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Noire est ma couleur de peau… 6 documentaires sur la lutte contre le racisme en VOD

20 Juin

En résonance avec les discriminations raciales qui perdurent dans le monde entier et les protestations contre les violences policières, il semble plus que jamais nécessaire de comprendre et analyser. C’est ce que nous vous proposons ici, avec une sélection de films documentaires de qualité autour de grandes figures qui incarnent l’histoire de l’anti-ségrégationnisme, disponibles en VOD sur la Médiathèque numérique (nouvelle fenêtre)

Le film puissant d’Ilana Navaro, Joséphine Baker, première icône noire (nouvelle fenêtre) dresse le portrait inspiré d’une artiste qui ne guérit jamais des blessures du racisme et en fit le combat de sa vie.

Josephinebaker Portrait

Photo par Carl van Vechten — Van Vechten Collection at Library of Congress, Domaine public. Wikimedia commons.

Ce documentaire retrace d’un trait délicat et maîtrisé le parcours de la première star noire mondiale, le destin extraordinaire d’une fillette des bas-fonds de Saint-Louis, dans le Missouri, qui refusa de continuer à perdre sa vie à faire le ménage chez les Blancs, et tenta sa chance comme danseuse de cabaret à Harlem. Après ses premiers succès aux États-Unis viendra la Revue nègre à Paris et l’hystérie de la Belle Époque qui fit d’elle une égérie et, surtout, le miroir de tous les fantasmes de la société coloniale. Elle n’en est évidemment pas dupe, comme en témoigne sa parole lucide, qui enrichit et rafraîchit le regard porté sur cette artiste combattante. À chacune de ses tournées en Amérique, la critique la ramène à sa couleur de peau, alors que parallèlement, la communauté noire lui reproche de ne rien faire pour les siens. Piquée au vif, elle n’aura de cesse de mettre ses privilèges au service de la cause commune sans que cette douleur intime ne la quitte jamais. Engagée pour la France libre et interdite un temps de visa par le FBI qui la soupçonne de sympathie communiste, elle sera la seule femme à s’exprimer à la tribune où Martin Luther King prononce son célèbre discours le 28 août 1963 à Washington, devant plus de 200 000 personnes rassemblées pour la défense des droits civiques.

Le documentaire de Sydney Lumet et Joseph L. Mankiewicz, produit et supervisé par Ely Landau, King : de Montgomery à Memphis (nouvelle fenêtre), vous propose justement de redécouvrir en archives cette immense personnalité américaine.

Réalisé en 1970, soit deux ans après l’assassinat de Martin Luther King, le film reconstitue son parcours entre 1955 et 1968. Dépourvu de commentaire comme de tout élément de contextualisation en raison de sa proximité avec le sujet, ce documentaire d’époque se révèle aujourd’hui d’un abord un peu difficile ; son intérêt réside dans la pure valeur de témoignage de ces images qui offrent une vision, passablement terrifiante, d’une Amérique engluée dans le racisme et la ségrégation.

L’itinéraire du pasteur baptiste, l’une des principales figures de la lutte pour les droits civiques aux États-Unis, prônant dans la lignée de Gandhi, la désobéissance civile et la non-violence, y est édifiant. De la campagne des bus à Montgomery (Alabama) en 1955 au soutien à la grève de Memphis (Tennessee) en 1968, en passant par Birmingham (1963), Selma (1965) ou Chicago (1966), l’on voit d’immenses marches pacifiques chargées par la police, des foules blanches haineuses, des injures et des coups, parfois mortels, contre des hommes et des femmes luttant dans la plus grande dignité pour la reconnaissance de leurs droits. La force du montage fait sentir, à mesure que le temps passe et que les menaces et les agressions à son encontre se multiplient, la lassitude et l’angoisse qui étreignent M. L. King face à la violence que son action suscite ; cet homme de conviction et de combat, qui a radicalisé son engagement politique sur la fin de sa vie, pressent ainsi l’hypothèse de sa mort brutale…

King est également au cœur de l’incontournable documentaire (César 2018) du réalisateur haïtien Raoul Peck, I Am Not Your Negro (nouvelle fenêtre), exclusivement construit à partir des mots de James Baldwin, écrivain noir et penseur majeur de la question raciale aux États-Unis, avec pour point de départ les trois leaders de la lutte pour les droits civiques, tous assassinés avant 40 ans : Martin Luther King, Malcolm X (nouvelle fenêtre) et Medgar Evers (nouvelle fenêtre).

