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Pleins feux sur : Alain Delon

14 Déc

Rien ne prédestinait Alain Delon (nouvelle fenêtre) à faire carrière dans le septième art et pourtant il est l’une des plus fortes personnalités du cinéma français. Fin des années 50, après avoir décliné un contrat à Hollywood et tourné quelques films (Quand la femme s’en mêle (1957), Christine (1958)…) dans lesquels son physique de jeune premier éclate à l’écran, il est repéré par Luchino Visconti (nouvelle fenêtre). C’est le coup de foudre réciproque mais de nature différente. Le réalisateur lui offre un de ses plus grands rôles dans Rocco et ses frères (1960). L’acteur à la beauté insolente illumine cette poignante tragédie de mœurs, dont le lyrisme touchant en a fait un authentique film populaire. La rencontre entre le mentor et son apollon profite aux deux. Visconti reprend le meilleur du néoréalisme et de la Nouvelle Vague pour dresser un portrait de l’Italie d’après-guerre mêlant la réflexion politique et l’émotion la plus déchirante. Delon, lui,  montre toute la palette de son jeu, du jeune homme fragile à l’homme déterminé ; une dualité que l’on retrouve ensuite dans beaucoup de ses personnages, à la fois voyou et séducteur.

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Cin’Eiffel présente jeudi 14 décembre 2017 à 19h30, Rocco et ses frères, sorte de tragédie grecque, inspirée des Frères Karamazov de Dostoïevski (nouvelle fenêtre) à l’occasion du film sélectionné par les spectateurs et les lecteurs de La Médiathèque !

Faites votre cinéma à la Médiathèque !

 

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Jacques Prévert aurait 117 ans… Et pas une ride !

7 Déc

40 ans, que Jacques Prévert (1900-1977) est décédé !

2017  l’occasion rêvée, donc, de le célébrer à travers toutes sortes de commémorations, de spectacles, de rééditions en France (nouvelle fenêtre) et à l’étranger… On le savait poète et parolier (Paroles, Fatras), conteur (contes pour enfants pas sages – nouvelle fenêtre), L’opéra de la lune), peut-être moins connu, plasticien et auteur de magnifiques collages Mais les plus jeunes d’entre nous ont peut-être oublié le rôle capital qu’il a joué dans le cinéma français des années 30 à 60.

Un immense scénariste et une direction d’acteurs hors pair

Mêlant travail scénaristique et direction d’acteurs, il écrit des rôles sur mesure, magnifiques et poétiques, aux plus talentueux acteurs de l’époque : Arletty (son alter ego féminin), Pierre Brasseur, Jean Gabin, Yves Montand… Il leur fait dire des mots simples, « des mots de tous les jours » comme le dit Garance (Arletty dans les enfants du paradis) mais associés avec fantaisie et humour afin de donner à chaque personnage une épaisseur et une énergie propre.

Sur un plateau, conscient de la confiance que lui portent aussi bien les réalisateurs que les acteurs, il est bien plus qu’un scénariste : pendant le tournage des enfants du paradis, il temporise avec Marcel Carné, réalisateur extrêmement exigeant, qui malmène Maria Casarès (novice au cinéma, alors), jusqu’à la faire pleurer.

Auteur engagé, sa collaboration avec Jean Renoir, Marcel Carné, Christian-Jacque sera toujours récompensée par un succès durable.

L’amitié, un art de vivre !

Parce que ces acteurs, il les connait bien, confident et ami ! Il place l’amitié au centre de sa vie. Pendant la guerre, il cache Joseph Kosma et Alexandre Trauner, respectivement musicien et décorateur, recherchés qu’ils sont juifs.

À partir de la fin des années 1950, installé cité Véron (derrière le Moulin rouge), il prend l’habitude de recevoir ses amis chaque jour ; il réalise une belle éphéméride : une fleur dessinée au feutre et colorée aux côtés de laquelle il notait les noms des invités. La liste donne le vertige….

