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Le Western au cinéma

6 Oct

Le genre du Western repose sur une légende connue de tous : la conquête de l’Ouest américain. Le XXème siècle marque son apogée aux États-Unis, puis les Européens s’emparent du genre dans les années 1960. Le mythe de la frontière est important dans l’histoire américaine et le cinéma est un moyen moderne de transmettre ces récits.

Les différents genres de Western

Le Western classique américain

Des codes précis sont à respecter. On y trouve des Indiens, des cowboys, des bandits sans foi ni loi, un shérif intègre, les décors sauvages du Far West. Le héros représente souvent une forme de perfection avec des valeurs morales fortes et sans faiblesse. Ce genre cinématographique popularise la « destinée manifeste » des États-Unis.

Le Western Spaghetti

L’Italie se réapproprie le genre du Western des années 1960 à la fin des années 1970. On peut citer Sergio Leone comme réalisateur clef de cette période. Les héros transgressent parfois la loi pour rendre justice. La violence est plus banalisée. Les scénarios se renouvellent, le visuel également.  Les intrigues et les comportements des personnages se rapprochent plus de la réalité.

Le Western contemporain

Les lieux rappellent les vieux westerns, l’histoire est différente et se passe dans le présent ou dans le futur. Le genre est remis aux goûts du jour avec des scénarios plus complexes, des histoires qui dépassent les guerres de clans et nous plongent dans la psychologie des personnages.

Les réalisateurs incontournables

John Ford (1894-1973) (nouvelle fenêtre) : il commence la réalisation avec le cinéma muet en 1915. Sur cent quarante-deux films réalisés, cinquante-trois auraient disparus. Il reçut quatre fois l’Oscar du meilleur réalisateur, tous pour des films autres que des westerns.

Howard Hawks (1896-1977) (nouvelle fenêtre) : cinquante films réalisés dont une dizaine de westerns.

Anthony Mann (1906-1967) (nouvelle fenêtre) : réalisateur dès 1942, il réalisa onze westerns sur quarante-quatre films dont L’homme de la plaine (1955) (nouvelle fenêtre).

John Sturges (1910-1992) (nouvelle fenêtre) : réalisateur dès 1949, il réalisa quarante films dont douze westerns.

Sam Peckinpah (1925-1984) (nouvelle fenêtre) : réalisateur dès 1954, il réalisa six westerns sur seize films dont Pat Garrett et Billy le Kid (1973) (nouvelle fenêtre).

Sergio Leone (1929-1989) (nouvelle fenêtre) : il réalise son premier western en 1964 et sur seulement huit films réalisés, cinq sont des westerns.

Clint Eastwood (1930 – …) (nouvelle fenêtre) : acteur dès 1955 et réalisateur depuis 1971. Il a réalisé trente-neuf films et joué dans soixante-dix-huit films.

Kevin Costner (1955 – …) (nouvelle fenêtre) : acteur et réalisateur, il a joué dans soixante-cinq films et en réalisa trois, tous des westerns : Danse avec les loups (1990) (nouvelle fenêtre) ; Postman (1997) ; Open Range (2003)

Les frères  Coen (nouvelle fenêtre) qui ont réalisé vingt films dont No country for old men (2007) (nouvelle fenêtre) et True Grit (2010) (nouvelle fenêtre)

Je vous laisse essayer de retrouver qui est qui… ?

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D’autres idées de films…

La rivière rouge (1949) de Howard Hawks

Rio Bravo (1959) de Howard Hawks (nouvelle fenêtre)

L’homme qui tua liberty Valance (1962) de John Ford (nouvelle fenêtre)

Little Big Man (1971) de Arthur Penn – bientôt à La Médiathèque

Dead man (1996) de Jim Jarmusch (nouvelle fenêtre)

Blueberry (2004) de Jan Kounen (nouvelle fenêtre)

Django unchained (2013) de Quentin Tarantino (nouvelle fenêtre)

Les 8 salopards (2016) de Quentin Tarantino (nouvelle fenêtre)

Comancheria (2016) de David Mackenzie (nouvelle fenêtre)

=> Pour ceux que cela intéresse, une exposition dédiée à l’œuvre de Sergio Leone (nouvelle fenêtre) se déroulera à la Cinémathèque du 10 octobre 2018 au 28 janvier 2019.

