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Bienvenue dans la tête d’un profileur avec la série Mindhunter

23 Nov

On est là pour les électrocuter ces types…, pas pour les écouter…

Voilà ce à quoi étaient promis les tueurs, jusqu’à ce qu’à la fin des années soixante dix, deux agents du FBI créent une unité spécialisée en Science du Comportement afin de comprendre les tueurs de plus en plus nombreux et de plus en plus monstrueux. Car ces enquêteurs restent persuadés que derrière ces tueurs de sang froid se cachent des êtres meurtris. Non loin de vouloir les glorifier ou les excuser, les agents veulent entendre ce qu’ils ont à dire.

Mais comment arrêter les meurtriers fous si on ne sait pas comment ils pensent ?

La série suit donc les deux agents Holden Ford et Bill Tench aux quatre coins des États-Unis afin d’ interviewer ceux que la société traite de fous, pour pénétrer au plus profond de leur âme.
Leur but est de réaliser une étude qui servira de cadre, de modèle pour les futurs agents : un profil type. Une méthode révolutionnaire qui va donner naissance au profilage tel que nous le connaissons aujourd’hui.

Dans Mindhunter, vous ne verrez donc aucun crime, pas d’hémoglobine ou de cervelle sur les murs, pas de scènes d’actions, de traques interminables. Mais un face à face glaçant entre ces tueurs et les deux agents du FBI.

Produite par David Fincher, qui réalise quatre épisodes, et Charlize Théron, la série est disponible sur Netflix depuis le 13 octobre 2017.
Quant à ceux qui n’ont pas la chance d’être abonné à Netflix, ils devront patienter…

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Les jumeaux, ces êtres fascinants

26 Oct

Tout le monde a en tête la chanson des jumelles interprétée par Catherine Deneuve et Françoise Dorléac dans Les Demoiselles de Rochefort de Jacques Demy :

Nous sommes deux sœurs jumelles
Nées sous le signe des gémeaux
Mi fa sol la mi ré, ré mi fa sol sol sol ré do
Toutes deux demoiselles
Ayant eu des amants très tôt
Mi fa sol la mi ré, ré mi fa sol sol sol ré do…

Vous l’aurez donc sans doute deviné, à l’occasion de la sortie en DVD du dernier film de François Ozon le 26 septembre, L’amant double, nous parlerons des jumeaux dans ce billet.

Hélène délivrée par Castor et Pollux, @Jean-Bruno Gassies (1786-1832)

Depuis la nuit des temps, les jumeaux fascinent. La gémellité est troublante, complexe, et engendre des comportements spécifiques.

Tout commence évidemment avec Castor et Pollux,(nouvelle fenêtre) qui sont dans la mythologie grecque les fils jumeaux de Zeus et Léda.  Surnommés les Dioscures (enfants nés de Zeus), ce sont des frères inséparables, et ils resteront côte à côte tout au long de leur vie et de leurs aventures.

La louve du Capitole, @artiste inconnu

Nous pouvons évoquer également les jumeaux célèbres Remus et Romulus (nouvelle fenêtre), fils de la vestale Rhéa Silva et Mars, le dieu de la guerre. La légende racontent qu’ils furent sauvés de la noyade par une louve et élevés par un berger. Ensemble, Remus et Romulus décidèrent de fonder une ville (Rome), à l’endroit même où ils avaient été abandonnés.

Les jumeaux et les jumelles sont des êtres à la fois différents et identiques. Fusionnels et unis par une intimité affective profonde, ils ressentent parfois les mêmes choses au même moment, même lorsqu’ils ne sont physiquement pas au même endroit. Mais cela se gâtent lorsqu’ils sont dans une relation dominant-dominé. Dans ce cas, cela devient insupportable et cela aboutit à un conflit. Le psychologue Réné Zazzo explique ces composantes de la personnalité des jumeaux par le micromilieu qu’ils forment ensemble : leur vie en couple les isole du reste de la famille.

