Archive | films à voir RSS feed for this section

Le cinéma peut ouvrir les frontières. Voyage n°2 : L’Asie

30 Mai

Après un voyage en Europe (nouvelle fenêtre) au travers de nombreux films, je vous propose de partir en Asie où ses différents pays historiquement riches de leur patrimoine cinématographique offrent des styles de films très variés selon leur origine géographique. Ils sont à la fois très ouverts sur le monde et enracinés dans leurs traditions véhiculant leur culture et relatant leurs légendes.

Un peu d’Histoire

Le cinématographe a trouvé toute sa place, dès son origine, en Asie et plus particulièrement en Inde, en Indonésie ou encore en Chine, pays qui connaissaient déjà « le théâtre d’ombres » depuis des siècles. Dans le vocabulaire chinois, on retrouve d’ailleurs le mot « dianying » qui signifie « ombres électriques » et désigne le mot film. Le premier film projeté dans ce pays l’est à Shanghai, le 11 août 1896. Puis Ren Jingfeng réalise, en 1905, La Montagne Dingjun.

En Inde, le documentaire The Wrestlers (1899) de H. S. Bhatavdekar est considéré comme le tout premier film, suit en 1913 Raja Harishchandra de Dadasaheb Phalke, film muet historique en langue marathi. L’industrie cinématographique devient la plus prolifique du monde. On y trouve des superproductions bollywoodiennes (nouvelle fenêtre), colorées ponctuées de scènes dansées et chantées.

Dans les années 50, le cinéma indien connaît un âge d’or, avec des réalisateurs comme Raj Kapoor, Guru Dutt ou Satyajit Ray (nouvelle fenêtre). À cette période, il en est de même pour le cinéma japonais qui connaît le début d’une reconnaissance internationale, non sans une certaine inquiétude. Akira Kurosawa (nouvelle fenêtre) devient une source inépuisable d’inspiration, pour Sergio Leone (nouvelle fenêtre) par exemple.

En Corée, la production de films apparaît sous l’occupation japonaise et devient immédiatement un outil de résistance d’abord nationaliste puis sous influence communiste. Ainsi sort en 1926, Arirang du cinéaste et acteur Na Un-gyu.

Depuis plusieurs années, ces pays montent en puissance dans l’industrie du cinéma mondial. Je vous propose un tour d’horizon de ce que vous trouverez à La Médiathèque en DVD ou VOD.

Le cinéma d’Asie de l’Est

 

 

Le cinéma d’Asie centrale

 

– 2 films à découvrir ailleurs : Ouzbékistan (nouvelle fenêtre) et Turkménistan (nouvelle fenêtre)

 

Le cinéma d’Asie du Sud

 

Le Cinéma d’Asie du Sud-Est

 

– 2 films à découvrir ailleurs : Birmanie (nouvelle fenêtre), Malaisie (nouvelle fenêtre)

 

Le Cinéma d’Asie du Sud-Ouest

 

– 4 films à découvrir ailleurs : Oman, Irak, Koweït,  Yémen

Où que vous soyez, faites votre cinéma à La Médiathèque !

Les grands films de Cin’Eiffel : Hannah Arendt et la théorie de la banalité du mal

16 Mai

Le 5 mars 2020, nous avons projeté dans le cadre de Cin’Eiffel, le film très attendu de Margarethe Von Trotta : Hannah Arendt (disponible en VOD-nouvelle fenêtre), qui venait clore le cycle « Filmer l’Histoire ». C’est Mathieu Rasoli, professeur de cinéma et auteur d’une conférence sur Hannah Arendt, qui est intervenu pour nous proposer des clés de lecture de cette philosophe importante du XXe siècle.

Retour sur une extraordinaire soirée consacrée à aborder et comprendre le thème de « la banalité du mal ».

En 2013, Margarethe Von Trotta réalise un biopic sur Hannah Arendt (nouvelle fenêtre), célèbre philosophe immigrée aux États-unis, porté par la formidable actrice et chanteuse Barbara Sukowa (nouvelle fenêtre).

La réalisatrice y examine une année de la vie d’une femme et la naissance de sa pensée sur la banalité du mal, lors du procès d’Eichmann, qui a lieu à Jérusalem en 1961.