M. Luther King et Malcom X

Martin Luther King et Malcolm X, 26 mars 1964. © Marion S. Trikosko/Agence France-Presse — Getty Images

À partir de ce socle traumatique, il remonte aux sources de l’exclusion et de la violence, indissociables de l’identité américaine. Baldwin déconstruit l’image du Noir dans une brillante analyse de films hollywoodiens, qui nous renvoie, a posteriori, à notre rang de spectateur complice et exhorte l’Amérique blanche à un douloureux examen de conscience.

Au fil d’un vertigineux entrelacement d’archives où dialoguent les luttes du passé contre la ségrégation et les flambées actuelles de violences raciales, R. Peck fait le tour de la question noire aux États-Unis, raconte l’histoire de l’esclavage, de l’abolitionnisme, de la lutte des Afro-américains pour obtenir l’égalité des droits. Lumière crue jetée sur une nation déchirée, jusque dans ses structures politiques et mentales les plus profondes, ce film-hommage dénonce, secoue, autant qu’il montre la voie d’une possible fraternité.

 

Le leader de la lutte anti-apartheid (nouvelle fenêtre) Nelson Mandela fait aussi l’objet de deux excellents documentaires.

Le 11 février 1990, Mandela apparaît en homme libre devant une foule multiraciale en liesse. Emprisonné durant vingt-sept ans, le leader charismatique personnifie dans le monde entier un idéal de justice et de démocratie…

Avec Nelson Mandela – le réconciliateur (nouvelle fenêtre), Clifford Bestall retrace la vie de Mandela, de sa naissance dans la famille royale des Xhosa à son accession à la présidence de la République d’Afrique du Sud.

Au-delà du mythe et grâce aux nombreux témoignages et images d’archives, son film dessine le portrait nuancé d’un homme dont le charisme mais aussi la vanité n’ont cessé d’impressionner ceux qui l’ont côtoyé.

Nelson Mandela

Photo : Library of the London School of Economics and Political Science / No restrictions

Membre dès 1944 de l’ANC (l’African National Congress, parti politique sud-africain membre de l’Internationale socialiste), il se pose en leader de la cause africaine et prône la désobéissance civile contre les lois de l’apartheid. Passé dans la clandestinité, Mandela renonce peu à peu à la stratégie pacifiste, pour s’orienter vers la lutte armée inspirée de la guérilla castriste. Arrêté en 1962, il est condamné deux ans plus tard à la prison à perpétuité. À 46 ans, il gagne le pénitencier de Robben Island, au large du Cap. Isolé du monde et des ghettos où la révolte gronde, il continue la résistance, soutenu par Winnie, son épouse. Ses compagnons de lutte et de peine décrivent un homme d’une force de caractère et d’une ambition rares, qui a su, quand les temps s’y sont prêtés, faire preuve de pragmatisme. Dès 1986, il engage en effet des négociations avec le gouvernement blanc, au risque de subir l’hostilité de l’ANCL’Histoire aura donné raison à celui qui incarne à jamais la réconciliation et la reconstruction de l’Afrique du Sud.

Le Procès contre Mandela et les autres de Gilles Porte et Nicolas Champeaux (nouvelle fenêtre), bouleversant réquisitoire contre l’apartheid, porte quant à lui sur le procès infligé en 1963 à Mandela et à huit autres dirigeants de l’ANC.

Les militants anti-discrimination répondent d’une accusation de terrorisme devant un tribunal du régime d’apartheid. S’il n’existe aucune image ou presque de ces audiences historiques, les deux cent cinquante-six heures de débats ont été intégralement enregistrées et c’est à partir de ce véritable trésor que les réalisateurs ont construit ce documentaire remarquable d’intelligence et d’émotion.

Procès contre Mandela Affiche

Pour compenser l’absence d’images, ils utilisent des séquences d’animation à partir des croquis de l’illustrateur Oerd Van Cuijenborg, subtil mélange de dessins figuratifs et d’abstraction, qui augmentent encore le pouvoir d’évocation du son. Les auteurs y ont ajouté des images d’archives et des entretiens avec les survivants d’un procès dont le seul enjeu était le maintien en vie ou non des accusés – leur condamnation ne faisait aucun doute – qui écoutent ces documents et les commentent. On les voit ainsi entendre pour la première fois leurs déclarations, plus de cinquante ans après les faits, et se retrouver plongés dans la douleur, mais aussi la fierté, de ce passé lointain à valeur d’exemple pour les jeunes générations.