Et au cinéma, ça donne quoi ? Le montage, les effets spéciaux, permettent bien des fantaisies. Vrais jumeaux, deux comédiens différents ou le même se dédoublant ? Tout est possible.

image extraite du film

Faux-semblants de David Cronenberg (1988)

Beverly et Elliot Mantle, deux gynécologues réputés, sont des « vrais » jumeaux et partagent tout : leur appartement, leur clinique et les femmes. Lorsque Claire consulte Beverly, celui-ci tombe amoureux d’elle et refuse de la « partager ». C’est le début d’une descente vers la folie…


L’affiche originale qui contient le sous-titre : « Two bodies. Two spirits. One soul » (Deux corps, Deux esprits, Une âme) précise la relation qui existe entre Beverly et Elliot Mantle. Ils ne font qu’un. Pourtant même si leur physique est identique, leurs esprits divergent. Berverly est d’une timidité maladive alors que son frère Elliot est un séducteur à la limite de l’arrogance. L’irruption de Claire dans leur vie va faire éclore, mettre à jour leurs différences. En effet, pour la première fois, les frères vont penser, agir, sentir autrement et montrer leur incapacité à gérer la séparation.

David Croneneberg reprend l’un de ses thèmes de prédilection, l’obsession de la chair, des viscères et signe une œuvre singulière.

Lors d’une interview au journal l’Express en 2000, David Croneneberg disait :

A défaut d’une analyse freudienne, je peux vous livrer une conviction philosophique : la première preuve de l’existence de l’homme, c’est son corps. Nous sommes des corps. Quand le corps meurt, nous mourons. Ce qui ne veut pas dire que nous manquons de spiritualité, au contraire. Mais celle-ci est également liée au corps et au fait que nous sommes mortels. Mes films parlent de la vie et la mort. En filmant le corps, j’explore la nature de l’existence humaine, à l’opposé de la plupart des représentations actuelles, où l’homme est désincarné. Depuis toujours, je suis fasciné par le corps, ses fonctions et la manière dont il gouverne l’espace, comme le design des meubles par exemple…

L’acteur Jeremy Irons qui joue les jumeaux, lui permet d’explorer différentes facette de son propre jeu.
Le DVD de Faux-semblants est disponible à La Médiathèque (nouvelle fenêtre).

image extraite du film

Sœurs de sang de Brian de Palma (1973)

Un soir, Danielle Breton ramène un homme chez elle. Au matin, l’homme est poignardé alors qu’une journaliste, Grace Collier, assiste au meurtre de sa fenêtre. Grace prévient la police mais aucun cadavre n’est découvert. Convaincue de ce qu’elle a vu, elle décide de mener l’enquête en ignorant que Danielle Breton a en réalité une sœur jumelle, Dominique…

Le jeudi 10 mars 2016, le film Sœurs de sang était projeté dans le cadre du cycle « A couper au couteau » (nouvelle fenêtre) et le philosophe Ugo Batini était venu nous parler de ce film.

Brian de Palma nous offre avec ce film tout ce qui fera sa renommée. Le voyeurisme – meurtre vu de la fenêtre de l’immeuble d’en face par la journaliste (référence évidente à Alfred Hitchkock) -, l’utilisation du split-screen (nouvelle fenêtre) qui joue sur le doute du spectateur et ainsi brouille les pistes, le dédoublement de personnalité avec Margot Kidder (Superman, Amytiville) habitée – le réalisateur s’étant inspiré d’un fait-divers sur deux sœurs siamoises, liées à la naissance par la hanche et séparées ensuite par une opération.

Et pour vous faire un aperçu de la carrière de Brian de Palma, un petit condensé de sa vie, son œuvre en 6 minutes écrit et réalisé par Luc Lagier pour Blow up d’Arte.

Le DVD  de Soeurs de sang est disponible à La Médiathèque (nouvelle fenêtre).

Pour finir, petit rappel en images des films qui représentent des jumeaux au cinéma.