Synopsis : Hannah Arendt (1906-1975), philosophe juive allemande, élève de Heidegger, politologue et journaliste est envoyée à Jérusalem pour couvrir le procès Eichmann (nouvelle fenêtre), responsable de la déportation de milliers de Juifs à Auschwitz. Elle développe la théorie de la «banalité du mal» : Eichmann, comme grand nombre de nazis, n’est pas un monstre sanguinaire, mais un homme insignifiant incapable de penser par lui-même, un bureaucrate qui se borne à obéir aux ordres. Elle soutient aussi que certains chefs juifs étaient complices des nazis, alors qu’ils auraient pu protéger leur communauté. Ces déclarations provoquent un tollé général et les amis juifs de la professeure lui tournent définitivement le dos, l’accusant d’antisémitisme. Elle les maintiendra toutefois sans en modifier une ligne.

Mathieu Rasoli annonce, dès le début de son intervention, qu’il parlera davantage du contenu du film que de sa forme esthétique, même s’il évoque immédiatement quelques symboles qui renforcent constamment dans le film, les propos et la pensée d’Hannah Arendt : l’importance des divans, des cigarettes, de la machine à écrire… Il s’appuiera sur les textes d’Hannah Arendt : Eichmann à Jérusalem (nouvelle fenêtre) notamment.

Que nous dit-il ?

Hannah Arendt s’attendait à rencontrer un homme cynique et cruel. Finalement, elle est confrontée à un individu d’une grande banalité, un bureaucrate ordinaire sans jugement, d’une effroyable normalité.

« Il est plus facile d’être victime d’un diable à forme humaine que d’être la victime d’un principe métaphysique voire d’un quelconque clown qui n’est ni un fou ni un homme particulièrement mauvais« . Le «cas Eichmann et les Allemands», in Politique et Pensée  de Hannah Arendt.

«Ils étaient faits de la même étoffe que nous, c’étaient des êtres-humains moyens, moyennement intelligents, d’une méchanceté moyenne : sauf exception, ce n’étaient pas des monstres, ils avaient notre visage». Si c’est un homme de Primo Levi (nouvelle fenêtre)

Il examine, après avoir répondu à quelques questions des participants, l’oubli d’appartenance à la communauté des hommes :

Pour Hannah Arendt, l’inhumanité de l’humain est rendue possible par la dépolitisation de l’homme par le système totalitaire. Le concept de la banalité du mal est donc rattaché au XXème siècle : en dépolitisant l’homme, c’est-à-dire en détruisant en lui ce qui le rattache à une communauté, le régime efface en lui toute moralité. Surtout, il crée une telle distance entre les victimes et leurs bourreaux qu’il ne semble pas à ces derniers appartenir à la même espèce. C’est tout le fondement de la théorie de la banalité du mal : si Eichmann est un bureaucrate banal et non un monstre sanguinaire, c’est qu’il représente un échantillon parfait de la population globale, comme tous les acteurs de l’organisation administrative de l’extermination des Juifs.

«De quelque manière qu’on veuille tracer les limites de la participation active, la machine de destruction constituait un remarquable échantillon de la population allemande. Toutes les professions, toutes les spécialisations, tous les statuts sociaux y étaient représentés» La destruction des Juifs d’Europe (nouvelle fenêtre)  de R. Hilberg (nouvelle fenêtre)

« Dès lors, le mal n’est plus une transgression de la loi mais un oubli fondamental d’appartenance à une communauté ». Responsabilité et Jugement de Hannah Arendt.

« Son regard ne fut pas celui d’un homme à un autre homme ; et si je pouvais expliquer à fond la nature de ce regard, échangé comme à travers la vitre d’un aquarium entre deux êtres appartenant à deux mondes différents, j’aurais expliqué du même coup l’essence de la grande folie du troisième Reich». Si c’est un homme de Primo Levi (nouvelle fenêtre).

