Archive | Les films du jeudi soir RSS feed for this section

Woody Allen, un américain à Paris

1 Fév Woody-Allen-

Il y a des personnalités qui reviennent chaque année avec leur livre, leur album ou encore leur nouveau film. Woody Allen en fait partie. Alors en ce début d’année 2017, nous ne connaissons pas encore la date de sortie de son nouveau film, Untitled Woody Allen’s 2017 movie (nouvelle fenêtre), mais nous savons déjà que ce drame social se situe à New York dans les années 50. En attendant de pouvoir découvrir son 49ème long métrage, Cin’Eiffel vous propose de revoir Manhattan, ode à sa ville fétiche.manhattanwoodyallengordonwillis08

Sur Woody tout a déjà été dit !

Allan Stewart Konigsberg dit Woody Allen est né le 1er décembre 1935 à New York. Il réalise, écrit des scénarii, fait l’acteur, est l’auteur de plusieurs pièces de théâtre, de nouvelles et joue même de la clarinette. Ce petit bonhomme à lunettes et à gros nez, maladroit et timide, a su au fil de sa carrière développer un style très personnel, empreint de mélancolie, d’humour et d’une forte dose d’autodérision. Le public français, tout particulièrement, l’adore. Sa filmographie (nouvelle fenêtre) est longue et ses récompenses nombreuses.

Un cinéaste obnubilé par New-York

En 1979, Woody Allen tourne Manhattan (César du cinéma, meilleur film étranger et meilleur scénario et meilleur Film au BAFTA) film dans lequel il magnifie New York et joue avec sa première muse, la pétillante Diane Keaton (nouvelle fenêtre). Cette admirable symphonie en noir et blanc signée par Gordon Willis n’était pourtant pas, selon Woody, une réussite: « Quant à Manhattan, j’étais tellement déçu que je ne tenais pas à le sortir. Je voulais demander à United Artists de ne rien en faire. J’étais même prêt à réaliser un autre film gratuitement, pour qu’ils acceptent de mettre Manhattan à la poubelle. »

Venez vous faire votre propre avis, jeudi 2 février 2017 à 19h30, lors de la dernière séance du cycle Une ville, leur empreinte en présence de Ugo Batini, professeur de philosophie. Il apportera son éclairage sur ce film, véritable lapsus cinématographique, qui met à nu les obsessions du réalisateur tout autant que les motifs principaux qui ne cessent de travailler son œuvre.

Faites votre cinéma à la Médiathèque (nouvelle fenêtre)  !

Bruno Ganz – un irrésistible désir de jouer

4 Jan

BRUNO GANZBruno Ganz est né le 22 mars 1941 à Zurich. En 1961, il part étudier en Allemagne puis participe aux débuts de la compagnie Berliner Schaubühne animée par Peter Stein. Sous la direction de ce dernier, il joue notamment Brecht, Kleist, Gorki et Peter Handke. Dans le même temps, il fait quelques apparitions au cinéma et tourne pour Jerzy Skolimovski dans Hauts les mains (1967). En 1975, son rôle dans Sommergäste dirigé par son complice Peter Stein lui permet d’être acclamé par la critique.

Il revient ensuite au cinéma, dans le film d’Éric Rohmer (La Marquise d’O, 1976) où il impose sa haute stature d’acteur au jeu contenu et laconique. L’année suivante, il tourne dans L’Ami américain de Wim Wenders. Puis ils travaillent à deux reprises ensembles : Les Ailes du désir (1987) et Si loin, si proche ! (1993). Ayant acquis une célébrité internationale, il tourne en Allemagne : Le couteau dans la tête de Reinhard Hauff (1978), La femme gauchère de Peter Handke (1978), Nosferatu le fantôme de la nuit de Werner Herzog (1978) où il fait face à Dracula incarné par Klaus Kinski, Le Faussaire de Volker Schlöndorff (1981) et plus récemment La Chute d’Oliver Hirschbiegel (2004) dans lequel il endosse brillamment le personnage d’Adolf Hitler enfermé dans son bunker. Il tourne aussi en Suisse : La provinciale de Claude Goretta (1981), Polenta de Maya Simon (1982), Vitus de Fredi Murer (2006) et Heidi d’Alain Gsponer (2015) ainsi qu’en Grèce : L’Éternité et Un Jour (1998 – Palme d’or à Cannes) et La Poussière du temps (2008) de Theo Angelopoulos. On le voit également dans des films français : Lumière de Jeanne Moreau (1976),  Retour à la bien-aimée de Jean-François Adam (1979), Sport de filles de Patricia Mazuy  (2011) ou encore  Michael Kohlhaas d’Arnaud des Pallières (2013) et des films italiens : La Dame aux camélias de Mauro Bolognini (1981) et Une femme italienne de Giuseppe Bertolucci (1981).