Nous terminerons cette sélection avec le documentaire – bâti comme une fiction – de Shola Lynch autour d’une icône de la culture noire afro-américaine, la philosophe et militante Angela Davis, Free Angela and all political prisoners (nouvelle fenêtre).

Féministe, communiste, militante du mouvement des droits civiques aux États-Unis, proche des Black Panthers (nouvelle fenêtre), Angela Davis s’investit dans le comité de soutien aux Frères de Soledad, trois prisonniers américains accusés d’avoir assassiné un gardien de prison en représailles au meurtre d’un de leur codétenu. Accusée en 1970 d’avoir organisé une tentative d’évasion et une prise d’otage qui se soldera par la mort d’un juge californien et de quatre détenus, elle devient la femme la plus recherchée des États-Unis. Arrêtée, jugée et condamnée à mort lors d’un procès de portée mondiale devenu un véritable bras de fer politique sur la question de l’égalité des Noirs et des Blancs face à la justice, elle sera libérée faute de preuves et sous la pression des comités de soutien internationaux dont le slogan est FREE ANGELA !

Si cet évènement historique, au sens large (la lutte afro-américaine des années 1960 et 1970), a déjà été maintes fois traité, cet épisode reste assez méconnu dans ses détails et l’on revient avec grand intérêt sur cette période cruciale de la seconde partie du XXe siècle qui voit émerger en la personne d’Angela Davis un symbole de la lutte contre toutes les formes d’oppression, raciale, politique, sociale et sexuelle, en incarnant le « Power to the People » cher à John Lennon.

 

Faites votre cinéma à La Médiathèque !

 

Des programmes pour profiter du confinement. Épisode 2 : cinémathèques et studios

29 Avr

Beaucoup d’institutions et d’associations ont décidé de transmettre, pendant le confinement, des programmes culturels de qualité, gratuitement ou à prix très bas. Nous avons essayé de repérer et de vous proposer une sélection de ces programmes…Aussi après Des programmes pour profiter du confinement. Épisode 1 : les collections cinématographiques et vidéo au centre Pompidou, voici : 

Épisode 2 : Les cinémathèques et les studios

1- La cinémathèque française

La Cinémathèque française propose un film issu de ses archives, chaque soir à 20h30, sur sa plateforme : HENRI, des films rares. Il est ensuite disponible en ligne pendant 24 heures.

Vous y trouverez également « Les leçons de cinéma » des plus grands réalisateurs contemporains (nouvelle fenêtre)

2- La cinémathèque de Nice

La cinémathèque de Nice (nouvelle fenêtre) propose, elle, l’opération « Cultivez-vous », programmation de chefs d’œuvres du patrimoine, à regarder tranquillement à la maison :

Au programme cette semaine, du 27 avril au 3 mai 2020 :

L’Atalante de Jean Vigo (1934)
La Grande illusion de Jean Renoir (1937)
Le Pigeon de Mario Monicelli (1958)
Herbes flottantes de Yasujirô Ozu (1959)
Cotton Club de Francis Ford Coppola (1984)
Beijing Bicycle de Wang Xiaoshuai (2001)
Submarino de Thomas Vinterberg (2010)

3- Mosfilm

Studio cinématographique, crée en 1920 par l’État soviétique, MOSFILM (nouvelle fenêtre) est une véritable institution, qui a même survécu à la Perestroïka. Les studios possèdent un matériel technique d’excellente qualité, notamment un auditorium, des milliers de costumes, un parc de plus de trois cents véhicules ; ils continuent à tourner une soixantaine de films par an et sont propriétaires de leur catalogue de 3000 films et se sont fixés une extraordinaire mission de restauration.

Afin de lutter contre le piratage, Mosfilm propose aujourd’hui sur sa plateforme via Youtube (Mosfilm’s Youtube Channel, nouvelle fenêtre) de visionner 130 de ses plus grands films traduits en français ou en anglais, 500 films sont disponibles en VO, y compris des nouveautés!

 

4-Korean classic films

Korean Classic films (Archives du film coréen) (nouvelle fenêtre) est la cinémathèque de Corée de Sud. Ses principales missions sont de collecter, préserver et classer les films ou documents liés au cinéma. Elles proposent la diffusion de 125 films coréens du patrimoine, traduits en anglais (en intégralité et libres de droits) via la chaine Youtube.

 

5- Office national du film canadien

Enfin, si vous êtes passionnées de documentaires rares, je vous conseille l’Office National du film canadien (nouvelle fenêtre). 

