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À chacun son masque… : 3 courts-métrages en VOD

6 Juin

Star de ce printemps, le masque est d’une triste actualité dans nos vies quotidiennes…. Alors autant s’en réjouir, cinématographiquement parlant, avec ces trois courts-métrages visionnables en VOD depuis le site de La Médiathèque, trois variations autour du thème qui ne vous laisseront pas indifférents…

Le plus expérimental

Il s’agit de l’impressionnante animation Masques (2009) de Jérôme Boublès (nouvelle fenêtre), qui donne à voir une cérémonie primitive de mise à mort.

Affiche Masques Boublès

© Lardux Films

Deux masques se font face. Ils flottent en l’air et sont entourés d’un nuage de bâtons. Ils se jaugent, se provoquent. L’un avance, l’autre recule. Ils se rapprochent, s’éloignent, se tournent autour, entre hésitation et défi…

La réalisation du film, mis en musique par Michel Korb, fait appel a une technique de capture des mouvements d’un danseur-chorégraphe, Nicolas Vladyslav (nouvelle fenêtre), et fait du film une recherche sur le mouvement et sa création.

Il fait partie de la trilogie de ce graphiste-illustrateur de formation et réalisateur avec « Eclosions » (2006) et « Le Printemps » (2012), visibles sur son site (nouvelle fenêtre). Son conte poétique, « Le Puits » (nouvelle fenêtre), a par d’ailleurs remporté le Prix du meilleur film d’animation au Festival du Court Métrage de Clermont-Ferrand en 2000.

Le plus pictural

Le masque du diable (1976) du cinéaste-écrivain disciple de Paul Grimault, Jean-François Laguionie (nouvelle fenêtre), jeu de faux-semblants particulièrement réussi, à retrouver dans un programme rassemblant 7 de ses courts-métrages, Les mondes imaginaires de Jean-François Laguionie (nouvelle fenêtre), qui offre une promenade onirique et cinématographique de premier choix.

Le film, composé de peintures animées, met en scène une vieille femme qui un soir, dans la montagne et loin des rumeurs du petit village où le carnaval bat son plein et où chacun se réjouit à l’avance de cacher sa véritable identité, engage une partie de dominos avec le diable…

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(Image extraite de l’affiche du programme de 4 courts-métrages de Jean-François Laguioni, « Bas les masques ! », 2019)

Chez Laguioni, la manifestation diabolique participe nécessairement d’une cabale mystérieuse où Satan lui-même est dépassé par les diableries humaines de la réalité. C’est la force du film et du conte écrit par le réalisateur, sur un mode malicieux et narquois, qui remet au centre la question de l’identité : et si le diable n’était pas celui qu’on croit ?

(Jean-François Laguionie, Pascal Vimenet et Gaël Teicher, Les Animés/Éditions de l’œil, 2016)

Au passage, ne passez surtout pas à côté de son somptueux long-métrage Louise en hiver (2016), également disponible sur la médiathèque numérique (nouvelle fenêtre), qui raconte la vie de Robinsonne d’une vieille dame se retrouvant seule avec son chien dans une petite station balnéaire, sorte de ville fantôme hors du temps perdue entre dunes et océan.

Le plus frenchy

C’est assurément celui de Sophie Letourneur, Le Marin masqué (2011) [nouvelle fenêtre], fantasme incarné par un jeune homme lunetté de noir, prétexte à ce délicieux film primé au Festival Côté Court de Pantin (Grand Prix, Prix de la Presse et Prix de la Jeunesse) qui suit l’échappée de deux trentenaires parisiennes en Bretagne, entre petits problèmes et grandes désillusions.

Le film s’ouvre à la manière d’un road-movie : à l’intérieur d’une voiture, les conversations fusent, chaque fille racontant ses petites histoires de coeur. Dans ce tête-à-tête féminin, les dits et les non-dits se superposent, se contredisent et s’enchaînent. Lorsque ce voyage-confession s’achève, le fameux « marin masqué », souvenir d’un amour de jeunesse, s’incarne dans un individu bien ancré dans le présent. Les deux filles doivent alors composer avec ce troisième personnage un peu limité, qui provoque, le temps d’une nuit, un retour en adolescence…

Le jeu avec le langage cinématographique prend autant de place dans l’histoire (ténue) que le récit des deux copines en virée quelques jours à Quimper pour noyer les peines de coeur de l’une, l’autre perdant au final ses certitudes sur sa vie amoureuse. Au-delà des dialogues, dont la postsynchronisation en studio fait sentir un charmant décalage, se développe une « seconde voix » qui est celle des amies commentant leur week-end après-coup. La réalisatrice parle de « film de fiction de vacances » pour évoquer cette forme originale dans laquelle la voix-souvenir remet parfois en question le déroulement des évènements en constituant une bande-son au conditionnel. Ce duo qui commentent les images depuis la table de montage permet à Sophie Letourneur de plonger au coeur de l’univers des filles d’aujourd’hui : la façon dont les copines se comportent entre elles, comment elles se parlent mais aussi comment elles s’agacent et ce à quoi elles aspirent. Plus qu’un film de filles, ce court métrage croque un moment de vie et pose un regard insouciant, comme un clin d’œil, sur une génération.

