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La lune, si loin si proche…

18 Juin

La lune, objet de fascination pour les uns, d’angoisse pour les autres. Qu’elle soit pleine et éclaire nos pas dans la nuit, qu’elle soit en croissant , tous les artistes l’ont sublimée.
À l’occasion de l’exposition au Grand Palais, La Lune, du voyage réel aux voyages imaginaires, du 3 avril 2019 au 22 juillet 2019 (nouvelle fenêtre), revenons ensemble sur cet astre si bien mis en valeur au cinéma.

Le Voyage dans la Lune de Georges Méliès (1902)

Lors d’un congrès du Club des Astronomes, le professeur Barbenfouillis, président de ce club, surprend l’auditoire en faisant part de son projet de voyage dans la lune. Il organise ensuite pour ses confrères la visite de l’atelier où l’obus spatial est en chantier. Il sera propulsé en direction de la Lune au moyen d’un canon géant de 300 mètres de long, embarquant à son bord six savants astronomes, dont Barbenfouillis.

Ce court-métrage, classique du début du cinéma, a ouvert la voie a d’autres films dits de « science-fiction ». Une oeuvre qui fait date tant par ses prouesses techniques pour l’époque – nous sommes en 1902 – que par sa poésie. Georges Méliès s’est inspiré de deux romans phares de l’époque, De la Terre à la Lune de Jules Verne (nouvelle fenêtre) et de Les premiers Hommes dans la Lune de H.G Wells.

Alors oui, avec nos yeux d’aujourd’hui et à l’heure des films réalisés par monsieur ou madame tout le monde avec un téléphone, ce film parait disons un peu désuet 🙂
Mais rappelez-vous, il n’est pas si loin le temps où dans les années 80 où l’on nous vantait les lunettes en relief !

 

La Femme sur la lune de Fritz Lang (1929)

Le professeur Manfeldt est moqué par ses confrères lorsqu’il prétend qu’il existe des mines d’or sur l’astre lunaire. Trente ans plus tard, Wolf Helius souhaite construire une fusée pour aller sur la Lune. Friede Velten et l’ingénieur Hans Windegger sont intéressés par ce projet. Un groupement financier contrôlant le marché de l’or impose sa participation à leur expédition.

La Femme sur la lune, réalisé deux ans après Métropolis (nouvelle fenêtre), est le dernier film muet de Fritz Lang. Il se compose de deux parties, la préparation de l’expédition sur terre, et l’arrivée sur la lune. Pour son film, Fritz Lang voulait se rapprocher au plus près de la réalité et s’entoura de scientifiques dont Hermann Oberth (1994-1989), spécialiste de l’astronautique et qui a joué un grand rôle dans l’avènement des fusées en Allemagne.

D’autres films sur le thème de la lune disponibles à La Médiathèque

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Mother de Bong Joon-Ho, film avant-coureur du réalisateur de Parasite, Palme d’or 2019

11 Juin

Bong Joon-ho, réalisateur et scénariste sud-coréen, remporte, en 2019, la Palme d’Or au festival de Cannes pour son film Parasite. Un des réalisateurs les plus excitants de sa génération.

Avant ce film décisif, qui lui permet de remporter (enfin) une des plus grandes distinctions du cinéma international, Bong Joon-ho a crée une œuvre variée et imposante par la qualité et le retentissement de certains de ses films :

Memories of Murder (2003) (nouvelle fenêtre), présenté dans le cadre de Cin’Eiffel

The host (nouvelle fenêtre) (2006)

Snowpiercer, le Transperceneige (nouvelle fenêtre) (2013)

Et surtout l’extraordinaire Mother (nouvelle fenêtre) (2009)!

Mother narre l’histoire d’une mère qui surprotège Do-Joon, son enfant de vingt-huit ans. Celui-ci est puéril, naïf. Lié à une trouble affaire de meurtre, il est jugé un peu trop hâtivement par la police. Perdant espoir en la justice, sa mère, persuadée que son fils est innocent, prend en main l’enquête et risque tout pour changer l’histoire…

La mère est ici loin des stéréotypes sur la maternité : pas de mère bienfaitrice et consolatrice, non, à travers ce portrait étrange et ambigu, dans une ambiance pesante, Bong Joon-ho nous propose la figure d’une mère, qui cultive à outrance la dépendance de ce fils un peu idiot, d’une mère finalement monstrueuse, qui devient une mère-tueuse. Pour dégager ce personnage d’ogresse, Bong Joon-ho dessine une étrange relation mère-fils, un face à face tout en subtilité mis en valeur par l’épatant jeu d’acteur de Kim Hye-Ja (la mère) et Won Bin (Do-Joon, le fils) !

