Tag Archives: Chefs-d’oeuvre du cinéma

Voyages à travers le cinéma français de Bertrand Tavernier

29 Avr

On l’a rêvé, il l’a fait!

Bertrand Tavernier, réalisateur (nouvelle fenêtre) et passionné de cinéma, a réalisé en 2016 le grand film sur le cinéma français des années 1930 à 1970, qui a été présenté au Festival de Cannes, Voyage à travers le cinéma français. Il est loué par la critique et le réalisateur américain Martin Scorcese (nouvelle fenêtre) lui rend un bel hommage.

Sa découverte du cinéma suit intimement sa vie d’enfant : en 1942, il « approche » le cinéma pour la 1ère fois (alors qu’il se soigne au sanatorium) avec le film Dernier atout de Jacques Becker (nouvelle fenêtre). C’est une révélation!

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 Adolescent, puis jeune homme, Il découvre des réalisateurs méconnus ou oubliés, s’enthousiasme pour l’originalité des sujets de Jean Grémillon (nouvelle fenêtre) et Edmond Greville.

Il nous rappelle qu’il y a eu de grandes réalisatrices comme Jacqueline Audry et Agnès Varda (nouvelle fenêtre); des réalisateurs étrangers, qui ont enrichi de nouvelles techniques, de nouveaux propos, le cinéma français : John Berry, les Russes des films Albatros, Anatole Litvak, Max Ophuls, et revient sans rien en occulter sur la période de l’Occupation.

Voyage à travers le cinéma français célèbre les musiciens, les compositeurs, qui ont largement enrichi le cinéma français et ont fait de la musique de films française, un art en soi : Joseph Kosma et Maurice Jaubert, par exemple.

Bien sûr, ces 3 heures de film se sont avérées insuffisantes pour parcourir 40 ans d’un des cinémas les plus féconds. Il réitère l’opération en tournant une suite, sous forme de série en 8 épisodes, programmée en septembre 2018 sur France 5.

« Ces films m’ont donné le goût de la mémoire »

C’est une œuvre considérable et colossale : 6 ans de préparation, 582 extraits de 94 films, des kilomètres d’archives visionnées, sélectionnées et pour finir commentées. Il nous offre un film-témoignage émaillé d’une foule d’anecdotes passionnantes, rapportées par les professionnels du cinéma, que Bertrand tavernier a rencontré, interrogé pendant toute sa carrière. Il nous rappelle que si le cinéma est aujourd’hui une industrie, il a aussi été longtemps le travail d’artisans exceptionnels et ambitieux, dont l’œuvre continue à nous faire rêver.

3 DVD – 8 épisodes de 52 minutes, maintenant disponibles à La Médiathèque

Voyage 1 : « Mes cinéastes de chevet – première partie »: Jean Grémillon, Max Ophuls,  Henri Decoin.
Voyage 2 : « Mes cinéastes de chevet – seconde partie » : Sacha Guitry, Marcel Pagnol, Jacques Tati, Robert Bresson, la musique de Jean-Jacques Grünenwaldt.
Voyage 3 : « Les chansons, Julien Duvivier » : Les réalisateurs auteurs de chansons, Julien Duvivier.
Voyage 4 : « Les étrangers dans le cinéma français – Le cinéma sous l’Occupation, l’avant et l’après-guerre » : Viktor Tourjanski, Robert Siodmak, Albert Valentin, Jean-Paul Le Chanois.
Voyage 5 : « La nouvelle vague de l’Occupation » : Claude Autant-Lara, René Clément, Georges Clouzot.
Voyage 6 : « Les Oubliés »: Raymond Bernard, Maurice Tourneur, Anatole Litvak, René Clair,Georges Van Parys, Jean Boyer.
Voyage 7 : « Les Méconnus » : Louis Valray, Pierre Chenal, Henri Calef, Gilles Grangier, Les femmes réalisatrices
Voyage 8 : « Mes années 60 » : Pierre Granier-Deferre, Jacques Deray, Alain Resnais, Michel Deville, Jacques Rouffio, José Giovanni, Yves Boisset, Eric Rohmer…

Eddy Constantine

Eddy Constantine dans un film de John Berry

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Ma loute de Bruno Dumont, un film folklorique et carnavalesque

23 Mar

En mai 2016, Bruno Dumont (nouvelle fenêtre) sortait Ma Loute, retour sur un film étonnant.