Enfin, Mathieu Rasoli évoque « la soumission absolue à la loi »

Pour leur défense, les criminels de guerre comme Eichmann disent qu’ils ne pensent pas : ils obéissent à des ordres, donc ne s’interrogent pas sur l’utilité ou la moralité de leurs actes. Le langage de l’administration contribue à priver Eichmann de la conscience de ses actes : il « s’occupe » de la solution finale du problème juif, et non de l’extermination ; il « compte les pièces », et non les cadavres. Il ne fait qu’accomplir « un vulgaire travail de bureau ». Comme lui, déshumanisés et étrangers à la communauté, les criminels de guerre affirment n’avoir eu nullement conscience de faire le mal. Au contraire, ils obéissaient à des ordres supérieurs, donc à la loi.

C’est la plaidoirie de Eichmann, qui cite à ce propos le philosophe Emmanuel Kant (1724-1804), mais en déformant ses propos. Le «Agis uniquement d’après la maxime qui fait que tu peux aussi vouloir qu’elle devienne une loi universelle» (Fondements de la métaphysique des mœurs, 1785) du philosophe allemand devient chez le criminel de guerre : « Agis de telle manière que le Führer, s’il avait connaissance de tes actes, les approuverait ». Cette soumission totale à la loi (sous le IIIe Reich, Loi=Führer) complique le jugement sur ses crimes, puisque d’après lui, il ne l’a pas transgressée. On voit bien le danger de l’obéissance aveugle à la loi : elle dispense de penser par soi-même.

Mathieu Rasoli conclut sur l’importance que le film de Margarete Von Trotta a eu sur la diffusion de la pensée d’Hannah Arendt auprès d’un large public et arrive à nous convaincre d’aborder les textes mêmes d’une philosophe accessible dont on n’a pas encore fait le tour !

Faites votre cinéma à La Médiathèque!

L’aventure en vaut la peine (Aristote). Voyage n°1 : l’Europe

18 Avr

Ce que j’aime dans la musique et le cinéma, c’est qu’ils permettent de voyager (temps/lieu), tout en restant où l’on est.

« Une destination n’est jamais un lieu, mais une nouvelle façon de voir les choses »(1). Avec les films on se transporte dans une histoire avec son décor, ses paysages, on s’identifie à des personnages et d’un coup  « voyager c’est vivre »(2). On part à la découverte de nouvelles réalités. On découvre de nouvelles cultures. Je vous propose d’ouvrir « une espèce de porte par où l’on sortirait de la réalité comme pour pénétrer dans une réalité inexplorée qui semble un rêve »(3), qu’on appellerait le cinéma.

Escale en Europe avec des films en VOD disponibles à La Médiathèque.

 En Allemagne (nouvelle fenêtre)

 

En Autriche (nouvelle fenêtre) 

En Belgique (nouvelle fenêtre)

En Bulgarie (nouvelle fenêtre)

Au Danemark (nouvelle fenêtre)

 

En Espagne (nouvelle fenêtre)

En Finlande (nouvelle fenêtre)

En France (nouvelle fenêtre)

En Grèce (nouvelle fenêtre)

En Hongrie (nouvelle fenêtre)

 

En Islande (nouvelle fenêtre)

En Italie (nouvelle fenêtre)

En Pologne (nouvelle fenêtre)

Au Portugal (nouvelle fenêtre)

En Roumanie (nouvelle fenêtre)

Au Royaume-Uni (nouvelle fenêtre)

En Serbie (nouvelle fenêtre)

En Slovaquie (nouvelle fenêtre) et en République Tchèque (nouvelle fenêtre)

En Suède (nouvelle fenêtre)

En Suisse (nouvelle fenêtre)

Où que vous soyez, faites votre cinéma à La Médiathèque !

  1. Henry Miller (un entretien avec l’écrivain à écouter en ligne sur le site de La Médiathèque – nouvelle fenêtre)
  2. Hans Christian Andersen (contes à lire en ligne sur el site de La Médiathèque – nouvelle fenêtre)
  3. Guy de Maupassant (livres à lire en ligne sur el site de La Médiathèque  – nouvelle fenêtre)

Les années 20, un renouveau culturel

17 Mar Les années folles

Au commencement de cette nouvelle décennie, replongeons 100 ans en arrière, dans le tumulte des années folles (nouvelle fenêtre), synonymes de bouillonnement et d’effervescence !  C’est l’époque des années festives (Joséphine Baker, Gaby Deslys, Mistinguett) marquées par un grand foisonnement créatif (l’Art déco, Coco Chanel, Kupka, Mondrian).