On y retrouve les intimes : Arletty (nouvelle fenêtre) , Maurice Baquet, Pierre Brasseur, Robert Doisneau, Marcel Duhamel, Jean Gabin (nouvelle fenêtre), Paul Grimault, Joan Mirò, Aimé Maeght, Edith Piaf, Marcel Mouloudji, Pablo Picasso, Pierre Prévert, Simone Signoret, Alexandre Trauner et Boris Vian.

Le cinéma de toute une époque défile sous nos yeux, disparue à jamais et indémodable.

Je vous propose une sélection de mes films préférés, disponibles à La Médiathèque :

Le crime de Monsieur Lange de Jean Renoir

Lumière d’été de Jean Grémillon

Une femme dans la nuit d’Edmond Gréville

Le roi et l’oiseau de Paul Grimault

et puis bien sûr les films de Marcel Carné : Quai des brumes, Les portes de la nuit, Les enfants du paradis programmé par Cin’Eiffel en 2017.

Hommage !

Akira Kurosawa, maître du cinéma japonais

29 Nov

L’humanisme dAkira Kurosawa (nouvelle fenêtre) a fait du réalisateur l’un des plus grands maîtres du cinéma japonais. Arrivé au cinéma par hasard, il n’a jamais caché son aversion envers le milieu et accuse volontiers les acteurs de trop forcer leur jeu. Dans tous ses films, sa création se partage entre la critique de l’esprit samouraï et la révolte contre l’injustice sociale. Toutefois, il ne se considérait pas comme un cinéaste engagé. Avec plus d’une quarantaine de réalisations, le cinéma de Kurosawa donne à voir des films réalistes en passant du film noir aux grandes épopées du Japon médiéval. À partir de 1948, il va de chef-d’œuvre en chef d’œuvre. Mais en 1970, l’échec commercial de Dodes’kaden plonge le cinéaste dans une profonde dépression. En 1975, c’est le splendide Dersou Ouzala, joyau sibérien tourné dans d’admirables paysages de steppes et de forêt, retraçant l’histoire d’amitié entre un jeune explorateur russe et un vieux trappeur qui lui permit de revenir au sommet de son art. À 83 ans, Kurosawa sortait son dernier film, un des plus originaux en forme de testament philosophique Madadayo, portrait d’un vieux maître au crépuscule de sa vie.

Cin’Eiffel présente jeudi 30 novembre 2017 à 19h30, Dersou Ouzala, fine adaptation du récit de l’explorateur russe Vladimir Arseniev (nouvelle fenêtre) et Oscar 1976 du meilleur film étranger. La projection sera suivie d’une discussion animée par Christophe Champclaux, historien du cinéma, auteur et réalisateur, spécialiste de cinéma japonais.

Faites votre cinéma à la Médiathèque !

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Il était une fois … Vol au dessus d’un nid de coucou …

17 Nov

Tout le monde a vu ou connait le célèbre film, Vol au-dessus d’un nid de coucou (nouvelle fenêtre) de Milos Forman (1975) avec Jack Nicholson (nouvelle fenêtre) et Louise Fletcher, mais saviez-vous que ce film n’aurait jamais vu le jour sans Kirk Douglas …

En effet, Kirk Douglas, l’acteur de Spartacus (nouvelle fenêtre), une des plus grandes stars du cinéma américain des années 50/60, eut un véritable coup de cœur pour cette histoire. Il acquit les droits de livre de Ken Keseyen (nouvelle fenêtre), avant même sa publication en 1962, pour interpréter à Broadway le personnage principal : Mc Murphy. Au fil des représentations l’idée d’adapter la pièce en film devint pour lui une nécessité.

Mais cependant, malgré son statut de star, tous les studios de cinéma de l’époque rejettent son projet. Ce sera finalement son fils Michael Douglas qui, quelques années plus tard, prendra le relais en proposant l’adaptation au réalisateur Milos Forman : il l’acceptera avec enthousiasme.

Michael Douglas va mettre cinq années pour réaliser le rêve de son père …

Le film est tourné de janvier à mars 1975, dans un hôpital psychiatrique de Salem, en Oregon. Une des particularités du film demeure le fait que certains personnages secondaires étaient en réalité d’authentiques patients de l’hôpital.

