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De Billy Brown à Bud Clay : ma drôle d’histoire du cinéma…

20 Oct

2. C’est déjà la fin

Entre temps on a grandi, mais pas tant que ça heureusement !

Elle a donc continué comme ça, ma drôle d’histoire du cinéma.

A Buffalo je veux dire. D’un stade à un autre, d’un sport l’autre. Mais finalement ces jeux de terrain, qu’ils soient de base-ball ou de football américain, demeurent parfaitement anecdotiques. Ce qui se joue là, ce sont des sensations.

Et une réécriture. Un parcours. Une fiction cinématographique.

Une drôle d’histoire du cinéma… indépendant… américain largement…

De Billy Brown à Bud Clay.

Le Billy Brown de Buffalo’66 à partir duquel les autres, tous les autres, rayonnent et auquel, un jour, tous s’abreuvent.

Le Bud Clay de The Brown Bunny, où un voyage prend fin, tout au bout de la route 66. Usa.

Tout continue bien avec un Brown…

Billy Brown donc, puis/et/ou Vito Brown, Captain Brown, Vincenzo Brown, Shane Brown. Claire Denis. Indépendante, auteure, française. Chantal Akerman.

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Claire Denis, tout Claire Denis, les associations d’images, de goût, le sens d’un cinéma d’auteur, d’indépendance et c’est parti, c’est la continuité, en vrac : surtout Ferrara, Abel Ferrara. En même temps qu’elle, peut-être avant même. Avant tous les autres d’ailleurs. Quelle importance.

Le plus grand, très gaiement, et c’est la clique, la famille d’acteurs, et on repart dans tous les sens on s’y perd, ça va vite c’est chic, ça irradie : Harvey Keitel (De Niro forcément, Scorsese), Christopher Walken (Cimino inévitablement), Laurence Fishburne, Victor Argo, Steve Buscemi, Matthew Modine, Béatrice Dalle (tiens, tiens, on y revient), Willem Dafoe (Lynch, Lars van Trier, plus sûrement le double de Ferrara aujourd’hui, après Walken) et surtout, oui surtout, assumé, le pendant de Billy Brown au féminin, Asia Argento (Dario Argento, Nanni Moretti) ! Ferrara et s’il fallait n’en garder qu’un, King of New York.

Une tribu, leur maître à tous, Al Pacino, il faut voir les films !

Claire Denis, Abel Ferrara, Robert Kramer.

Chris Marker.

Michel Subor, Florence Loiret-Caille, Alex Descas, Isaac de Bankolé (Jarmush en passant), Denis Lavant. Leos Carax. Juliette Binoche. Pola X. Guillaume Depardieu. Gérard Depardieu. Les Valseuses. Blier. Dewaere. Hupert. Boy meets girl. Toujours. Drapé dans un Mauvais sang. Juliette Binoche.

Denis, Ferrara, Jarmush : Béatrice Dalle. Night on earth. Jean-Hugues Anglade. Et Patrice Chéreau. Des hommes blessés.

Et encore Dumont. Le radical. Twenty nine Palms et les expériences ultimes. Inland Empire. Binoche. Kristen Stewart

Béatrice Dalle. Chloé Sévigny. Asia Argento. Vincent Gallo.

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 Drôle d’histoire du cinéma…

On n’est pas sérieux quand on n’a plus du tout 19 ans.

Benoît N.

 

Fin août, début septembre : une surprise, deux déceptions

7 Sep

Non, il ne sera pas question ici du film d’Olivier Assayas (même si le réalisateur est insidieusement présent dans cet article… A vous de trouver !). Il est ici question de trois films, trois films de femme par hasard, vus sur La Médiathèque numérique (et toujours disponibles).

Ça a débuté le 23 août. Une envie, en pleine fin d’été, de voir le dernier film de Mia Hansen-Løve, L’avenir. Une envie qui faisait suite à l’inattendue surprise de sa précédente réalisation, Eden. Las ! Toutes les belles promesses, notamment de modestie retrouvée, s’envolent dès les premières images, ou plutôt les premières paroles. Votre mère a beau être philosophe, les gènes de la pensée, très visiblement, ne se transmettent pas, ou mal, ou pas totalement. Voilà donc un film verbeux, pas désagréable par ailleurs si l’on réussit à surmonter l’obstacle de la parole discursive, mais sans grand intérêt. L’avenir peut se passer de Mia Hansen-Løve. 23 août. Déception.