Regardez !

Le mystère du VinlandLe mystère du Vinland

 

Alors si vous êtes un peu fatigué des films fantastiques pour ados diffusés largement sur les SVOD (nouvelle fenêtre), voici quelques pépites, à regarder légalement et tranquillement, pour tenir encore 15 jours et même peut-être un peu plus…

Commémoration de l’Armistice de 1918 : « Là où poussent les coquelicots »

3 Nov

Dans le cadre des Rencontres de Cin’Eiffel (« le cinéma par ceux qui le font ») et à l’occasion de la Commémoration de l’Armistice de 1918, La Médiathèque vous propose la projection du film documentaire « Là où poussent les coquelicots : fragments d’une Guerre dessinée » le jeudi 8 novembre à 19h30, en présence du producteur Laurent Segal.

 

©Kanari films

 

Synopsis : D’où viennent les images de la Première Guerre mondiale qui hantent notre imaginaire ? Voir la Grande Guerre, ne plus se contenter de la raconter, mais la montrer et l’incarner : voilà ce que propose aujourd’hui la bande dessinée.
En interrogeant l’archive et l’histoire, les auteurs présents dans ce film dialoguent avec la profondeur du temps. Ils ressuscitent la Première Guerre mondiale dans notre imaginaire : leurs dessins sont plus que des traits.
Ces artistes majeurs ont fait de la Grande Guerre le sujet principal de leur récit graphique. En leur compagnie, nous chercherons à esquisser la mémoire fragmentée d’une chronique dessinée de 14-18.

 

 

Un film réalisé avec la participation de Jacques Tardi, Henrik Rehr, Kris & Maël, David Vandermeulen, Joe Sacco, Charlie Adlard, Robbie Morrison et Delphine Priet-Mahéo.

 

Rendez-vous dans l’auditorium de la médiathèque Gustave-Eiffel, jeudi 8 novembre à 19h30. Faites votre cinéma à La Médiathèque !

Guy Ribes a l’art du faux

21 Mar

À l’ère du copier-coller, l’art non plus n’y coupe pas. Depuis l’Antiquité romaine, la production de faux a toujours accompagné celle d’œuvres d’art. Et certains ont excellé dans celui de reproduire les grands Maîtres.

Cin’Eiffel+ s’intéresse au sujet en présentant dimanche 25 mars 2018 le film de Jean-Luc Léon, Un vrai faussaire (nouvelle fenêtre) (2016). Le réalisateur avait déjà fait un documentaire sur ce thème (Le marchand, l’artiste et le Collectionneur, 1996) mais sans réussir à filmer un faussaire, car très rares sont ceux qui acceptent de se montrer à visage découvert. Or dans le film, que nous allons vous présenter, on découvre le fascinant portrait de Guy Ribes (nouvelle fenêtre) l’un des plus grands faussaires français. Il inonda le marché de l’art, durant plusieurs décennies, en réalisant entre 1000 et 5000 faux, avant d’être condamné par la justice en 2010. Ce personnage romanesque raconte avec sa gouaille les combines du « métier » et ce qu’il pense du marché de l’art. Ses Picasso, Chagall, Renoir et autres Matisse ne sont pas de simples copies mais des tableaux fait « à la manière de », Ribes sait tout (contre)faire. Il a beaucoup travaillé pour retrouver leur technique, leur « âme » et prolonger l’œuvre des Maîtres.

Guy Ribes déclare : « J’ai tout appris en imitant les plus grands. Je les aimais, je voulais me comparer à eux, par orgueil puis par jeu. J’ai bien essayé d’adapter mon œuvre à celle de Picasso, mais c’était impossible. Les gens préféraient mes toiles inspirées des grands maîtres. C’était plus facile de réaliser des imitations que de peindre pour des gens qui se détournaient de mes œuvres. »

Alors on peut se demander qu’est-ce qu’une œuvre d’art ? Qu’est-ce qu’un vrai ? Qu’est-ce qu’un faux ? Pour en apprendre davantage, Cin’Eiffel+ est heureux de recevoir Jacqueline Lichtenstein (nouvelle fenêtre), philosophe et historienne de l’art, dimanche 25 mars à 15h00 à La Médiathèque de Levallois à l’occasion de la projection du film Un vrai faussaire.