Une œuvre obscure, en suspens, passionnante !…

Chanson culte + film culte = scène inoubliable …

27 Mai

Une chanson, un sifflement et les images d’un film vous reviennent. Dès le premier sifflement, dès les premières notes de musique, on repense au film, à la scène, aux acteurs.

Tout le monde ou la plupart d’entre nous, avons un ou plusieurs films fétiches, un film qu’on affectionne tout particulièrement. Un film qui a marqué notre enfance, qui a été vu et revu des dizaines, des centaines de fois, moi il y en a un qui m’a beaucoup touché et marqué, c’est l‘Empire du soleil.

Impossible de vous dire le nombre de fois où j’ai pioché ma VHS sur l’étagère. D’ailleurs lorsque les DVD ont pris place dans les magasins pour remplacer les VHS, ce fut un de mes premiers achats, avec les Goonies, mais cela est une autre histoire ….

L’Empire du soleil à été réalisé par Steven Spielberg (nouvelle fenêtre) en 1987 avec John Malkovich et pour la première fois à l’écran Christian Bale (nouvelle fenêtre), dans le rôle de Jim. C’est un magnifique film, qui n’est malheureusement pas très connu, sauf des aficionados.

Synopsis : Le 8 décembre 1941, James (Jim) Graham, jeune Britannique, se trouve à Shanghai, avec sa famille, en territoire occupé par l’armée japonaise, le jour où l’Empire du Japon déclare la guerre aux États-Unis ainsi qu’à ses alliés. L’adolescent voit sa vie basculer, séparé de ses parents, il est fait prisonnier.

LA chanson, LA scène inoubliable.

Tous les morceaux de la bande originale ont été composés ou arrangés par John Williams (nouvelle fenêtre). La chanson Suo Gân, est une célèbre berceuse galloise, choisie par Spielberg en raison des origines de Christian Bale.

Cendrillon, l’histoire la plus adaptée au cinéma

13 Mai

Cendrillon, une histoire archaïque et contemporaine

Ce conte est un récit d’origine orale, qui s’est répandu à travers les siècles et les continents. Cendrillon est désormais une figure importante de notre imaginaire liant l’intime et l’universel. Rendu célèbre grâce à la version de Charles Perrault en 1697 (plus tard revu par les frères Grimm, Aschenputtel), il est source d’inspiration autant que sujet d’études et connait plus de 70 versions cinématographiques, un record !

L’histoire : Cendrillon, souillon martyrisée par sa marâtre et ses deux belles-sœurs va passer de la cendre vers la lumière.

Les films

En 1899, Georges Méliès réalise la première adaptation avec des visuels sophistiqués inspirés de Gustave Doré dans un film muet Cendrillon (5’41) et réitère en 1912 avec Cendrillon ou la pantoufle merveilleuse (23’45). En 1907, Albert Capellani sort Cendrillon ou la pantoufle merveilleuse (14′), produit par Pathé Frères. Ensuite sortent différentes versions plus ou moins réussies jusqu’à très récemment.

Cliquez sur les points rouges de l’image pour en découvrir davantage.

Les dessins animés

En 1922, Walter Elias Disney est le premier à réaliser l’adaptation du conte avec son studio d’animation Laugh-O-Gram dans le court-métrage Cinderella (7’). En 1950, Disney produit une nouvelle version à la technique très maîtrisée dans laquelle il prend de nombreuses libertés par rapport à Charles Perrault et banalise certains thèmes. C’est pourtant le film qui donne son rayonnement international au conte.

Cliquez sur les points rouges de l’image pour en découvrir davantage.

Retrouvez toutes les versions de Cendrillon à La Médiathèque.