everyone-else Ça se poursuit le 24 août les séances de cinéma à la maison. Pour ne pas rester sur cette frustration, et parce que l’on veut découvrir un film de Maren Ade, dont la dernière réalisation, malgré qu’elle est revenue bredouille de Cannes, Toni Erdmann, a été plébiscitée par la critique. Ce sera donc la projection de Everyone else, sorti en 2010. Le film raconte la déchirure latente et progressive de Chris et Gitty, en vacances en Sardaigne. Avec beaucoup d’humour, énormément de rythme, Ade nous montre comment deux êtres qui s’aiment peuvent, dans le même temps, se haïr : c’est un film fort sur la difficulté de faire couple, de s’entendre, de respecter ses différences et d’avoir un projet de vie en commun. Mais c’est surtout un film sur la communication ou, plutôt, l’impossibilité pour certains individus de se livrer, de se donner, de parler. Un anti-Mia Hansen-Løve qui, ce deuxième soir, réconcilie avec le cinéma.

les-ogres

Oui mais, il y a un troisième soir, le 2 septembre très précisément, et une seconde attente déçue. Oui, il y a Les Ogres. Quoi dire… Évidemment le film est exubérant, « à la Fellini » c’est trop dire, « rabelaisien » c’est ne pas avoir lu Rabelais ! Mais, incontestablement, une grande énergie se dégage de cette troupe de théâtre ambulant, petite société marginale brinquebalante qui ne fait pas l’économie des déboires humains. Oui mais voilà, entre caméra mal placée et très mal portée (pour être au plus près, très certainement, à la façon documentaire, des personnages – qui pour certains le sont à peine, puisque le père et la mère de la réalisatrice Léa Fehner, par exemple, jouent leur propre rôle), mise en scène aléatoire et aux effets répétitifs, dialogues oubliés et mise en situation forcées, on verse trop souvent de l’énergie à l’hystérie, et des angoisses existentielles à la balourdise de comptoir ! Et là c’est le drame : car tout part dans tous les sens et plus rien n’est sous contrôle. Autre gros problème, le rythme : ce film en manque cruellement, qui alterne des scènes vives et pleines de vie à des scènes qui n’en finissent plus de ne rien montrer et ne rien dire… Les 2h30 sont alors longues, très longues… Tout de même, et il faut le noter, dans le dernier tiers du film, il y a deux ou trois scènes magnifiques, avec une tension rare : celle de la dispute entre le père et la mère, celle du repas dans le bar, et celle où Déloyal surprend Microbe avec un autre (très jeune) homme. Et puis il y a Adèle Haenel. Ça suffit presque à sauver le film… et la soirée !

Buffalo'66Récapitulons : il faut voir Everyone else, on peut voir Les ogres pour ses quelques scènes très touchantes et on peut ne pas voir L’avenir (et lui préférer Eden).

Mais le plus simple est encore que vous vous fassiez votre propre avis !

Benoît N.

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En passant

« Et le soleil dardait un rayon monotone »

5 Juil

Sale week-end et très sale début de semaine, vraiment…

Le monde du cinéma est en deuil. Celui de la culture plus largement.

C’est l’histoire ce week end, ce début de semaine qui vient d’en prendre un coup.

Michael Cimino tout d’abord, superstar du cinéma américain des années 1970-1980, réalisateur des cultissimes Voyage au bout de l’enfer, Les portes du paradis ou encore L’Année du dragon : mort samedi 2 juillet, à l’âge de 77 ans.

Et que dire de plus d’Abbas Kiarostami, le créatif intégral, réalisateur du Goût de la cerise notamment, Palme d’or à Cannes, celui qui a fait passer le cinéma iranien dans une autre dimension, celui qui a élevé la poésie des images à son firmament, celui dont la délicatesse n’avait d’égale que son génie et qui restera une source d’inspiration pour de nombreux cinéastes : mort le 4 juillet à 76 ans.

Cimino, Kiarostami, et puis Bonnefoy, Rocard, Wiesel.

Il y a des week end et des débuts de semaine comme ça, où l’histoire s’arrête. Des week end, des débuts de semaine où l’on est simplement tristes, démunis, un peu orphelins il faut bien le dire…

Voilà, il y a des week-end, des débuts de semaine comme ça, où l’on préférerait ne pas écouter les infos, ne pas se réveiller…

Ou alors se réveiller ailleurs, le plus distant possible de ces premiers jours de juillet 2016, et passer ses journées dans un lit par exemple, à voir et revoir des films, leurs films, à lire et relire des poésies, hors du temps et loin de leur mort.

« Et le soleil dardait un rayon monotone ».

Benoît N.

Saviez-vous que Mohamed Ali était « le plus grand » ?