Trivial, bourré d’autodérision, régressif (le côté roman-photo) et toujours juste, ce conte d’été en noir et blanc où s’entremêlent légèreté, amitié, petits doutes et grands espoirs, soutenu par cet art impayable du dialogue (répétitif), rappelle la fraîcheur des premiers films de Jean-Luc Godard et de Jean Eustache.

Faites votre cinéma à la Médiathèque !

Le cinéma peut ouvrir les frontières. Voyage n°2 : L’Asie

30 Mai

Après un voyage en Europe (nouvelle fenêtre) au travers de nombreux films, je vous propose de partir en Asie où ses différents pays historiquement riches de leur patrimoine cinématographique offrent des styles de films très variés selon leur origine géographique. Ils sont à la fois très ouverts sur le monde et enracinés dans leurs traditions véhiculant leur culture et relatant leurs légendes.

Un peu d’Histoire

Le cinématographe a trouvé toute sa place, dès son origine, en Asie et plus particulièrement en Inde, en Indonésie ou encore en Chine, pays qui connaissaient déjà « le théâtre d’ombres » depuis des siècles. Dans le vocabulaire chinois, on retrouve d’ailleurs le mot « dianying » qui signifie « ombres électriques » et désigne le mot film. Le premier film projeté dans ce pays l’est à Shanghai, le 11 août 1896. Puis Ren Jingfeng réalise, en 1905, La Montagne Dingjun.

En Inde, le documentaire The Wrestlers (1899) de H. S. Bhatavdekar est considéré comme le tout premier film, suit en 1913 Raja Harishchandra de Dadasaheb Phalke, film muet historique en langue marathi. L’industrie cinématographique devient la plus prolifique du monde. On y trouve des superproductions bollywoodiennes (nouvelle fenêtre), colorées ponctuées de scènes dansées et chantées.

Dans les années 50, le cinéma indien connaît un âge d’or, avec des réalisateurs comme Raj Kapoor, Guru Dutt ou Satyajit Ray (nouvelle fenêtre). À cette période, il en est de même pour le cinéma japonais qui connaît le début d’une reconnaissance internationale, non sans une certaine inquiétude. Akira Kurosawa (nouvelle fenêtre) devient une source inépuisable d’inspiration, pour Sergio Leone (nouvelle fenêtre) par exemple.

En Corée, la production de films apparaît sous l’occupation japonaise et devient immédiatement un outil de résistance d’abord nationaliste puis sous influence communiste. Ainsi sort en 1926, Arirang du cinéaste et acteur Na Un-gyu.

Depuis plusieurs années, ces pays montent en puissance dans l’industrie du cinéma mondial. Je vous propose un tour d’horizon de ce que vous trouverez à La Médiathèque en DVD ou VOD.

Le cinéma d’Asie de l’Est

 

 

Le cinéma d’Asie centrale

 

– 2 films à découvrir ailleurs : Ouzbékistan (nouvelle fenêtre) et Turkménistan (nouvelle fenêtre)

 

Le cinéma d’Asie du Sud

 

Le Cinéma d’Asie du Sud-Est

 

– 2 films à découvrir ailleurs : Birmanie (nouvelle fenêtre), Malaisie (nouvelle fenêtre)

 

Le Cinéma d’Asie du Sud-Ouest

 

– 4 films à découvrir ailleurs : Oman, Irak, Koweït,  Yémen

Où que vous soyez, faites votre cinéma à La Médiathèque !

Les grands films de Cin’Eiffel : Hannah Arendt et la théorie de la banalité du mal

16 Mai

Le 5 mars 2020, nous avons projeté dans le cadre de Cin’Eiffel, le film très attendu de Margarethe Von Trotta : Hannah Arendt (disponible en VOD-nouvelle fenêtre), qui venait clore le cycle « Filmer l’Histoire ». C’est Mathieu Rasoli, professeur de cinéma et auteur d’une conférence sur Hannah Arendt, qui est intervenu pour nous proposer des clés de lecture de cette philosophe importante du XXe siècle.

Retour sur une extraordinaire soirée consacrée à aborder et comprendre le thème de « la banalité du mal ».

En 2013, Margarethe Von Trotta réalise un biopic sur Hannah Arendt (nouvelle fenêtre), célèbre philosophe immigrée aux États-unis, porté par la formidable actrice et chanteuse Barbara Sukowa (nouvelle fenêtre).