 

 

 

Ces cinéastes devenus célèbres avec UN seul film (2/2)

26 Sep

Certains réalisateurs sont prolifiques, voyez Woody Allen qui réalise avec la régularité d’un métronome un film tous les ans, 48 longs-métrages depuis 1965 ! D’autres le sont moins… Enfin, certains sont devenus célèbres avec UN seul film. Célèbres, soit à titre posthume, soit de leur vivant mais en refusant de rentrer dans la norme. Toujours est-il que ces réalisateurs ne laissent pas indifférents. En voici quelques exemples avec des films dits « cultes ». Après Les nuits fauves de Cyril Collard, voici :

image extraite du film

Johnny s’en va-t-en guerre de Dalton Trumbo (1971)

Durant les premiers jours de la Première Mondiale, un jeune engagé volontaire Joe Bonham est gravement blessé par un obus. Il n’a plus de bras, plus de jambe, est aveugle et sourd-muet. Dans la chambre d’un hôpital, il est maintenu en vie par les médecins sous prétexte qu’il n’a pas perdu l’usage de son cerveau. Prisonnier de son propre corps, Joe essaie de comprendre ce qu’il lui est arrivé. Il parvient à entrer en contact avec une infirmière grâce au langage morse… (source Wikipédia)

Johnny s’en va-t-en guerre est un film américain réalisé par Dalton Trumbo en 1971 d’après son roman publié en 1939. Dalton Trumbo (1905-1976) commence par une carrière de scénariste, de Spartacus avec Kirk Douglas et est surtout connu pour avoir fait partie des « 10 d’Hollywood » (nouvelle fenêtre).
En effet, à la fin de la seconde guerre mondiale, un grand nombre de politiciens s’affolent du fait que le communisme atteint l’industrie du cinéma. Réalisateurs, scénaristes, producteurs, sont convoqués. C’est le début de la « Chasse aux sorcières » menée par Joseph McCarthy (nouvelle fenêtre).

Pour Arte, voici les 5 bonnes raisons de voir ou de revoir Johnny s’en va-t-en guerre :

Vous trouverez également à La Médiathèque (nouvelle fenêtre) le livre, et le DVD.

Ces cinéastes devenus célèbres avec UN seul film (1/2)

12 Sep

Certains réalisateurs sont prolifiques, voyez Woody Allen qui réalise avec la régularité d’un métronome un film tous les ans, 48 longs-métrages depuis 1965 !  D’autres le sont moins ; enfin, certains sont devenus célèbres avec UN seul film. Célèbres, soit à titre posthume, soit de leur vivant mais en refusant de rentrer dans la norme. Toujours est-il que ces réalisateurs ne laissent pas indifférents. En voici quelques exemples avec des films dits « cultes ».

image extraite du film

Les nuits fauves de Cyril Collard (1992)

1986. Jean a 30 ans, il est chef opérateur, reconnu, doué, curieux de tout. Mais il est séropositif et sait qu’il sera un jour exclu de cette vie qu’il traque avec avidité à travers sa caméra. Au cours d’un casting pour une publicité, il rencontre Laura, jeune, belle, vivante. Une passion naît entre eux. Mais Jean est bisexuel et entretient d’autres liaisons, dont la découverte bouleverse la jeune femme. Laura découvrira que Jean est infecté par le virus du SIDA et que ses jours, à elle aussi, sont peut-être comptés… (source Wikipédia)

Cyril Collard  accède au statut de réalisateur culte (à titre posthume car il est décédé 3 jours avant la cérémonie des Césars) avec un seul film qui reçut 4 Césars : César du meilleur film, César de la meilleure première œuvre, César du meilleur espoir féminin pour Romane Bohringer, César du meilleur montage pour Lise Beaulieue.
Un film « coup de poing » qui a marqué les esprits. Un film qui prend aux trippes et qui eut le mérite de parler pour la première fois du sida. Le témoignage d’une génération « désenchantée » comme le chantait à l’époque Mylène Farmer.

Pour vous faire votre propre idée sur ce film, retrouvez Cyril Collard à propos de son film sur le plateau de l’émission de Bernard Pivot Bouillon de Culture.

Vous trouverez également à La Médiathèque le DVD.

L’occasion également d’aller voir le film 120 battements par minutes de Robin Campillo, sorti le 23 août 2017 et qui raconte les débuts de l’association Act Up, dont les objectifs consistent à venir en aide aux personnes touchées par le sida.