De plus, il participe à de grosses productions américano-britanniques : Ces garçons qui venaient du Brésil (Franklin J. Schaffner, 1978), Un crime dans la tête (Jonathan Demme, 2004), L’Homme sans âge (Francis Ford Coppola, 2007), The Reader (Stephen Daldry, 2008) et Cartel (Ridley Scott, 2013).

Durant toutes ces années, il continue de faire le comédien au théâtre. En 1991, il joue notamment à Paris dans L’Hypérion, l’opéra inachevé de Bruno Maderna où il dit à la perfection les poèmes d’Hölderlin. En 2000, il retrouve Peter Stein et tient le rôle-titre de Faust I et II de Goethe dans une représentation qui dure 13 heures.

Il s’essaye aussi à la réalisation avec Otto Sander dans le film documentaire Mémoire (Gedächtnis: Ein Film für Curt Bois und Bernhard Minetti, 1982) sur les acteurs Curt Bois et Bernhard Minetti.

En 2007, il est fait chevalier de la Légion d’honneur.

Retrouvez jeudi 5 janvier à 19h30,  Bruno Ganz dans Les Ailes du désir, film dans lequel il incarne l’ange Damiel qui se languit d’amour. Ce drame épique plein de nostalgie et d’empathie, filmé dans un très beau noir et blanc magnifié par Henri Alekan et souligné par une musique céleste, sera présenté par le philosophe Guillaume Tonning.

Faites votre cinéma à La Médiathèque.

Audrey Hepburn, une icône à contre-courant

14 Déc Audrey Hepburn

 

Audrey Kathleen Ruston, dite Audrey Hepburn, est née le 4 mai 1929 à Ixelles en Belgique. À l’âge de cinq, elle se découvre une passion pour la danse et entre au Conservatoire de Musique d’Arnhem. Se destinant à une carrière de danseuse, elle rejoint finalement le monde du théâtre, à la fin des années 40. Après la Seconde Guerre mondiale, elle travaille comme mannequin et joue dans des spectacles musicaux londoniens.

Pour sa première apparition sur les écrans, elle incarne le rôle d’une hôtesse de l’air dans Le Néerlandais en sept leçons, documentaire de Charles Huguenot van der Linden et Heinz Josephson sorti en 1948. On la voit ensuite dans Secret People de Thorold Dickinson (1952) et Nous irons à Monte-Carlo de Jean Boyer (1952). Sur le tournage de ce dernier, elle rencontre Colette qui la recommande vivement pour jouer Gigi à Broadway. C’est un succès immédiat qui lui ouvre les portes d’Hollywood. Et dès son premier grand rôle, au côté de Gregory Peck dans Vacances Romaines (William Wyler, 1953), elle  obtient un Oscar. Elle exprime la sensibilité du temps et apporte  un charme tout nouveau loin des pulpeuses vedettes de cinéma. L’actrice aux yeux de biche et à la silhouette gracile enchaine les comédies ; toutefois elle est aussi capable d’intensité notamment lorsqu’elle interprète Natacha Rostov dans Guerre et Paix (King Vidor, 1956).