Côté cinéma, c’est l’âge d’or du muet (Charlie Chaplin (nouvelle fenêtre), Harold Lloyd, Max Linder,  Laurel & Hardy, Louise Brooks, Musidora (nouvelle fenêtre) et Buster Keaton (nouvelle fenêtre)). L’interruption des productions européennes entre 1914 et 1918 permet au cinéma américain soumis jusque-là  à la suprématie européenne de s’imposer et d’avoir une grande influence sur le monde du cinéma. Hollywood (l’usine à rêves) attire et accueille alors les plus talentueux des cinéastes et acteurs européens. Trois grandes firmes se répartissent les productions la Warner avec des  films policiers et les comédies musicales, Universal plutôt fantastiques et la Métro-Goldwyn-Mayer dans les mélodrames historiques. Émergent d’autres sociétés de production (Paramount, Fox film, Disney Brothers Studios, Columbia Pictures) qui comptent  encore aujourd’hui.

En France, le cinéma peine à se remettre de la guerre. Un cinéma d’avant-garde avec des pionniers du courant impressionniste apparaissent : Jean Renoir (nouvelle fenêtre), Abel Gance (nouvelle fenêtre), Germaine Dulac (nouvelle fenêtre), Marcel L’Herbier, Jean Epstein, René Clair (nouvelle fenêtre), Louis Delluc.

L’Allemagne se relève difficilement de sa défaite, sombre dans la misère et invente l’expressionnisme avec une volonté de dépasser le réalisme. Ce genre multiple et difficile à saisir est considéré comme le point de départ de tout le fantastique et a influencé le film noir et le film d’horreur. Fritz Lang (nouvelle fenêtre), Friedrich Wilhelm Murnau (nouvelle fenêtre), Paul Wegener (nouvelle fenêtre), Robert Wiene, Paul Leni (nouvelle fenêtre), Arthur von Gerlach, Arthur Robison en sont les chefs de fil.

En Russie, Sergei Mikhaïlovitch Eisenstein (nouvelle fenêtre), souvent considéré comme un des « pères du montage », tourne Le cuirassé Potemkine (nouvelle fenêtre), dont la célèbre scène du landau dévalant les marches est un monument d’anthologie. On peut citer d’autres noms comme Grigori Kozintsev (nouvelle fenêtre), Leonid Trauberg (nouvelle fenêtre) et Dziga Vertov

Cette décennie est donc un grand foyer d’expérimentation artistique et je vous propose encore quelques titres pour en découvrir davantage.

Faites votre cinéma à La Médiathèque !

Cin’Eiffel : And the winner is…?

22 Nov La rose pourpre du caire de Woody Allen

« La comédie que vous rêvez de voir sur Grand écran ! »

Vous êtes 150 à avoir voté pour la comédie, qui sera projetée jeudi 9 janvier 2020 à 19h30, toute l’équipe de Cin’Eiffel vous en remercie chaudement.

Le vainqueur est… ?

La rose pourpre du Caire de Woody Allen, film américain de 1985, grand succès critique et public dès sa sortie en salle.

Synopsis : « Aux Etats-Unis, pendant la Grande Dépression, au début des années 30. Cecilia se débat entre un mari ivrogne et violent et des petits boulots de serveuse. Malheureuse, elle se rend souvent au cinéma du quartier, qui est sa seule évasion et qui lui permet d’oublier son quotidien sordide. Cette semaine, on y passe une nouvelle romance, «La Rose pourpre du Caire». Cecilia, qui est subjuguée par l’acteur, s’y précipite et reste plusieurs séances d’affilée. Soudain, Tom Baxter, le héros du film, interrompt sa scène et apostrophe Cecilia, pour finalement s’échapper de l’écran et descendre dans la salle. Il entraîne la jeune femme avec lui. Une magnifique histoire d’amour commence… »

Pour commenter le film, nous recevrons Charlotte GARSON (nouvelle fenêtre), une de nos critiques préférées, passionnée de comédies.

Faites votre cinéma à La Médiathèque !

%d blogueurs aiment cette page :