9 Juin

Vendredi 3 juin 2016. Mohamed Ali est mort.

Mohamed Ali, c’est la boxe faite homme, c’est la perfection faite boxe.

Une technique inégalée, un sens de l’improvisation et de l’adaptation inouï qui lui ont permis de remporter les combats les plus épiques et de devenir le maître incontesté des poids lourds pendant près de 15 ans, une vitesse d’exécution et une légèreté dans le déplacement sans communes mesures : tel était Ali le boxeur.

Mohamed Ali 2Mais Mohamed Ali était plus, beaucoup plus qu’un boxeur, en ces temps où l’Amérique et le monde se cherchaient des héros : à aduler, à vilipender ! Ali était une icône : aujourd’hui il entre à jamais dans la légende.

Pour comprendre ce qu’est Mohamed Ali, il faut revoir le fantastique documentaire que William Klein lui a consacré, et que Cin’Eiffel avait projeté le 24 novembre 2011 : Muhammad Ali, the Greatest. De 1964 à 1974, de sa prise de pouvoir chez les lourds au combat du siècle à Kinshasa contre Foreman, Ali n’est pas devenu grand, il est devenu « le plus grand ».

Ali c’était la démesure, la provocation permanente, le génie du bon mot, de la bonne citation : le goût inné du spectacle, de la mise en scène, de sa propre gloire. Et c’était l’engagement, permanent, celui d’un homme presque Dieu dont la voix portait. Il volait comme un papillon, piquait comme une guêpe, mais refusait d’aller combattre au Vietnam car aucun Vietcong ne l’avait jamais traité de nègre. Il s’engageait auprès de Malcom X pour défendre l’égalité des droits entre noirs et blancs car tous les hommes devaient être égaux. Voilà, Ali était un homme au pouvoir considérable, conscient d’être un modèle.

Aucun sportif très certainement n’égalera jamais Mohamed Ali, car son destin s’inscrit dans l’histoire du monde, ses prises de position dans le siècle. De loin le plus grand.

George Foreman, l’un de ses plus coriaces adversaires, le jour même de sa disparition, l’écrira :

« Ralph, Ali, Frazier et moi, nous ne formions qu’une seule et même personne. Une part de moi s’en est allée, la plus grande ».

Mohamed Ali : 1942-2016. The Greatest.

Benoît N.

Festival de Cannes 2016 : le palmarès

23 Mai

Le 69ème Festival de Cannes s’est refermé hier, dimanche 22 mai, sur un palmarès somme toute consensuel.

Guiraudie, Dumont, Almódovar, les Dardenne, Refn, Jarmusch, Park Chan-wook, Nichols, Verhoeven surtout : tous absents du Palmarès. Sans présumer de la qualité de ces films, force est de constater que l’audace et l’originalité n’auront pas été récompensées lors de cette semaine cannoise.

Verhoeven donc. On se fera une idée dès ce mercredi, le 25 mai, puisque c’est la date de sortie nationale du film. Mais tout le monde s’accordait pour juger ce film remarquable : de la mise en scène du réalisateur néerlandais à l’interprétation d’Isabelle Hupert dans cette adaptation audacieuse du livre de Philippe Djian, « Oh… ». Le regret peut-être de ce festival : que Elle reparte sans la moindre récompense.

Ken Loach, Palme d'or du 69ème Festival de Cannes

Ken Loach, Palme d’or du 69ème Festival de Cannes

Mais réjouissons-nous toutefois de la Palme accordée à Ken Loach pour Moi, Daniel Blake (sa seconde après Le Vent se lève en 2006), qui consacre un cinéma politique et engagé, ce que son discours a laissé entendre : pour le cinéaste anglais, « un autre monde est possible » et, dans le marasme politico-économique actuel, de tels discours ne peuvent que redonner un peu de confiance et de force. Surtout entendus dans une enceinte comme celle du Palais des congrès de Cannes…

Saluons également la nouvelle performance de Xavier Dolan, recevant le Grand prix pour Juste la fin du monde après avoir remporté le prix du jury pour Mommy il y a deux ans : qu’il sache attendre, le petit réalisateur québécois qui se bonifie en grandissant, qu’il sache se faire patient, et le jour viendra où, à coup sûr, il brandira la Palme.

De son côté, Olivier Assayas, pour Personnal shopper, partage avec Cristian Mungiu, pour Bacalaureat, le prix de la mise en scène.

Enfin, Le Client d’Asghar Farhadi remporte deux prix : le prix d’interprétation masculine pour Shahab Hosseini et le prix du scénario.

 Le Palmarès

Benoît N.

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