Elle tourne peu mais reste fidèle à certains réalisateurs comme Billy Wilder (Sabrina, 1954 – Ariane, 1957), Stanley Donen (Drôle de frimousse, 1957 – Charade, 1963 – Voyage à deux, 1967) ou encore William Wyler (La Rumeur, 1961 – Comment voler un million de dollars, 1966). Fidèle aussi en amitié, c’est Hubert de Givenchy rencontré en 1952 qui dessine ses costumes. En 1960, avec Le vent dans la plaine, John Huston la révèle dans un nouveau genre : le western. Mais elle est décidément faite pour la comédie et crève l’écran dans Diamants sur canapé de Blake Edwards et surtout dans My Fair Lady de George Cukor (1964). Après Seule dans la nuit (Terence Young, 1967), elle abandonne les écrans pendant huit ans. Puis, elle fait un retour très remarqué dans La Rose et la Flèche (Richard Lester, 1976) avec Sean Connery et pour sa dernière apparition, elle est un ange (Always, Steven Spielberg, 1989).

À partir de 1988, l’actrice devient ambassadrice pour l’UNICEF et fait une cinquantaine de voyages à travers le monde. Audrey Hepburn est emportée par la maladie le 20 janvier 1993.

En ce moment et jusqu’au 8 janvier, Isabelle Carré redonne vie à la comédienne dans « Le Sourire d’Audrey Hepburn », un seul-en-scène signé Clémence Boulouque d’après son propre roman Un instant de grâce, l’occasion de découvrir un peu plus l’infinie délicatesse de l’actrice.

Et retrouvez jeudi 15 décembre à 19h30,  la rayonnante Audrey dans Voyage à deux, comédie sentimentale enchaînant des scènes dramatiques et burlesques où s’entrechoquent, pêle-mêle, souvenirs heureux et moments de tristesse intense.

Faites votre cinéma à la Médiathèque !

Roberto Rossellini, « père du néoréalisme »

23 Nov ROBERTO ROSSELLINI

Roberto Rossellini est né le 8 mai 1906, à Rome. Il grandit dans une famille bourgeoise et cinéphile. Son père construit le premier cinéma moderne de Rome, permettant ainsi à Roberto de fréquenter très tôt les salles obscures. À la mort de son père, il commence à travailler comme bruiteur puis comme scénariste. Il est ensuite monteur, puis doubleur et réalise ses premiers courts-métrages amateurs : Daphné (1936), Prélude à l’après-midi d’un faune (interdit par la censure pour impudicité) et Fantasia Sottomarina, en 1938.

En 1940, sa carrière débute sous le signe du fascisme avec une commande du centre audiovisuel de la marine italienne fasciste : La nave bianca, Un pilote ritorna et L’uomo della croce. À la chute du régime mussolinien, Rossellini réalise Rome ville ouverte (Palme d’or ex æquo au Festival de Cannes de 1946), inspiré par un chef de la résistance et co-écrit avec Federico Fellini. L’esthétique âpre, l’aspect social et la poésie qui se dégage du film contribuent à définir le néoréalisme. Les acteurs sont souvent des gens de la rue plutôt que des d’acteurs professionnels. Païsa renforce cette vision de l’Italie à travers six sketches auxquels collabore à nouveau Fellini ; le film présente une description crue de la réalité sans lyrisme ni pathos.Vision étendue ensuite à l’Allemagne de l’après-guerre avec Allemagne année zéro (1948). En 1947, il tourne La Voix humaine, d’après un long monologue de Jean Cocteau et Le Miracle, formant alors un seul film : L’Amore (1948), avec dans le rôle principal Anna Magnani.

En 1950, Stromboli naît de sa rencontre avec Ingrid Bergman qui deviendra sa femme. Le film développe pour la première fois l’esthétique contrariée du cinéaste : cet équilibre entre récit documentaire et fiction classique. Leur collaboration se poursuit avec Europe 51 (1952), Voyage en Italie (1954), La Peur (1954) et Jeanne au bûcher (1954). Ces films revêtent un caractère intimiste et quasi autobiographique. C’est l’époque où Rossellini est salué comme un des maîtres du cinéma. En 1959, il reçoit un Lion d’Or pour Le General della Rovere. En 1961, il porte à l’écran une chronique historique de Stendhal qui décrit la Rome pontificale, Vanina Vanini. Ses œuvres suivantes sont mal accueillies par le public et la critique. Et après l’échec de Anima nera (1962), film resté inédit en France, le réalisateur abandonne le cinéma et choisit un nouveau mode d’expression : la télévision. Désormais il tourne avec une nouvelle optique: devenir utile. Le cinéaste se consacre alors à la constitution d’un projet encyclopédique pour une télévision adulte, curieuse et responsable : L’Age du fer (1965), La prise du pouvoir par Louis XIV (1966), Les Actes des Apôtres (1969), Blaise Pascal (1972)… En 1974, il revient une dernière fois au cinéma et signe deux films: L’An un et Le Messie (1975).