Faites votre cinéma à La Médiathèque !

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La Forme de l’eau – Guillermo Del Toro

28 Mar

Récompensé en mars 2018 aux Oscars (4 récompenses dont meilleur film et meilleur réalisateur), à la Mostra de Venise par le Lion d’Or, primé par deux Golden Globes (Meilleur réalisateur et Meilleure bande originale), La forme de l’eau (Shape of water) fait couler beaucoup d’encre. Que ce soit par ceux qui ont adoré ou par ceux qui au contraire, ne comprennent pas l’engouement créé par ce film. Entre film fantastique, romance sur fond historique et ode poétique à une forme d’amour différent, les analyses et les critiques s’accumulent…

Le film

Dans un contexte de Guerre froide, Elisa (Sally Hawkins (nouvelle fenêtre)) travaille comme femme de ménage dans un laboratoire gouvernemental américain. De nature discrète et étant muette, elle mène une vie plutôt solitaire. Ses seuls amis sont sa collègue Zelda (Octavia Spencer (nouvelle fenêtre)) et son voisin de palier Giles (Richard Jenkins (nouvelle fenêtre)). Un jour un étrange spécimen mi-homme mi-poisson est amené au laboratoire. Elisa parvient à créer un lien avec cette créature, prouvant que la parole n’est pas le seul moyen de communiquer et que l’amour voit au-delà des différences.

Le réalisateur

Guillermo Del Toro, réalisateur mexicain, est à l’origine de films comme L’échine du diable (2002), Hellboy (2004)(nouvelle fenêtre), Le Labyrinthe de Pan (2006)(nouvelle fenêtre), Pacific Rim (2013)(nouvelle fenêtre) ou encore Crimson Peak (2015)(nouvelle fenêtre) que vous pouvez retrouver à La Médiathèque.

guillermo del toro

On retrouve pratiquement dans chacune de ses réalisations la figure d’un « monstre », qu’il soit physique ou symbolique. Cette récurrence vient de la passion de Guillermo Del Toro pour ces créatures fantastiques, qu’il qualifie « d’anges, de créatures totalement spirituelles ». Il s’emploie à prouver que le monstre est souvent celui qui agit mal et non celui qui est différent. Dans ses films, ce rôle est souvent joué par l’acteur Doug Jones (nouvelle fenêtre), « l’acteur sans visage le plus connu d’Hollywood » :

Le faune & L’homme pâle (Le Labyrinthe de Pan) :

Abe Sapiens (Hellboy) :

abe sapiens

Créature amphibie (La Forme de l’eau) :

amphibie

On le retrouve également dans les rôles de l’Ange de la Mort et du Chamberlain dans Hellboy, la légion d’or maudite et dans le rôle du fantôme de Lady Cushing dans Crimson Peak.

La polémique

Les scènes de La Forme de l’eau se passent principalement en intérieur, la nuit ou quand il pleut. Cette ambiance assez sombre rappelle l’univers des films de Tim Burton ou des récits de Jules Verne.  Certaines critiques rapprochent également La Forme de l’eau de La Belle et la Bête (nouvelle fenêtre) de Jean Cocteau.

jeunet - del toro

Jean-Pierre Jeunet et Guillermo Del Toro

La polémique vient du réalisateur du Fabuleux destin d’Amélie Poulain (nouvelle fenêtre), Jean-Pierre Jeunet. Il accuse Guillermo Del Toro de copier l’univers de son film fantastique Delicatessen (nouvelle fenêtre). Cet univers est caractérisé par la présence d’une jeune femme brune qui voit le monde différemment, un homme solitaire et des sons très marqués. Certaines scènes particulières rappellent directement le film de Jean-Pierre Jeunet comme celle où Eliza et Giles sont assis sur le canapé et commencent à danser :

Du côté de Guillermo Del Toro, l’inspiration viendrait de Terry Gilliam, membre des Monty Python (nouvelle fenêtre).