Ma Loute, c’est la rencontre des classes sociales où tous les extrêmes convergent et de la fusions des genres cinématographiques : polar burlesque à la frontière du fantastique, comédie théâtrale ou encore tragédie romantique.

Le pitch

Début XXème, les Van Peteghem, riches bourgeois lillois arrivent dans leur résidence secondaire dans la Baie de la Slack. Ils font la connaissance des Brufort, modestes pêcheurs mystérieusement anthropophages qui gagnent leur vie en faisant traverser la baie aux riches aristocrates venus en plaisance au bord de la Manche. Le séjour est soudain perturbé par de mystérieuses disparitions sur lesquelles enquête un tandem de policiers excentriques à la Dupond et Dupont ou tout droit sortis d’un Laurel & Hardy, l’inspecteur Machin et son sagace Malfoy. S’ajoute au tableau, l’histoire d’amour déchirante entre Ma Loute, fils ainé des Brufort aux mœurs bien particulières et Billie figure androgyne de la famille Van Peteghem, à l’identité sexuelle réversible.

Chacun est une caricature : les acteurs connus assument un surjeu totalement délirant comme les illustres inconnus un jargon picard parfois inintelligible. Tous donnent le meilleur d’eux-mêmes pour exprimer le pire de l’humain.

Côté technique, les paysages côtiers des Flandres et du Nord-Pas-de-Calais sont magnifiés par la lumière et le travail de Guillaume Deffontaines, directeur de la photographie. On peut y voir des autochromes inspirés des frères Lumière ou de Jacques-Henri Lartigue (nouvelle fenêtre) montrant la bourgeoisie provinciale, mais aussi la peinture réaliste rappelant la cruauté visionnaire des maîtres de la peinture flamande comme Bosch et Brueghel.

Drôle et terrifiant voire malaisant !

Retrouvez les films et les séries de Bruno Dumont à La Médiathèque de Levallois (nouvelle fenêtre) en DVD ou en VOD.

Musique culte + film culte = scène inoubliable …

9 Mar

Une musique, un sifflement, un air fredonné et des images dans la tête, le tout réuni forme un moment inoubliable, reste à jamais gravé dans notre mémoire ! Dès la première note de musique, on se souvient tout de suite du film, de la scène, des acteurs …

Comme vous probablement, mes premières expériences cinématographiques remontent à des moments passés dans une salle obscure devant un grand écran ou à regarder un film à la télévision, tapie dans le noir, derrière une porte ou en haut d’un escalier, au lieu de s’endormir dans son lit, à se tordre le cou pour voir et entendre le plus possible.

Excalibur (nouvelle fenêtre) de John Boorman (1981) avec Nigel Terry, Helen Mirren (nouvelle fenêtre), Cherie Lunghi (1981, GB) fait partie des lointains souvenirs datant de mon enfance.

La musique du film est signée Trevor Jones. Il a intégré à la bande son des extraits de musique classique dont le célèbre O Fortuna des Carmina Burana de Carl Orff (nouvelle fenêtre), inspiré de chansons du haut moyen-âge ou « la marche funèbre de Siegfried » tiré du Crépuscule des Dieux de Richard Wagner, voulant imprégner l’esprit païen primitif à cette légende arthurienne.

« Uter Pendragon reçoit de Merlin l’Enchanteur l’épée mythique Excalibur. À la mort d’Uter, l’épée reste figée dans une stèle granit. Seul le jeune Arthur, fils illégitime d’Uter parvient à brandir l’épée Excalibur et devient par ce geste le roi d’Angleterre. Quelques années plus tard, il épouse Gueniève et réunit les Chevalier de la Table ronde. Mais sa demie-sœur, la méchante Morgane, parvient à avoir un fils d’Arthur qui va le pousser à sa perte … »

Et vous ? Quelle musique vous fait encore frissonner longtemps après avoir vu le film ?

Monsieur Clint Eastwood : une légende …

9 Fév

Alors que le film La mule est sorti, le 23 janvier 2019, sur grand écran, l’occasion est trop belle pour se priver d’écrire quelques lignes sur le talentueux et légendaire monsieur Clint Eastwood …

 

La mule est le nouveau film de Clint Eastwood, qui avait déclaré, il y a quelques années, qu’il ne « ferait plus l’acteur », pour se consacrer à la mise en scène. Mais Monsieur Eastwood a fini par craquer, et à 88 ans, le voilà à nouveau devant la caméra. La mule est un film inspiré d’une histoire vraie, celle d’un vétéran de la Seconde guerre mondiale, devenu horticulteur et recruté à l’âge de 80 ans, à son insu, comme passeur de drogue pour le compte d’un cartel mexicain.

