Tag Archives: Cin’Eiffel

Maîtres et domestiques au cinéma

13 Oct

Le succès international de la série Downton Abbey, au début des années 2010, a réveillé un genre qu’on avait peut-être un peu oublié : la figure du domestique au cinéma…

  • Au cinéma ou dans la littérature, la relation maître/domestique déclenche immédiatement dans notre imaginaire, un stéréotype, bien présent dans les chroniques sociales : le quotidien difficile du domestique (en comparaison de la vie futile et facile du maître), les relations de pouvoir, l’injustice de classe, le travail harassant…
  • Pourtant la relation maître/serviteur peut également être un levier dramatique très efficace, que certains metteurs en scène ont su mettre a profit : cette figure du domestique mi-confident, mi-esclave, intime et sacrifié volontaire, invisible socialement mais qui mime les postures de son maître, peut devenir une sorte de reflet du maître, dans un effet miroir : on touche alors des thèmes comme « le double », très cinématographique, qui ouvre au scénariste une foule de rebondissements possibles et au réalisateur des motifs esthétiques infinis.

La règle du jeu de Jean Renoir (nouvelle fenêtre)

Le journal d’une femme de chambre de Luis Bunuel (nouvelle fenêtre)

Gosford Park de Robert Altmann (nouvelle fenêtre)

  • Avant les années 60, les domestiques sont le plus souvent représentés comme des proies, des objets de désir et de domination, subissant le pouvoir du maître. La servante notamment est presque toujours fortement érotisée et très souvent victime du maître ou des circonstances…

Une vie d’Alexandre Astruc 1958

La ferme du pendu de Jean Dreville 1945

L’impasse de l’amour et de la haine de Kenji Mizogushi (nouvelle fenêtre) 1937

  • Après les années 60, le nombre de domestiques dans les pays occidentaux baisse massivement, ils ne vivent plus chez leurs employeurs. Ils ne sont plus forcément assujettis à leur maitre. Libérés de conventions sociales qui ont donc changé, les réalisateurs s’autorisent à leur attribuer d’autres types de rôles, une épaisseur dramatique intrinsèque, et même à les rendre menaçants pour le maître.

La cérémonie de Claude chabrol – Bientôt à La Médiathèque

Les blessures assassines de Jean-pierre Denis – Bientôt à La Médiathèque

  • Mais que se passe-t-il quand la relation de pouvoir s’inverse ? C’est ce à quoi nos intervenants vont tenter de répondre, lors de la présentation des deux chefs d’oeuvre, que nous projetons (cycle « Maîtres et domestiques : jeux de pouvoir et transgression sociale »). Si vous voulez en savoir plus, ne manquez pas nos rendez-vous :

Jeudi 4 octobre : The servant de Joseph Losey, présenté par Denitza Bantcheva, universitaire et romancière (nouvelle fenêtre)

Jeudi 18 octobre : La servante de Kim Ki-Young, présenté par Rochelle Fack, universitaire et romancière (nouvelle fenêtre)

 

Faites votre cinéma à La Médiathèque!

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Une love story : Sur la route de Madison

28 Juin

Aujourd’hui, jeudi 28 juin 2018, Cin’Eiffel présente Sur la route de Madison un film surprenant dans l’œuvre de Clint Eastwood. Il serait le film le plus romantique de tous les temps… Venez-vous faire un avis en assistant à la dernière séance de Cin’Eiffel de la saison en présence de Avishag Zafrani, philosphe, qui apportera un éclairage sur le film.

Faites votre cinéma à la Médiathèque ! ( Nouvelle fenêtre)

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Guy Ribes a l’art du faux

21 Mar

À l’ère du copier-coller, l’art non plus n’y coupe pas. Depuis l’Antiquité romaine, la production de faux a toujours accompagné celle d’œuvres d’art. Et certains ont excellé dans celui de reproduire les grands Maîtres.

Cin’Eiffel+ s’intéresse au sujet en présentant dimanche 25 mars 2018 le film de Jean-Luc Léon, Un vrai faussaire (nouvelle fenêtre) (2016). Le réalisateur avait déjà fait un documentaire sur ce thème (Le marchand, l’artiste et le Collectionneur, 1996) mais sans réussir à filmer un faussaire, car très rares sont ceux qui acceptent de se montrer à visage découvert. Or dans le film, que nous allons vous présenter, on découvre le fascinant portrait de Guy Ribes (nouvelle fenêtre) l’un des plus grands faussaires français. Il inonda le marché de l’art, durant plusieurs décennies, en réalisant entre 1000 et 5000 faux, avant d’être condamné par la justice en 2010. Ce personnage romanesque raconte avec sa gouaille les combines du « métier » et ce qu’il pense du marché de l’art. Ses Picasso, Chagall, Renoir et autres Matisse ne sont pas de simples copies mais des tableaux fait « à la manière de », Ribes sait tout (contre)faire. Il a beaucoup travaillé pour retrouver leur technique, leur « âme » et prolonger l’œuvre des Maîtres.