La réalisatrice y examine une année de la vie d’une femme et la naissance de sa pensée sur la banalité du mal, lors du procès d’Eichmann, qui a lieu à Jérusalem en 1961.

Synopsis : Hannah Arendt (1906-1975), philosophe juive allemande, élève de Heidegger, politologue et journaliste est envoyée à Jérusalem pour couvrir le procès Eichmann (nouvelle fenêtre), responsable de la déportation de milliers de Juifs à Auschwitz. Elle développe la théorie de la «banalité du mal» : Eichmann, comme grand nombre de nazis, n’est pas un monstre sanguinaire, mais un homme insignifiant incapable de penser par lui-même, un bureaucrate qui se borne à obéir aux ordres. Elle soutient aussi que certains chefs juifs étaient complices des nazis, alors qu’ils auraient pu protéger leur communauté. Ces déclarations provoquent un tollé général et les amis juifs de la professeure lui tournent définitivement le dos, l’accusant d’antisémitisme. Elle les maintiendra toutefois sans en modifier une ligne.

Mathieu Rasoli annonce, dès le début de son intervention, qu’il parlera davantage du contenu du film que de sa forme esthétique, même s’il évoque immédiatement quelques symboles qui renforcent constamment dans le film, les propos et la pensée d’Hannah Arendt : l’importance des divans, des cigarettes, de la machine à écrire… Il s’appuiera sur les textes d’Hannah Arendt : Eichmann à Jérusalem (nouvelle fenêtre) notamment.

Que nous dit-il ?

Hannah Arendt s’attendait à rencontrer un homme cynique et cruel. Finalement, elle est confrontée à un individu d’une grande banalité, un bureaucrate ordinaire sans jugement, d’une effroyable normalité.

« Il est plus facile d’être victime d’un diable à forme humaine que d’être la victime d’un principe métaphysique voire d’un quelconque clown qui n’est ni un fou ni un homme particulièrement mauvais« . Le «cas Eichmann et les Allemands», in Politique et Pensée  de Hannah Arendt.

«Ils étaient faits de la même étoffe que nous, c’étaient des êtres-humains moyens, moyennement intelligents, d’une méchanceté moyenne : sauf exception, ce n’étaient pas des monstres, ils avaient notre visage». Si c’est un homme de Primo Levi (nouvelle fenêtre)

Il examine, après avoir répondu à quelques questions des participants, l’oubli d’appartenance à la communauté des hommes :

Pour Hannah Arendt, l’inhumanité de l’humain est rendue possible par la dépolitisation de l’homme par le système totalitaire. Le concept de la banalité du mal est donc rattaché au XXème siècle : en dépolitisant l’homme, c’est-à-dire en détruisant en lui ce qui le rattache à une communauté, le régime efface en lui toute moralité. Surtout, il crée une telle distance entre les victimes et leurs bourreaux qu’il ne semble pas à ces derniers appartenir à la même espèce. C’est tout le fondement de la théorie de la banalité du mal : si Eichmann est un bureaucrate banal et non un monstre sanguinaire, c’est qu’il représente un échantillon parfait de la population globale, comme tous les acteurs de l’organisation administrative de l’extermination des Juifs.

«De quelque manière qu’on veuille tracer les limites de la participation active, la machine de destruction constituait un remarquable échantillon de la population allemande. Toutes les professions, toutes les spécialisations, tous les statuts sociaux y étaient représentés» La destruction des Juifs d’Europe (nouvelle fenêtre)  de R. Hilberg (nouvelle fenêtre)

« Dès lors, le mal n’est plus une transgression de la loi mais un oubli fondamental d’appartenance à une communauté ». Responsabilité et Jugement de Hannah Arendt.

« Son regard ne fut pas celui d’un homme à un autre homme ; et si je pouvais expliquer à fond la nature de ce regard, échangé comme à travers la vitre d’un aquarium entre deux êtres appartenant à deux mondes différents, j’aurais expliqué du même coup l’essence de la grande folie du troisième Reich». Si c’est un homme de Primo Levi (nouvelle fenêtre).

Enfin, Mathieu Rasoli évoque « la soumission absolue à la loi »

Pour leur défense, les criminels de guerre comme Eichmann disent qu’ils ne pensent pas : ils obéissent à des ordres, donc ne s’interrogent pas sur l’utilité ou la moralité de leurs actes. Le langage de l’administration contribue à priver Eichmann de la conscience de ses actes : il « s’occupe » de la solution finale du problème juif, et non de l’extermination ; il « compte les pièces », et non les cadavres. Il ne fait qu’accomplir « un vulgaire travail de bureau ». Comme lui, déshumanisés et étrangers à la communauté, les criminels de guerre affirment n’avoir eu nullement conscience de faire le mal. Au contraire, ils obéissaient à des ordres supérieurs, donc à la loi.

