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Adaptations des romans de Zola au cinéma 2/2

9 Jan

Au moment où débute l’affaire Dreyfus en 1894 (voir notre article Zola et l’Affaire Dreyfus au cinéma 1/2,), Zola est un écrivain populaire et internationalement reconnu, même si une partie des élites politiques et religieuses lui est hostile (il n’a jamais pu entrer à L’Académie française…). Il est également journaliste, critique d’art, photographe. Il a fini d’écrire son œuvre majeure Les Rougon-Macquart (nouvelle fenêtre) (1871-1893), qu’il a conçue comme La comédie humaine de Balzac dont il était un grand admirateur.

Il a « inventé » le naturalisme littéraire (nouvelle fenêtre) qui s’emploie à décrire la réalité telle qu’elle est et non telle qu’elle devrait être…

« Par sa description qui se voulait objective de la réalité sociale, le naturalisme a contribué à la prise de conscience des inégalités sociales, à la naissance des droits de l’homme, à l’émergence du droit d’expression. L’art est devenu accessible à tous, une esthétique nouvelle étant créée, la littérature ou la peinture traitant de sujets quotidiens ». CRDP

C’est sans doute pour ces raisons que les réalisateurs de tous les pays ont été tenté par des adaptations plus ou moins fidèles de ces typologies de personnages si réels, si humains !

Quelques « Germinal »

1903 :  La Grève Ferdinand Zecca

1911 : Au pays des ténèbres (La mine) Victorin Jasset

1913 : Germinal d’Albert Cappellini

1963 : Germinal d’Yves Allégret

1993 : Germinal de Claude Berri (nouvelle fenêtre)

 

Des « La bête humaine »

1917 : Tchelovek zver Cheslow Sabinsky

1920 : Die bestie im menschen Ludwig Wolff

1938 : La bête humaine de Jean Renoir (nouvelle fenêtre)

1953 : Désirs humains de Fritz Lang

 

                                 Différentes adaptations de « Thérèse Raquin »

1915 : Thérèse Raquin Nino Martoglio

1928 :  Thérèse Raquin Jacques Feyder

1953 :  Thérèse Raquin Marcel Carné (nouvelle fenêtre) avec Simone Signoret…

2009 : Thirst, ceci est mon sang Park Chan-wook

2013 : En secret Charlie Stratton

 

Petite sélection d’autres adaptations célèbres ou inattendues…

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Zola et l’Affaire Dreyfus au cinéma 1/2

31 Déc

Adaptations des romans de Zola au cinéma 2/2

La sortie en salle de J’accuse de Roman Polanski et le succès que rencontre le film, rappelle qu’il existe d’autres films sur « l’Affaire », qui a toujours été un vrai sujet de cinéma, représentation indiscutable de l’injustice pour les réalisateurs dès 1899.

Quelques mots sur L’Affaire Dreyfus 

En 1894, une affaire d’État fait la une de tous les quotidiens : le capitaine français Alfred Dreyfus livrerait des secrets militaires à un attaché allemand à Paris, le major Schwartzkoppen. L’officier clame son innocence, il faudra le courage et la force de conviction du Colonel Picquart et de l’écrivain Émile Zola (nouvelle fenêtre) (voir son fameux « J’accuse » ) pour finir par innocenter Dreyfus. L’enquête révèle l’antisémitisme latent mais profond d’une partie de la société et l’ampleur insoupçonnée du complot dont a été victime ce gradé, issu d’une famille juive alsacienne.

Cela reste une des affaires les plus retentissantes de l’Histoire, peut-être parce qu’elle secoue les fondements même de cette jeune 3ème République et de ses institutions, sans doute parce que l’opinion publique va prendre position pour ou contre Dreyfus et révéler des oppositions puissantes au sein de la société française.

Les films  

1- Dès 1899 Georges Méliès réalise son Affaire Dreyfus.

2- 1899 : ArrestationAveux du colonel Henry (1899) – Studio Pathé.

