est d’accord pour se mettre à nu.. ».

Je ne résiste pas à l’envie d’y ajouter un petit dernier à ne pas manquer : La mort de Staline, film anglo-français-belge (comme quoi notre belle union n’est pas finie) réalisé Armando Iannucci, adaptation de la bande dessinée de Thierry Robin et Fabien Nury (nouvelle fenêtre).

Entre les courses de rentrée et la reprise du travail, offrez-vous un petit moment de folie, tous ces films sont disponibles à La Médiathèque!

Mother de Bong Joon-Ho, film avant-coureur du réalisateur de Parasite, Palme d’or 2019

11 Juin

Bong Joon-ho, réalisateur et scénariste sud-coréen, remporte, en 2019, la Palme d’Or au festival de Cannes pour son film Parasite. Un des réalisateurs les plus excitants de sa génération.

Avant ce film décisif, qui lui permet de remporter (enfin) une des plus grandes distinctions du cinéma international, Bong Joon-ho a crée une œuvre variée et imposante par la qualité et le retentissement de certains de ses films :

Memories of Murder (2003) (nouvelle fenêtre), présenté dans le cadre de Cin’Eiffel

The host (nouvelle fenêtre) (2006)

Snowpiercer, le Transperceneige (nouvelle fenêtre) (2013)

Et surtout l’extraordinaire Mother (nouvelle fenêtre) (2009)!

Mother narre l’histoire d’une mère qui surprotège Do-Joon, son enfant de vingt-huit ans. Celui-ci est puéril, naïf. Lié à une trouble affaire de meurtre, il est jugé un peu trop hâtivement par la police. Perdant espoir en la justice, sa mère, persuadée que son fils est innocent, prend en main l’enquête et risque tout pour changer l’histoire…

La mère est ici loin des stéréotypes sur la maternité : pas de mère bienfaitrice et consolatrice, non, à travers ce portrait étrange et ambigu, dans une ambiance pesante, Bong Joon-ho nous propose la figure d’une mère, qui cultive à outrance la dépendance de ce fils un peu idiot, d’une mère finalement monstrueuse, qui devient une mère-tueuse. Pour dégager ce personnage d’ogresse, Bong Joon-ho dessine une étrange relation mère-fils, un face à face tout en subtilité mis en valeur par l’épatant jeu d’acteur de Kim Hye-Ja (la mère) et Won Bin (Do-Joon, le fils) !

Une œuvre obscure, en suspens, passionnante !…

Voyages à travers le cinéma français de Bertrand Tavernier

29 Avr

On l’a rêvé, il l’a fait!

Bertrand Tavernier, réalisateur (nouvelle fenêtre) et passionné de cinéma, a réalisé en 2016 le grand film sur le cinéma français des années 1930 à 1970, qui a été présenté au Festival de Cannes, Voyage à travers le cinéma français. Il est loué par la critique et le réalisateur américain Martin Scorcese (nouvelle fenêtre) lui rend un bel hommage.

Sa découverte du cinéma suit intimement sa vie d’enfant : en 1942, il « approche » le cinéma pour la 1ère fois (alors qu’il se soigne au sanatorium) avec le film Dernier atout de Jacques Becker (nouvelle fenêtre). C’est une révélation!

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 Adolescent, puis jeune homme, Il découvre des réalisateurs méconnus ou oubliés, s’enthousiasme pour l’originalité des sujets de Jean Grémillon (nouvelle fenêtre) et Edmond Greville.

Il nous rappelle qu’il y a eu de grandes réalisatrices comme Jacqueline Audry et Agnès Varda (nouvelle fenêtre); des réalisateurs étrangers, qui ont enrichi de nouvelles techniques, de nouveaux propos, le cinéma français : John Berry, les Russes des films Albatros, Anatole Litvak, Max Ophuls, et revient sans rien en occulter sur la période de l’Occupation.

Voyage à travers le cinéma français célèbre les musiciens, les compositeurs, qui ont largement enrichi le cinéma français et ont fait de la musique de films française, un art en soi : Joseph Kosma et Maurice Jaubert, par exemple.

Bien sûr, ces 3 heures de film se sont avérées insuffisantes pour parcourir 40 ans d’un des cinémas les plus féconds. Il réitère l’opération en tournant une suite, sous forme de série en 8 épisodes, programmée en septembre 2018 sur France 5.

« Ces films m’ont donné le goût de la mémoire »

C’est une œuvre considérable et colossale : 6 ans de préparation, 582 extraits de 94 films, des kilomètres d’archives visionnées, sélectionnées et pour finir commentées. Il nous offre un film-témoignage émaillé d’une foule d’anecdotes passionnantes, rapportées par les professionnels du cinéma, que Bertrand tavernier a rencontré, interrogé pendant toute sa carrière. Il nous rappelle que si le cinéma est aujourd’hui une industrie, il a aussi été longtemps le travail d’artisans exceptionnels et ambitieux, dont l’œuvre continue à nous faire rêver.

3 DVD – 8 épisodes de 52 minutes, maintenant disponibles à La Médiathèque

Voyage 1 : « Mes cinéastes de chevet – première partie »: Jean Grémillon, Max Ophuls,  Henri Decoin.
Voyage 2 : « Mes cinéastes de chevet – seconde partie » : Sacha Guitry, Marcel Pagnol, Jacques Tati, Robert Bresson, la musique de Jean-Jacques Grünenwaldt.
Voyage 3 : « Les chansons, Julien Duvivier » : Les réalisateurs auteurs de chansons, Julien Duvivier.
Voyage 4 : « Les étrangers dans le cinéma français – Le cinéma sous l’Occupation, l’avant et l’après-guerre » : Viktor Tourjanski, Robert Siodmak, Albert Valentin, Jean-Paul Le Chanois.
Voyage 5 : « La nouvelle vague de l’Occupation » : Claude Autant-Lara, René Clément, Georges Clouzot.
Voyage 6 : « Les Oubliés »: Raymond Bernard, Maurice Tourneur, Anatole Litvak, René Clair,Georges Van Parys, Jean Boyer.
Voyage 7 : « Les Méconnus » : Louis Valray, Pierre Chenal, Henri Calef, Gilles Grangier, Les femmes réalisatrices
Voyage 8 : « Mes années 60 » : Pierre Granier-Deferre, Jacques Deray, Alain Resnais, Michel Deville, Jacques Rouffio, José Giovanni, Yves Boisset, Eric Rohmer…

Eddy Constantine

Eddy Constantine dans un film de John Berry

James Baldwin : un homme révolté

16 Avr

Liseur

L’œuvre de l’auteur américain James Baldwin a été remise à l’honneur en France  à l’occasion de la sortie du filmI’m not your negro (nouvelle fenêtre) réalisé par Raoul Peck en 2017. Ce documentaire sera projeté à La Médiathèque le jeudi 18 avril 2019 dans le cadre de Cin’Eiffel, pour aller plus loin (nouvelle fenêtre) : s’appuyant sur les écrits de Baldwin, le scénariste y brosse une chronique très personnelle des années sanglantes de lutte pour les droits civiques aux États-Unis. Retour sur un grand écrivain et une œuvre essentielle.

Né à Harlem dans une famille pauvre et pieuse, il est l’aîné de 9 enfants. Fils illégitime, il sera élevé par son beau-père pasteur très strict et violent. Il choisira un temps de se tourner vers la religion et deviendra prédicateur en 1938, activité qu’il abandonnera en 1942 pour se consacrer à la littérature.

Dès l’adolescence, il prend conscience de…

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