C’est la plaidoirie de Eichmann, qui cite à ce propos le philosophe Emmanuel Kant (1724-1804), mais en déformant ses propos. Le «Agis uniquement d’après la maxime qui fait que tu peux aussi vouloir qu’elle devienne une loi universelle» (Fondements de la métaphysique des mœurs, 1785) du philosophe allemand devient chez le criminel de guerre : « Agis de telle manière que le Führer, s’il avait connaissance de tes actes, les approuverait ». Cette soumission totale à la loi (sous le IIIe Reich, Loi=Führer) complique le jugement sur ses crimes, puisque d’après lui, il ne l’a pas transgressée. On voit bien le danger de l’obéissance aveugle à la loi : elle dispense de penser par soi-même.

Mathieu Rasoli conclut sur l’importance que le film de Margarete Von Trotta a eu sur la diffusion de la pensée d’Hannah Arendt auprès d’un large public et arrive à nous convaincre d’aborder les textes mêmes d’une philosophe accessible dont on n’a pas encore fait le tour !

Faites votre cinéma à La Médiathèque!

L’aventure en vaut la peine (Aristote). Voyage n°1 : l’Europe

18 Avr

Ce que j’aime dans la musique et le cinéma, c’est qu’ils permettent de voyager (temps/lieu), tout en restant où l’on est.

« Une destination n’est jamais un lieu, mais une nouvelle façon de voir les choses »(1). Avec les films on se transporte dans une histoire avec son décor, ses paysages, on s’identifie à des personnages et d’un coup  « voyager c’est vivre »(2). On part à la découverte de nouvelles réalités. On découvre de nouvelles cultures. Je vous propose d’ouvrir « une espèce de porte par où l’on sortirait de la réalité comme pour pénétrer dans une réalité inexplorée qui semble un rêve »(3), qu’on appellerait le cinéma.

Escale en Europe avec des films en VOD disponibles à La Médiathèque.

 En Allemagne (nouvelle fenêtre)

 

En Autriche (nouvelle fenêtre) 

En Belgique (nouvelle fenêtre)

En Bulgarie (nouvelle fenêtre)

Au Danemark (nouvelle fenêtre)

 

En Espagne (nouvelle fenêtre)

En Finlande (nouvelle fenêtre)

En France (nouvelle fenêtre)

En Grèce (nouvelle fenêtre)

En Hongrie (nouvelle fenêtre)

 

En Islande (nouvelle fenêtre)

En Italie (nouvelle fenêtre)

En Pologne (nouvelle fenêtre)

Au Portugal (nouvelle fenêtre)

En Roumanie (nouvelle fenêtre)

Au Royaume-Uni (nouvelle fenêtre)

En Serbie (nouvelle fenêtre)

En Slovaquie (nouvelle fenêtre) et en République Tchèque (nouvelle fenêtre)

En Suède (nouvelle fenêtre)

En Suisse (nouvelle fenêtre)

Où que vous soyez, faites votre cinéma à La Médiathèque !

  1. Henry Miller (un entretien avec l’écrivain à écouter en ligne sur le site de La Médiathèque – nouvelle fenêtre)
  2. Hans Christian Andersen (contes à lire en ligne sur el site de La Médiathèque – nouvelle fenêtre)
  3. Guy de Maupassant (livres à lire en ligne sur el site de La Médiathèque  – nouvelle fenêtre)

Notre top 3 des films les plus vus en V.O.D …

4 Avr

À court d’idée pour passer le temps en cette période de confinement ? Allez faire un tour sur notre service Médiathèque Numérique (nouvelle fenêtre) accessible sur PC, MAC, tablette et smartphone. Une offre composée de plus de 3 200 programmes variés (cinéma français et international en courts ou longs métrages, documentaires, magazines et spectacles) s’adressant aux passionnés comme à ceux en recherche de divertissement, sans oublier les enfants avec un choix de grande qualité (cinéma d’animation, classique…).

Voici les trois films les plus vus cette semaine, ils font tous partie de la sélection officielle des Césars 2020 (nouvelle fenêtre).

1- Chambre 212 (nouvelle fenêtre) de Christophe Honoré (2019)

avec Chiara Mastroianni, Benjamin Biolay.

 

2- Hors Normes (nouvelle fenêtre) de Eric Toledano et Olivier Nakache (2019)

avec Vincent Cassel, Reda Kateb

3- Portrait de la jeune fille en feu (nouvelle fenêtre) de Céline Sciamma (2019)

avec Noémie Merlant, Adèle Haenel.

Faites votre cinéma à La Médiathèque, avec la VOD !!

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