Guy Ribes déclare : « J’ai tout appris en imitant les plus grands. Je les aimais, je voulais me comparer à eux, par orgueil puis par jeu. J’ai bien essayé d’adapter mon œuvre à celle de Picasso, mais c’était impossible. Les gens préféraient mes toiles inspirées des grands maîtres. C’était plus facile de réaliser des imitations que de peindre pour des gens qui se détournaient de mes œuvres. »

Alors on peut se demander qu’est-ce qu’une œuvre d’art ? Qu’est-ce qu’un vrai ? Qu’est-ce qu’un faux ? Pour en apprendre davantage, Cin’Eiffel+ est heureux de recevoir Jacqueline Lichtenstein (nouvelle fenêtre), philosophe et historienne de l’art, dimanche 25 mars à 15h00 à La Médiathèque de Levallois à l’occasion de la projection du film Un vrai faussaire.

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Bette Davis, La Première Dame du grand écran américain

24 Jan

La troublante aura de Bette Davis (nouvelle fenêtre), son talent, sa ténacité et sa forte personnalité l’ont hissée au sommet du cinéma hollywoodien. Née en 1908 aux États-Unis, son prénom lui fut donné par sa mère, en référence au roman de Balzac, La cousine Bette. Attirée très jeune par le théâtre, elle suit les cours de John Murray Anderson et fait ses début à Broadway à 28 ans. Remarquée par la Goldwyn, elle est engagée par Universal puis travaille avec les frères Warner et tourne une centaine de films au cours de sa carrière. Lorsque celle-ci décline, elle publie une annonce dans « Variety » : « Actrice cherche emploi stable »… Bette Davis représente la femme émancipée des années trente, elle est infatigable: cinéma, théâtre, télévision, music-hall. Elle incarne admirablement « l’Actrice ».

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Cin’Eiffel présente jeudi 25 janvier 2018 à 19h30, All about Eve de Joseph L. Mankiewicz, film le plus nominé de l’histoire d’Hollywood avec quatorze nominations et six Oscars, dans lequel Bette Davis campe Margo Channing, actrice adulée tour à tour charmante et odieuse. Le film est considéré par beaucoup comme étant le plus beau film de toute sa carrière. La séance sera présentée par Serge Chauvin, critique et professeur de cinéma.

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Le trou de Jacques Becker, une odyssée souterraine

9 Jan

Cinq prisonniers décident de s’évader de la prison de la Santé en creusant un tunnel dans les sous-sols de Paris. Réussiront-ils à s’échapper ?

Dernier film (1960) de Jacques Becker, tourné alors qu’il est déjà très malade. Il adapte un roman de José Giovanni (nouvelle fenêtre), histoire d’un fait divers qui l’avait étonné en son temps. La prouesse du réalisateur est déjà dans le titre du film : comment tourner un film de plus de 2 heures dans un espace souterrain (La prison de la Santé) et minuscule (la plupart du temps la cellule dans laquelle vivent les cinq hommes)?

Bien sûr, Jacques Becker a déjà réalisé plusieurs films indiscutables : assister Jean Renoir avant la guerre, notamment sur La chienne, lui avait révélé son envie de mettre en scène.

Il enchaîne deux drames très différents pendant la guerre : Goupil mains rouges (chronique paysanne, 1943) et Falbalas (monde de la mode,1945) puis des comédies, après-guerre : Antoine et Antoinette (Palme d’or au Festival de Cannes, 1947) et Rendez-vous de juillet, (film lumineux sur la jeune génération d’après-guerre, 1949). En 1952, sortie en salle de Casque d’or, superbe chronique des bas-fonds parisiens en 1900, incarné par Simone Signoret, probablement son film le plus connu.

Il s’attaque au film de genre en 1954 avec Touchez pas au grisbi (qui relance la carrière de Jean Gabin), prototype du film noir « à la française », d’après un roman d’Albert Simonin, passionné d’argot et dont les romans inspireront de nombreux films de l’époque.

Mais le trou est vraiment un film de défi, dans lequel le réalisateur repousse toutes les limites. La virtuosité de la mise en scène, l’audace et la fluidité des mouvements de caméra en font un film indépassable. Un suspense intense, une grande histoire d’hommes…

François Truffaut, Jean-Luc Godard et Jean-Pierre Melville (nouvelle fenêtre) ont salué le talent de Jacques Becker, pourtant « ancienne vague » mais tellement moderne!

Si vous voulez entrer avec nous dans ce tunnel insondable, rendez-vous à la médiathèque Eiffel, jeudi 11 janvier 2018, 19h30 !

Faites votre cinéma à La Médiathèque !

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