Un peu de chair humaine au menu ce soir ?

6 Juin

Le blog Cin’Eiffel vous propose des mets de choix : un barbecue de cuisses, des rôtis de bras, des raviolis un peu spéciaux !
Mais quelle horreur me direz-vous ! Pourtant, le cinéma regorge de films sur le cannibalisme. Pas de panique, je ne vous parlerai pas de Cannibal Holocost de Ruggero Deodato (1980) mais plutôt de Trouble Every day de Claire Denis (2001) ou de Vorace d’Antonia Bird (1999).
Souvent traité de manière à susciter le dégoût, la répulsion, le cannibalisme aborde pourtant des thèmes bien plus profonds qu’ils n’y paraissent.
À l’occasion du film Grave de Julia Ducournau sorti le 15 mars 2017, redécouvrez ces films d’un genre bien particulier.

Le cannibalisme est une pratique qui consiste à consommer (complètement ou partiellement) un individu de sa propre espèce. L’expression s’applique à la fois aux animaux qui dévorent des membres de leur groupe (cannibalisme animal) et aux êtres humains qui consomment de la chair humaine (cannibalisme et/ou anthropophagie). Extrait de la définition de Wikipédia.

image extraite du film

Trouble Every Day de Claire Denis (2001) ou l’amour « dévorant »

June (Tricia Vessey) et Shane (Vincent Gallo) deux jeunes mariés américains, viennent passer leur voyage de noces à Paris. Shane souhaite rencontrer son ami médecin Léo pour comprendre le mal étrange qui le ronge. Léo lui-même contraint de s’enfermer avec sa femme Coré (Béatrice Dalle) elle-même possédée par cette maladie mystérieuse…
La réalisatrice Claire Denis a réussi le pari de faire un film d’horreur sensuel et captivant. Dialogues quasi inexistants, c’est le visuel qui prime.

J’ai choisi le camp des cinéastes qui font confiance à l’image. Claire Denis

Des gestes, des regards, jamais un film n’a été aussi loin dans ce que la sexualité peut avoir de bestial, de vorace. Coré et Shane sont des êtres à part, dont la vie est dominée par des pulsions de sexe et de mort. Deux bêtes sauvages incarnés par Vincent Gallo et Béatrice Dalle incroyables de présence.
Claire Denis filme les corps d’une manière magistrale. Des images que l’on a du mal à oublier !
À écouter, la bande-originale du film, composée par Tindersticks

image extraite du film

Vorace d’Antonia Bird (1999) ou le cannibalisme comme allégorie de l’état du monde

En 1847, lors d’un combat pendant la guerre américano-mexicaine, le capitaine John Boyd (Guy Pearce) est décoré pour acte de bravoure ambigu. Son supérieur n’étant pas dupe, il est envoyé dans un fort isolé de Californie. Une nuit, un étrange personnage Colqhoun (Robert Carlyle) raconte une histoire pour le moins bizarre…

Inspiré par un fait-divers, l’expédition Donner en 1847-1848 (nouvelle fenêtre), Vorace est un film d’horreur atypique mêlant le gore et l’humour noir et la deuxième collaboration de l’acteur Robert Carlyle et de la réalisatrice Antonia Bird. Le scénariste Ted Griffin – à qui l’on doit le scénario du film Ocean’s Eleven – a eu l’habile idée de combiner plusieurs genres tels que le western, l’horreur, le fantastique, la comédie. Mais Vorace nous parle de « nous », de notre instinct de survie dans un monde où « l’homme est un loup pour l’homme ». Et surtout sur les fondements de l’Amérique, assoiffée de pouvoir. Manger son ennemi pour être plus fort, quitte à perdre toute trace d’humanité.
À écouter, la bande-originale du film, composée par Michael Nyman et Damon Albraz

Et si vous avez encore les crocs, d’autres films ou uniquement des scènes de cannibalisme vont vous mettre l’eau à la bouche ou vous feront définitivement devenir végétarien. Bon appétit !

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