Initialement, le rôle principal devait être joué par Michael Douglas lui-même, mais Milos Forman finit par choisir Jack Nicholson qui interprète de manière magistrale le personnage de Randall Patrick Mc Murphy.

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Vol au-dessus d’un nid de coucou est l’un des rares films à avoir obtenu 5 Oscars : en 1976, il remporte ceux du Meilleur film, Meilleur réalisateur, Meilleur acteur, Meilleure actrice, Meilleur scénario. Il fait partie des films incontournables qui ont marqué l’histoire du cinéma américain.

Pour ceux qui veulent en savoir plus sur les secrets du tournage, La Médiathèque de Levallois vous propose de découvrir sur La Médiathèque en ligne un documentaire de Edler Auberi, regorgeant d’anecdotes passionnantes : Il était une fois Vol au-dessus d’un nid de coucou (nouvelle fenêtre).

Vous pouvez également voir ou revoir Vol au-dessus d’un nid de coucou (nouvelle fenêtre) en empruntant le DVD à l’Espace Image et Son de la médiathèque Albert Camus.

Synopsis :

Randall Patrick Mc Murphy, prisonnier de droit commun, échappe aux travaux forcés en simulant la folie. Il se retrouve dans un hôpital psychiatrique et va mener une rébellion face à la dureté d’une infirmière, madame Ratched.

Réplique culte :

  • « C’est l’heure des médicaments, des médicaments ! »

Petite anecdote :

Avant le tournage, Jack Nicholson venait de subir une opération esthétique d’implants capillaires et c’est pour cette raison qu’il porte son fameux bonnet tout au long du film, afin de protéger sa tête !

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Les jumeaux, ces êtres fascinants

26 Oct

Tout le monde a en tête la chanson des jumelles interprétée par Catherine Deneuve et Françoise Dorléac dans Les Demoiselles de Rochefort de Jacques Demy :

Nous sommes deux sœurs jumelles
Nées sous le signe des gémeaux
Mi fa sol la mi ré, ré mi fa sol sol sol ré do
Toutes deux demoiselles
Ayant eu des amants très tôt
Mi fa sol la mi ré, ré mi fa sol sol sol ré do…

Vous l’aurez donc sans doute deviné, à l’occasion de la sortie en DVD du dernier film de François Ozon le 26 septembre, L’amant double, nous parlerons des jumeaux dans ce billet.

Hélène délivrée par Castor et Pollux, @Jean-Bruno Gassies (1786-1832)

Depuis la nuit des temps, les jumeaux fascinent. La gémellité est troublante, complexe, et engendre des comportements spécifiques.

Tout commence évidemment avec Castor et Pollux,(nouvelle fenêtre) qui sont dans la mythologie grecque les fils jumeaux de Zeus et Léda.  Surnommés les Dioscures (enfants nés de Zeus), ce sont des frères inséparables, et ils resteront côte à côte tout au long de leur vie et de leurs aventures.

La louve du Capitole, @artiste inconnu

Nous pouvons évoquer également les jumeaux célèbres Remus et Romulus (nouvelle fenêtre), fils de la vestale Rhéa Silva et Mars, le dieu de la guerre. La légende racontent qu’ils furent sauvés de la noyade par une louve et élevés par un berger. Ensemble, Remus et Romulus décidèrent de fonder une ville (Rome), à l’endroit même où ils avaient été abandonnés.

Les jumeaux et les jumelles sont des êtres à la fois différents et identiques. Fusionnels et unis par une intimité affective profonde, ils ressentent parfois les mêmes choses au même moment, même lorsqu’ils ne sont physiquement pas au même endroit. Mais cela se gâtent lorsqu’ils sont dans une relation dominant-dominé. Dans ce cas, cela devient insupportable et cela aboutit à un conflit. Le psychologue Réné Zazzo explique ces composantes de la personnalité des jumeaux par le micromilieu qu’ils forment ensemble : leur vie en couple les isole du reste de la famille.