3- 1930 :  Dreyfus (Der fall Dreyfus) de Richard Oswald, film autrichien réalisé en 1930 en réaction à la montée du nazisme.

Dreyfus de Oswald 1930

Dreyfus de Oswald 1930

3- 1937 : La Vie d’Émile Zola (The Life of Emile Zola), de William Dieterle

4- 1957 : L’Affaire Dreyfus (I accuse!) de José Ferrer

Dreyfus de José Ferrer

Dreyfus de José Ferrer

5- 1978 : Émile Zola ou la Conscience humaine de Stellio Lorenzi

6- 1991 : Prisoner of Honor (Une affaire d’honneur) de Ken Russell

7- 1994 : L’Affaire Dreyfus, de Yves Boisset

Pour aller plus loin….

 

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Dr Jack et Mr Nicholson

21 Déc

Jack Nicholson (nouvelle fenêtre), star absolue côté pile, jouisseur démoniaque, côté face ! ARTE nous dévoile son nouveau documentaire Dr Jack & Mr Nicholson, un éclairage aussi foisonnant qu’émouvant sur l’homme mystèrieux, qui se cache derrière le sourire carnassier le plus célèbre d’Hollywood ; 52 minutes de pure régal pour tous les fans comme moi, de ce formidable acteur, producteur, scénariste.

De son vrai nom : John Joseph Nicholson est devenu une légende vivante du cinéma américain. Ses rôles de cinglé ou de psychopathe ont marqué différents films tels que Shining (nouvelle fenêtre) ou Vol au-dessus d’un nid de coucou (nouvelle fenêtre). Jack Nicholson inspire la terreur avec son jeu de sourcils, ses yeux exorbitants illuminés par la folie et son sourire inquiétant …

Dr Jack et Mr Nicholson (nouvelle fenêtre)

Après cinquante ans de carrière, plus de soixante films et trois Oscars, l’acteur, aujourd’hui octogénaire, « l’énigme Jack » est au centre de ce documentaire en forme de jeu de piste. Emmanuelle Nobécourt réalise une analyse convaincante et émouvante. Un homme tourmenté, un homme en colère et hanté par l’échec se dévoile au fur et à mesure.

 

Pour voir ou revoir les films avec Jack Nicholson, les D.V.D (nouvelle fenêtre) vous attendent à la Médiathèque de Levallois …

Je ne résiste pas !.. Je finis mon article par une de mes scènes préférées du film Shining, adapté du livre de Stephen King, réalisé par Stanley Kubrick en 1980 …

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Le mur de Berlin

14 Déc

Construit le 13 août 1961 en pleine guerre froide, le mur de Berlin est un symbole de la séparation entre deux camps. Détruit le 9 novembre 1989, il reste dans les mémoires comme l’opposition entre deux mondes, entre deux modes de vie. Les cinéastes ont repris cette thématique et nous offrent des films traitant d’aspects différents, pour que notre esprit prennent pleinement conscience de la complexité du sujet.

Résumé : La mère d’Alex est dans le coma quand le mur de Berlin chute en 1889. Habituée à la vie austère et normalisée de la RDA, son fils craint qu’elle ne fasse un infarctus à son réveil en voyant les produits occidentaux qui ont envahis la ville au début des années 90. Il tente donc de recréer, dans leur petit appartement, la vie que sa mère a connu avant 1889.

César du meilleur film de l’union européenne en 2004.