En 1977, il préside le jury du Festival de Cannes. Il meurt à Rome quelques semaines plus tard, d’une crise cardiaque le 3 juin.

Cin’Eiffel présente jeudi 24 novembre, Voyage à Rome, film dans lequel Rossellini fait une saisissante analyse d’un couple qui menace de se défaire. Cette séance sera animée par François-Guillaume Lorrain, journaliste et écrivain. Il dédicacera son roman, L’année des volcans à 18h45 à la Médiathèque.

Faites votre cinéma à La Médiathèque !

Ken Loach: un cinéaste à l’esthétique réaliste

12 Oct the-navigators

Kenneth Loach est né le 17 juin 1936 à Nuneaton en Angleterre. Après avoir étudié le droit à Oxford et servi deux ans dans l’armée de l’air, il se lance dans le théâtre. Il monte d’abord sur les planches comme comédien puis fait de la mise en scène et connaît quelques succès.

Au début des années 60, il commence une fructueuse carrière à la télévision où il produit des téléfilms avec Tony Garnett et se met à la réalisation. Il dirige trois épisodes de la série Z Cars et se fait remarquer avec Cathy come Home (1966) dont l’impact est si fort qu’il provoque un remaniement des lois anglaises pour les sans-abri.

En 1967, sort son premier film au cinéma. Pas de larmes pour Joy est filmé dans un style réaliste, héritage de la grande tradition réaliste anglaise de John Grierson. C’est désormais la marque de fabrique du metteur en scène. Dès son deuxième film Kes (1969), adapté du livre de Barry Hines, il obtient une reconnaissance internationale. Il y dénonce avec justesse et lucidité les méfaits de la répression au sein de l’école et de la famille. Il fait de même dans Family life (1971), film dans lequel une jeune fille névrosée sombre dans la schizophrénie. Les thèmes de l’enfance et de la médecine sont à nouveau abordés dans Black Jack (1979).

Ken Loach devient alors un des réalisateurs anglais les plus engagés de sa génération. Il ouvre la voie d’un cinéma social qui n’est pas sans rappeler le Free cinéma. Ses films se situent à mi-chemin entre le documentaire et la fiction et traitent de question sociale ou politique: le chômage dans Regards et sourires (1981); le régime nazi dans Fatherland (1985) ; le conflit irlandais dans Secret défense (1990 – Prix du jury au Festival de Cannes ) et dans Le Vent se lève (2006 – Palme d’or au 59e Festival de Cannes) ; de la politique de Margaret Thatcher dans Riff- Raff (1991) et de la vie des « nouveaux pauvres » dans Raining Stones (1992 – Prix du jury au Festival de Cannes) ; le racisme dans Ladybird (1993) et de l’intégration dans Just a kiss (2004 – César du meilleur film de l’Union européenne) ; enfin, de la guerre civile en Espagne dans Land of freedom (1994 – César du meilleur film étranger).

Le réalisateur tourne aussi des comédies sociales comme Looking for Éric (2009) ou encore La part des Anges (2012 – Prix du jury au Festival de Cannes) ainsi que des drames historiques tels Dayd of Hope (1975) et plus récemment Jimmy’s Hall (2014).

De nombreuses fois récompensé, il reçoit en 2012 le Prix Lumière du Festival du film du Grand Lyon pour l’ensemble de sa carrière et en 2016 la Palme d’or au Festival de Cannes pour son film Moi, Daniel Blake faisant de lui le huitième cinéaste à être doublement palmé.

Cin’Eiffel présente jeudi 13 octobre The Navigators, film dans lequel Ken Loach met en lumière les dysfonctionnements sociaux et les classes défavorisées. Cette séance sera animée par la sociologue du travail Danièle Linhart.

Faites votre cinéma à La Médiathèque !

%d blogueurs aiment cette page :