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Leni Riefensthal

13 Fév

Cin’Eiffel présente jeudi 15 février 2018, La Lumière bleue de Leni Riefensthal, Lion d’argent à la Mostra de Venise (nouvelle fenêtre) en 1932.  Pour l’occasion, Lilian Auzas (nouvelle fenêtre), auteur de Riefensthal (nouvelle fenêtre) présentera, commentera et échangera avec les spectateurs sur son film préféré.

@Leni Riefensthal

Quand on parle de Leni Riefensthal (1902-2003), on pense immédiatement à « la cinéaste du IIIème Reich ». Certes, elle fut la « douce amie d’Hitler » et réalisa des films de propagande avec notamment Le triomphe de la Volonté, documentaire sur le 6ème Congrès du parti nazi à Nuremberg en 1934. Considéré comme le film de propagande par excellence, Leni Riefensthal emploie des techniques cinématographiques spectaculaires pour l’époque (rails de travelling, ascenseur construit pour élever la caméra à la hauteur de 38 mètres), bénéficie d’un budget illimité et d’une équipe de 120 personnes (16 opérateurs, 16 assistants réalisateurs, 30 caméras, 4 équipes de prise de son, 22 voitures avec chauffeurs, etc). L’objectif de la réalisatrice, mettre son talent au service du régime, glorifier et mythifier son sujet, Adolf Hitler. Interrogée sur son film, Leni Riefensthal dira :

« A chaque congrès national-socialiste, des dizaines de films ont été tournés. Si les miens sont restés en mémoire, c’est qu’ils étaient peut-être les meilleurs ».

« Artistiquement elle est un génie, et politiquement, elle est une imbécile. »- Liam O’Leary, historien du cinéma.

@Leni Riefensthal

Puis elle obtient la consécration et de nombreux prix en réalisant (à la demande d’Hitler) Les Dieux du stade (dont le titre original est Olympia) pour les Jeux Olympiques d’été de Berlin en 1936. Encore une fois, c’est sa vision esthétique qui retient l’attention mais également ses innovations techniques : elle filme les athlètes au ralenti, utilise des caméras sous-marines, invente la caméra catapulte pour filmer les épreuves de saut à la perche, etc. La réalisatrice veut magnifier les corps masculins pendant l’effort, montrer la virilité, la beauté. Les images des victoires de Jesse Owens (nouvelle fenêtre) feront le tour du monde, ainsi que la traversée européenne de la flamme olympique depuis l’Acropole. En 2003, Leni Riefensthal dira au journal l’Equipe :

J’ai tourné Olympia comme une célébration de tous les athlètes et un rejet de la théorie de la supériorité de la race aryenne.

Pour toutes ces raisons, le film de Leni Riefensthal rentrera dans l’Histoire du cinéma et est considéré comme l’un des plus grands documentaire sportif du XXème siècle.
Si vous souhaitez aller plus loin, voici une très bonne analyse du film faite par Ciné Qua Non, Association cinéphile & société de production étudiante (nouvelle fenêtre)

Une artiste avant tout en quête de la beauté et d’harmonie

En effet, bien avant d’être happée par l’Histoire, Leni Riefenstahl se destinait à une carrière de danseuse. Mais suite à un accident, elle se dirigea vers le cinéma. En tant qu’actrice de films alpestres (nouvelle fenêtre) puis en tant que réalisatrice.

Après la guerre, rejetée de toute part, l’industrie cinématographique lui tourne le dos. Elle devient une pestiférée. Elle se tourne vers la photographie et initie plusieurs projets documentaires. Car oui, elle n’a cessé de célébrer la beauté.
C’est en lisant Les vertes collines d’Afrique d’Ernest Hemingway (nouvelle fenêtre), récit autobiographique, où il conte ses exploits de chasseur, que Leni Riefensthal fascinée, part au Soudan, et obtient l’autorisation de se rendre dans les monts Noubas afin de rencontrer la tribu les Noubas (nouvelle fenêtre). De ces différents séjours au Soudan dans les années 60-70, elle publiera Les Noubas et Les Noubas de Kau.

Photographe des fonds marins

Elle parvient à la fin de sa vie à obtenir un brevet de plongée sous-marine et va filmer dans les années 70 les fonds marins du monde entier. Elle publie un livre de photographie intitulé Jardins de corail. Encore une fois, Leni Riefensthal veut exprimer et transmettre son ressenti face à la beauté du monde. Et elle le répète inlassablement jusqu’à sa mort en 2003 :

Depuis toujours, je suis fascinée par la beauté, la force, la santé et la vie. J’ai trouvé tout cela sous l’eau. C’est un jardin de pure harmonie, une liberté absolue.

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