L’avis de A voir à lire : « Le long métrage parvient à trouver la note juste entre l’émotion et la satire : ainsi, jamais l’amour filial à l’origine d’un mensonge soigneusement organisé, ne se dégrade en mélodramatique manifestation de tendresse. Pas plus qu’Alex ne s’épanche de manière outrancière, sa mère ne laissera l’émotion briser le cercle vertueux des affections tacites, comme le prouve le sourire entendu et bienveillant qu’elle adresse à son fils, à la fin du film, lorsque le mensonge n’est plus qu’un secret de polichinelle. »

L’avis de Critikat : « […] l’œuvre de Wolfgang Becker n’en reste pas moins un délicat témoignage, une réflexion pas totalement idiote de ce que pourrait être le social politique. Avec une certaine humilité, le réalisateur détourne l’événement avec une audacieuse ironie, allant même jusqu’à justifier la présence de réfugiés ouest-allemands venus, vraisemblablement, se protéger du capitalisme sauvage. Même s’il est aisé d’imaginer que le film s’opposera à des discours réfractaires, le film n’a pas vraiment l’ambition de faire son affaire de la politique, ni de regretter le communisme tel qu’il était appliqué au sein du bloc de l’Est. La mère n’en est pas moins présentée comme une ignorante de la tyrannie des pouvoirs politiques qu’elle célèbre. Le propos s’élève au-delà de tout ce formalisme, et pose une réflexion subtile sur une idée du paradis perdu. »

Résumé : A Berlin-est dans les années 80, un officier de la Stasi, Gerd Wiesler, est chargé d’espionner un dramaturge et sa compagne. Sur écoute, le couple est soupçonné d’être contre le régime. S’immisçant dans leur intimité et leur quotidien, Gerd Wiesler ne dit pas toute la vérité dans les rapports qu’il rend à ses supérieurs.

Oscar du meilleur film international en 2007.

Critique du Monde : « Thriller ou film d’espionnage ? La Vie des autres peut être goûté en fonction de critères esthétiques. On s’y divertira d’un suspense, d’une atmosphère, entretenus l’un et l’autre par une mise en scène solide et un travail de documentation manifeste. L’auteur, nous dit-on, a passé quatre années à consulter archives et experts. Mais il s’agit aussi d’un film politique, de ceux qui revisitent l’histoire de leur pays sans tabous et témoignent de l’état adulte d’une société […] » (la suite sur https://www.lemonde.fr/cinema/article/2007/01/30/la-vie-des-autres-au-temps-de-la-rda-et-du-soupcon_861418_3476.html)

Résumé : Dans les années 1980 à Berlin-est, Barbara est soupçonnée de vouloir passer à l’Ouest. Chirurgien-pédiatre, elle est envoyée dans une clinique isolée dans une ville de la Baltique.

Ours d’argent au Festival de Berlin en 2012, ce film émeut par son contexte et la beauté de ses plans. Le réalisateur s’inspire de son histoire, ses parents ayant fui la RDA pour la RFA dans les années 50. Créant une intrigue et une atmosphère intenses et prenantes, la dualité de l’Allemagne séparée est également représentée par le déchirement de Barbara, entre l’envie de partir et celle de tenir ses engagements médicaux.

Selon Le Monde : « Il est d’autant plus intéressant de comparer le film avec les deux plus grands succès contemporains connus par le cinéma allemand dans son évocation de la RDA : Good Bye Lenin ! (2003), de Wolfgang Becker, et La Vie des autres (2006), de Florian Henckel von Donnersmarck. Entre la satire enjouée et nostalgique du premier et le drame paranoïde finement ciselé du second, ce que parvient à toucher Barbara est d’une autre nature, peut-être plus juste et plus profonde. Quelque chose qui montrerait l’horreur dans sa trivialité. »

Selon Libération : « On a rarement vu fiction totalitaire présenter une plastique si radieuse. Ouvert à tous les chatoiements et les lumières de la campagne environnante, le film est d’une beauté aussi époustouflante qu’il est glaçant (…). Ici, dans chaque bruissement, chaque interférence au souffle impassible du vent, dans chaque silence même, sembler gronder un danger, et l’orfèvrerie du travail sonore drape le film du climat de paranoïa coupante de l’époque. »

Résumé : Damiel et Cassiel sont deux anges qui tentent d’écarter les idées noires des hommes en lisant leurs pensées. Connaissant tous leurs secrets et leur vie intime, l’un des anges tombe amoureux. Sur terre l’acteur Peter Falk (qui joue son propre rôle),  erre dans le Berlin d’avant la chute du mur, sur les traces de sa grand-mère juive décédée.