En France et plus largement en Europe, ces caractéristiques de réalisation ne sont pas nouvelles et le public y est habitué. Ce n’est pas le cas aux États-Unis où la surprise était réelle à Hollywood à la sortie du film…

Faites votre cinéma à La Médiathèque !

Brisons le Quatrième mur

9 Nov

Le quatrième mur est d’abord un concept, développé par Denis Diderot (nouvelle fenêtre) au milieu du XVIIIe siècle. S’appliquant au théâtre,  il souhaitait que les acteurs imaginent un mur virtuel les séparant du public. Le but était de faire évoluer les acteurs sur scène comme dans un monde clôt, sans qu’ils se préoccupent des spectateurs. L’idée a été reprise au milieu du XIXe siècle par le metteur en scène André Antoine (nouvelle fenêtre) qui invente la notion de « quatrième mur » afin que la mise en scène au théâtre soit la plus réaliste possible. Les acteurs ne sont plus obligés de faire face aux spectateurs.

Le quatrième mur est donc à la fois physique (l’écran pour le cinéma, la page pour le livre) et virtuel.

C’est de ce concept qu’est issue l’expression « briser le quatrième mur », un procédé qu’on retrouve au cinéma, dans les séries, les romans, les bandes-dessinées ou encore les jeux vidéo.

Au théâtre, les acteurs brisent le quatrième mur quand ils font un aparté.

Dans les séries et les films, les acteurs brisent le quatrième mur en regardant ou en parlant directement à la caméra et donc aux spectateurs. L’acteur dans ce cas traverse la frontière entre le réel et la fiction en prenant conscience de son statut de personnage et en s’adressant à son public.

Pour de plus amples explications :

Les films de La Médiathèque (nouvelle fenêtre) qui brisent le quatrième mur :

  • Lord of war (nouvelle fenêtre) – Andrew Niccol (2005): Le personnage principal Yuri (Nicolas Cage) introduit l’histoire en faisant un point sur le trafic d’armes.

© Les Films du Paradoxe — Warner

Funny Games (1997) & Funny Games (2007) – Michael Haneke

Un regard vers la caméra n’est pas toujours associé au fait de briser le quatrième mur. Parfois le cameraman, et donc le spectateur, prend la place d’un personnage qui interagit avec l’acteur. On a donc l’impression que ce dernier nous regarde alors qu’il regarde son interlocuteur. Voici un petit mélange de ces scènes :

Les séries de La Médiathèque qui brisent le quatrième mur :

  • House of cards (nouvelle fenêtre) : Frank Underwood (Kevin Spacey) s’adresse régulièrement au spectateur pour lui expliquer ses actions. Cela créé une sorte de complicité entre le personnage de la série et son public. Dans la bande-annonce (qui suit) Kevin Spacey nous fait même un petit signe de la main :

  • Mr. Robot (nouvelle fenêtre) : Elliot Alderson (Rami Malek) nous parle régulièrement, comme si nous étions son ami imaginaire à qui il demande des conseils, parle de sa vie et de ses projets. Le spectateur est dans l’intimité du personnage, il connait toutes ses pensées.

Les livres de La Médiathèque qui brisent le quatrième mur :

  • Le comics Deadpool (nouvelle fenêtre) : le personnage est schizoprène, plusieurs bulles qui représentent les différentes voix dans sa tête commentent ses actions et parfois sa situation de personnage. C’est la même chose dans le film où Deadpool commente les situations dans lesquelles il est. Le personnage est toujours à la frontière du réel, le fait qu’il s’adresse au public peut être perçu comme de la folie.

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  • La BD Le Chat (nouvelle fenêtre) – Philippe Geluck : Le Chat est pratiquement toujours de face, comme s’il s’adressait directement à nous. Ses blagues sont d’ailleurs exclusivement pour le lecteur.

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On peut bien sûr trouver d’autres films, livres ou jeux vidéo qui brisent le quatrième mur mais une liste exhaustive serait trop longue pour ce petit article !

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