Et au cinéma, ça donne quoi ? Le montage, les effets spéciaux, permettent bien des fantaisies. Vrais jumeaux, deux comédiens différents ou le même se dédoublant ? Tout est possible.

image extraite du film

Faux-semblants de David Cronenberg (1988)

Beverly et Elliot Mantle, deux gynécologues réputés, sont des « vrais » jumeaux et partagent tout : leur appartement, leur clinique et les femmes. Lorsque Claire consulte Beverly, celui-ci tombe amoureux d’elle et refuse de la « partager ». C’est le début d’une descente vers la folie…


L’affiche originale qui contient le sous-titre : « Two bodies. Two spirits. One soul » (Deux corps, Deux esprits, Une âme) précise la relation qui existe entre Beverly et Elliot Mantle. Ils ne font qu’un. Pourtant même si leur physique est identique, leurs esprits divergent. Berverly est d’une timidité maladive alors que son frère Elliot est un séducteur à la limite de l’arrogance. L’irruption de Claire dans leur vie va faire éclore, mettre à jour leurs différences. En effet, pour la première fois, les frères vont penser, agir, sentir autrement et montrer leur incapacité à gérer la séparation.

David Croneneberg reprend l’un de ses thèmes de prédilection, l’obsession de la chair, des viscères et signe une œuvre singulière.

Lors d’une interview au journal l’Express en 2000, David Croneneberg disait :

A défaut d’une analyse freudienne, je peux vous livrer une conviction philosophique : la première preuve de l’existence de l’homme, c’est son corps. Nous sommes des corps. Quand le corps meurt, nous mourons. Ce qui ne veut pas dire que nous manquons de spiritualité, au contraire. Mais celle-ci est également liée au corps et au fait que nous sommes mortels. Mes films parlent de la vie et la mort. En filmant le corps, j’explore la nature de l’existence humaine, à l’opposé de la plupart des représentations actuelles, où l’homme est désincarné. Depuis toujours, je suis fasciné par le corps, ses fonctions et la manière dont il gouverne l’espace, comme le design des meubles par exemple…

L’acteur Jeremy Irons qui joue les jumeaux, lui permet d’explorer différentes facette de son propre jeu.
Le DVD de Faux-semblants est disponible à La Médiathèque (nouvelle fenêtre).

image extraite du film

Sœurs de sang de Brian de Palma (1973)

Un soir, Danielle Breton ramène un homme chez elle. Au matin, l’homme est poignardé alors qu’une journaliste, Grace Collier, assiste au meurtre de sa fenêtre. Grace prévient la police mais aucun cadavre n’est découvert. Convaincue de ce qu’elle a vu, elle décide de mener l’enquête en ignorant que Danielle Breton a en réalité une sœur jumelle, Dominique…

Le jeudi 10 mars 2016, le film Sœurs de sang était projeté dans le cadre du cycle « A couper au couteau » (nouvelle fenêtre) et le philosophe Ugo Batini était venu nous parler de ce film.

Brian de Palma nous offre avec ce film tout ce qui fera sa renommée. Le voyeurisme – meurtre vu de la fenêtre de l’immeuble d’en face par la journaliste (référence évidente à Alfred Hitchkock) -, l’utilisation du split-screen (nouvelle fenêtre) qui joue sur le doute du spectateur et ainsi brouille les pistes, le dédoublement de personnalité avec Margot Kidder (Superman, Amytiville) habitée – le réalisateur s’étant inspiré d’un fait-divers sur deux sœurs siamoises, liées à la naissance par la hanche et séparées ensuite par une opération.

Et pour vous faire un aperçu de la carrière de Brian de Palma, un petit condensé de sa vie, son œuvre en 6 minutes écrit et réalisé par Luc Lagier pour Blow up d’Arte.

Le DVD  de Soeurs de sang est disponible à La Médiathèque (nouvelle fenêtre).

Pour finir, petit rappel en images des films qui représentent des jumeaux au cinéma.

 

 

 

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