Parmi les nombreuses récompenses reçues, on peut citer le Prix de la mise en scène au Festival de Cannes de 1987 et le prix du meilleur réalisateur au Prix du cinéma européen en 1989.

Critique de blog : « […]Sorte de road-trip métaphysique, le film navigue aux travers des rencontres dans un Berlin inquiet en plein cœur de la guerre froide. C’est avant tout une construction humaine, l’histoire silencieuse des maux terrestres racontée avec la bienveillance d’un ange. […]Les Ailes du Désir est une invitation à l’émerveillement. Une injonction même : le film débute par un œil qui s’ouvre, comme pour rappeler au spectateur d’être attentif, d’apprendre à voir.. Le spectateur est un enfant qui doit réapprendre à ouvrir les yeux en grand. Eux seuls sont capable de voir les anges. Le cinéma lui offre l’ultime possibilité de retrouver une innocence perdue, et de percevoir l’invisible. L’image devient un lieu des possibles de l’imaginaire. Non plus un miroir, mais un reflet délicat de l’indicible qui s’ouvre à celui qui cherche à voir. »

Source : http://www.lebleudumiroir.fr/critique-les-ailes-du-desir-wim-wenders/

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Frankenstein Junior : pastiche et hommage à James Whale adapté de l’œuvre de Mary Shelley

29 Nov

Frankenstein, personnage créé par Mary Shelley (nouvelle fenêtre) dans son roman épistolaire Frankenstein ou le Prométhée moderne (nouvelle fenêtre) (1818), constitue l’un des plus importants mythes modernes et n’a de cesse d’être réinterprété. Ce puzzle littéraire macabre inspiré de la science de l’époque d’abord publié anonymement puis, au vu du succès avec le nom de son autrice ouvre un nouveau genre, marque la naissance de la science-fiction et continue de questionner la recherche contemporaine.

 Frankenstein (Boris Karloff ) et Maria (Marilyn Harris), 1931

Frankenstein (Boris Karloff ) et Maria (Marilyn Harris), 1931

L’histoire

Le jeune et imprudent savant Henry Frankenstein fasciné par le mystère de la vie tente de créer un homme à partir de cadavre humains assemblés et de rayons plus puissants que les ultra-violets. Il engendre une créature couturée qui lui fait rapidement horreur et l’abandonne. Le monstre à la force herculéenne se retrouve alors seul. Il essaye d’apprendre à parler, à lire ainsi que le fonctionnement des relations humaines en observant discrètement une famille pendant des mois. Malgré tous ses efforts, il est rejeté et décide de se venger à son tour.

D’abord joué au théâtre à travers tout le XIXe siècle, le cinéma muet américain l’adapte ensuite par deux fois en 1910 (Film Edison- nouvelle fenêtre) puis en 1915 (Life Without Soul- nouvelle fenêtre). Une version italienne dirigée par Eugenio Testa sort en 1920. Mais le film d’horreur le plus connu et le plus important est celui de James Whale ( nouvelle fenêtre) avec le célèbre Boris Karloff ( nouvelle fenêtre), dont le rôle du monstre patibulaire lui collera trop longtemps à la peau. Suivront des dizaines de films rarement fidèles à l’œuvre originale, parfois complètement farfelus.

Jeudi 5 décembre Cin’Eiffel présente Frankenstein Junior de Mel Brooks (nouvelle fenêtre) une déférente et hilarante parodie des films d’horreur classiques, véritable hommage au cinéma des années 1930 (la photographie très expressionniste de Gerald Hirschfeld est en tous points identique aux films de Universal, la musique « à la manière de » est signée par John Morris…). La projection sera suivie d’une discussion menée par Rochelle Fack (nouvelle fenêtre) universitaire et romancière.

Pour aller plus loin à La Médiathèque :

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