Et retrouvez sur le blog Liseur l’article Cendrillon renait de ses cendres (nouvelle fenêtre) publié lors de la sortie du film Cendrillon de Kenneth Brannagh en 2015.

Voyages à travers le cinéma français de Bertrand Tavernier

29 Avr

On l’a rêvé, il l’a fait!

Bertrand Tavernier, réalisateur (nouvelle fenêtre) et passionné de cinéma, a réalisé en 2016 le grand film sur le cinéma français des années 1930 à 1970, qui a été présenté au Festival de Cannes, Voyage à travers le cinéma français. Il est loué par la critique et le réalisateur américain Martin Scorcese (nouvelle fenêtre) lui rend un bel hommage.

Sa découverte du cinéma suit intimement sa vie d’enfant : en 1942, il « approche » le cinéma pour la 1ère fois (alors qu’il se soigne au sanatorium) avec le film Dernier atout de Jacques Becker (nouvelle fenêtre). C’est une révélation!

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 Adolescent, puis jeune homme, Il découvre des réalisateurs méconnus ou oubliés, s’enthousiasme pour l’originalité des sujets de Jean Grémillon (nouvelle fenêtre) et Edmond Greville.

Il nous rappelle qu’il y a eu de grandes réalisatrices comme Jacqueline Audry et Agnès Varda (nouvelle fenêtre); des réalisateurs étrangers, qui ont enrichi de nouvelles techniques, de nouveaux propos, le cinéma français : John Berry, les Russes des films Albatros, Anatole Litvak, Max Ophuls, et revient sans rien en occulter sur la période de l’Occupation.

Voyage à travers le cinéma français célèbre les musiciens, les compositeurs, qui ont largement enrichi le cinéma français et ont fait de la musique de films française, un art en soi : Joseph Kosma et Maurice Jaubert, par exemple.

Bien sûr, ces 3 heures de film se sont avérées insuffisantes pour parcourir 40 ans d’un des cinémas les plus féconds. Il réitère l’opération en tournant une suite, sous forme de série en 8 épisodes, programmée en septembre 2018 sur France 5.

« Ces films m’ont donné le goût de la mémoire »

C’est une œuvre considérable et colossale : 6 ans de préparation, 582 extraits de 94 films, des kilomètres d’archives visionnées, sélectionnées et pour finir commentées. Il nous offre un film-témoignage émaillé d’une foule d’anecdotes passionnantes, rapportées par les professionnels du cinéma, que Bertrand tavernier a rencontré, interrogé pendant toute sa carrière. Il nous rappelle que si le cinéma est aujourd’hui une industrie, il a aussi été longtemps le travail d’artisans exceptionnels et ambitieux, dont l’œuvre continue à nous faire rêver.

3 DVD – 8 épisodes de 52 minutes, maintenant disponibles à La Médiathèque

Voyage 1 : « Mes cinéastes de chevet – première partie »: Jean Grémillon, Max Ophuls,  Henri Decoin.
Voyage 2 : « Mes cinéastes de chevet – seconde partie » : Sacha Guitry, Marcel Pagnol, Jacques Tati, Robert Bresson, la musique de Jean-Jacques Grünenwaldt.
Voyage 3 : « Les chansons, Julien Duvivier » : Les réalisateurs auteurs de chansons, Julien Duvivier.
Voyage 4 : « Les étrangers dans le cinéma français – Le cinéma sous l’Occupation, l’avant et l’après-guerre » : Viktor Tourjanski, Robert Siodmak, Albert Valentin, Jean-Paul Le Chanois.
Voyage 5 : « La nouvelle vague de l’Occupation » : Claude Autant-Lara, René Clément, Georges Clouzot.
Voyage 6 : « Les Oubliés »: Raymond Bernard, Maurice Tourneur, Anatole Litvak, René Clair,Georges Van Parys, Jean Boyer.
Voyage 7 : « Les Méconnus » : Louis Valray, Pierre Chenal, Henri Calef, Gilles Grangier, Les femmes réalisatrices
Voyage 8 : « Mes années 60 » : Pierre Granier-Deferre, Jacques Deray, Alain Resnais, Michel Deville, Jacques Rouffio, José Giovanni, Yves Boisset, Eric Rohmer…

Eddy Constantine

Eddy Constantine dans un film de John Berry

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