Clint Eastwood en quelques chiffres :

  • 62 années de carrière
  • 92 films
  • 4 séries
  • 93 nominations
  • 16 récompenses
  • Il a (entre autres) obtenu : quatre Oscars, trois Césars, une Palme d’honneur lors du Festival de Cannes en 2009. Il a reçu à Lyon le Prix Louis-Lumière en 2009 pour l’ensemble de sa carrière. Clint Eastwood est également décoré de l’ordre des arts et des lettres, au rang d’officier.

La cinémathèque vient de lui rendre hommage lors de l’exposition Il était une fois Sergio Leone (nouvelle fenêtre) en mettant en valeur le travail de Sergio Leone avec Clint Eastwood …

Voici tous les titres avec ou de Clint Eastwood à la Médiathèque de Levallois :

A voir ou revoir ! Il suffit de choisir …

Le Samouraï de Melville quand le silence prend la parole

17 Nov

Dans le cadre du cycle La voie du silence, Cin’Eiffel présente jeudi 22 novembre 2018 Le Samouraï de Jean-Pierre Melville. Ce film totémique au ton épuré révèle le génie de la direction d’acteurs et condense toutes les caractéristiques du style Melville (nouvelle fenêtre) : la solitude, le perfectionnisme de la forme, les héros tragiques et les silences y sont poussés jusqu’à l’abstraction.

Le silence au cinéma

Au commencement, le cinéma était muet mais pas silencieux. Ensuite, l’arrivée du son et de la voix ont permis au cinéma de faire le silence ; ainsi obtenu, il prit de la place et du volume. Depuis, de nombreux cinéastes ont travaillé l’idée du silence. Prenant une nature différente pour chacun, comme le réalisateur japonais Yasujirō Ozu, l’iranien Abbas Kiarostami ou encore l’américaine Sofia Coppola, le silence devient un grand événement dramatique, prend une fonction tantôt descriptive tantôt psychologique.

Silence, mutisme et surdité

Il y a les personnages sourds comme Marlee Matlin dans Les enfants du silence de Randa Haines ou les accidents qui provoquent la surdité (There will be blood (nouvelle fenêtre) de Paul Thomas Anderson). Il arrive aussi que les mots ne trouvent pas leur place et rien n’est dit. Le silence est alors plus éloquent que les mots pour exprimer un traumatisme. Dans Persona (nouvelle fenêtre), Elizabeth Vogler interprétée par Liv Ullman (nouvelle fenêtre) se réfugie brusquement dans un mutisme complet en pleine représentation de la pièce Électre. Le silence est alors pour Élisabeth une forme de suicide : se taire pour ne pas mentir.

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Silence et violence

Les ambiances silencieuses et pesantes annoncent bien souvent le pire. Le passage du bruit au silence ou du silence à la fureur marque un terrifiant contraste avec la violence de la scène.

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Silence et au-delà

Le monde de l’au-delà est couramment caractérisé par le silence. Les êtres surnaturels (anges, vampires, fantômes, diables…) apparaissent alors sans bruit aux vivants.

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Silence et art

Bien souvent, le silence plane sur les scènes représentant des activés artistiques. Il invite à l’inspiration, la réflexion et à la concentration.

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Silence et humour

De grands réalisateurs ont joué du silence pour provoquer des effets comiques.

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Silence et viduité

Le silence accompagne les moments de solitude, d’ennui permettant à l’esprit de se reconnecter aux sens et aux émotions afin de trouver sa voie : Bonnie & Clyde (nouvelle fenêtre)  de Arthur Penn, Domicile conjugal de François TruffautOslo 31 août de Joachim Trier ou encore Ghost dog  de Jim Jarmush (nouvelle fenêtre)

Le silence a donc bien des choses à dire. On en parle jeudi 22 novembre avec Rochelle Fack universitaire et romancière, lors de la projection du Samourai incarné par Alain Delon beau et ténébreux, mais avant tout taiseux.

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