Tag Archives: Cinéma muet

Le Samouraï de Melville quand le silence prend la parole

17 Nov

Dans le cadre du cycle La voie du silence, Cin’Eiffel présente jeudi 22 novembre 2018 Le Samouraï de Jean-Pierre Melville. Ce film totémique au ton épuré révèle le génie de la direction d’acteurs et condense toutes les caractéristiques du style Melville (nouvelle fenêtre) : la solitude, le perfectionnisme de la forme, les héros tragiques et les silences y sont poussés jusqu’à l’abstraction.

Le silence au cinéma

Au commencement, le cinéma était muet mais pas silencieux. Ensuite, l’arrivée du son et de la voix ont permis au cinéma de faire le silence ; ainsi obtenu, il prit de la place et du volume. Depuis, de nombreux cinéastes ont travaillé l’idée du silence. Prenant une nature différente pour chacun, comme le réalisateur japonais Yasujirō Ozu, l’iranien Abbas Kiarostami ou encore l’américaine Sofia Coppola, le silence devient un grand événement dramatique, prend une fonction tantôt descriptive tantôt psychologique.

Silence, mutisme et surdité

Il y a les personnages sourds comme Marlee Matlin dans Les enfants du silence de Randa Haines ou les accidents qui provoquent la surdité (There will be blood (nouvelle fenêtre) de Paul Thomas Anderson). Il arrive aussi que les mots ne trouvent pas leur place et rien n’est dit. Le silence est alors plus éloquent que les mots pour exprimer un traumatisme. Dans Persona (nouvelle fenêtre), Elizabeth Vogler interprétée par Liv Ullman (nouvelle fenêtre) se réfugie brusquement dans un mutisme complet en pleine représentation de la pièce Électre. Le silence est alors pour Élisabeth une forme de suicide : se taire pour ne pas mentir.

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Silence et violence

Les ambiances silencieuses et pesantes annoncent bien souvent le pire. Le passage du bruit au silence ou du silence à la fureur marque un terrifiant contraste avec la violence de la scène.

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Silence et au-delà

Le monde de l’au-delà est couramment caractérisé par le silence. Les êtres surnaturels (anges, vampires, fantômes, diables…) apparaissent alors sans bruit aux vivants.

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Silence et art

Bien souvent, le silence plane sur les scènes représentant des activés artistiques. Il invite à l’inspiration, la réflexion et à la concentration.

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Silence et humour

De grands réalisateurs ont joué du silence pour provoquer des effets comiques.

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Silence et viduité

Le silence accompagne les moments de solitude, d’ennui permettant à l’esprit de se reconnecter aux sens et aux émotions afin de trouver sa voie : Bonnie & Clyde (nouvelle fenêtre)  de Arthur Penn, Domicile conjugal de François TruffautOslo 31 août de Joachim Trier ou encore Ghost dog  de Jim Jarmush (nouvelle fenêtre)

Le silence a donc bien des choses à dire. On en parle jeudi 22 novembre avec Rochelle Fack universitaire et romancière, lors de la projection du Samourai incarné par Alain Delon beau et ténébreux, mais avant tout taiseux.

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Tabou de Miguel Gomes rencontre de la poésie, de la littérature et du cinéma muet

23 Mai

Cin’Eiffel a choisi comme dernier film de son cycle « Nouvelles tendances » Tabou de Miguel Gomes. Poème mélancolique et hommage à Murnau (nouvelle fenêtre), le film a remporté plusieurs récompenses dont le Prix Alfred-Bauer à la Berlinale 2012. Il évoque l’esthétique du cinéma muet tout en le réinventant.

Serge Chauvin, critique et professeur de cinéma, a donné un intéressant décryptage de ce film à l’intensité romanesque, ce qui a encore une fois ravi le public de Cin’Eiffel.

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Faites votre cinéma à la Médiathèque (nouvelle fenêtre) !

L’Inconnu : le monstre n’existe que dans le regard des autres

8 Oct

L’Inconnu est un film muet de Tod Browning sorti en 1927.

Dans le cirque Zanzi, perdu dans la banlieue madrilène , Alonzo, un lanceur de couteaux qui a la particularité de ne pas avoir de bras et exécutant tous ses gestes avec ses pieds , se fait oublier de la police . Pour Nanon , sa partenaire qui ne supporte pas les mains des hommes , il apparait comme l’homme idéal . Mais il est  en concurrence avec Malabar . L’homme aux bras musclés réussit à séduire la jeune femme ; alors Alonzo monte  un ultime stratagème pour le tuer mais celui-ci le mènera à sa perte.

Le film a admirablement traversé les années offrant une mécanique dramaturgique aussi condensée que puissante . L’histoire, tout aussi délirante qu’elle soit, est crédible. Tod Browning traite avec L’Inconnu des thèmes déjà récurrents dans ses films : la monstruosité, la duperie, le mensonge, le simulacre et la frustration sexuelle . L’acteur mythique du cinéma muet , Lon Chaney, dit « l’homme aux mille visages », est excellent, proposant toute une palette d’émotion.

Et des émotions, vous n’en manquerez certainement pas car les Monstres sont invités a la Médiathèque le temps d’une soirée ! Ne ratez pas cet événement samedi 11 octobre à partir de 18h à la médiathèque Gustave-Eiffel

Et en plus, L’Inconnu sera projeté dans l’auditorium, dès 18h, accompagné à la guitare par Richard Bonnet, expert en improvisation, pour un ciné-concert, on n’en doute pas, inoubliable !

Affrontez vos propres peurs en plongeant dans l’univers des monstres et libérez le monstre qui est en vous ! Frissons garantis !

Et ça fait le buzz sur tous les blogs : Liseur , Déclic musique et B.R.E.F.

Gwendal Giguelay revisite Tabou de Murnau

14 Avr

Quelle soirée nous avons vécue, jeudi 10 avril, lors du ciné-concert exceptionnel que Cin’Eiffel organisait autour du film Tabou de Murnau !

Nous étions 60, émerveillés, à être venus écouter la performance incroyable du jeune pianiste professionnel Gwendal Giguelay : pendant 1h30, il a improvisé des thèmes musicaux au piano, accompagnant la poésie et la tragédie qui se jouaient sous nos yeux !

A la fin de la projection, l’émotion était palpable. Car que dire devant une telle interprétation… Gwendal Giguelay, par sa sensibilité, son interprétation personnelle du film, son partage, nous a emmenés, avec Murnau, auprès de Matahi et Réri, essayant de vivre leur amour impossible, malgré le tabou touchant la jeune femme.

Tabou

Matahi et Réri : un amour tabou

 

Après son improvisation, Gwendal Giguelay a pris le temps de répondre aux nombreuses questions qui lui ont été posées sur son travail, son approche du film, son parcours artistique. Bien qu’épuisé par son interprétation  – il a confié à quel point une telle performance pouvait être fatigante, notamment en raison du final du film, très long – , il a répondu avec beaucoup de chaleur et de générosité, et  nous a livré en creux sa perception de l’art en général, de la musique et de cet instrument qu’il aime tant : le piano.

Nous garderons longtemps en mémoire, c’est certain, cette synergie entre image et musique.
Un grand merci, encore une fois, à Gwendal Giguelay pour nous avoir procuré de si belles sensations !

Benoît N.

Anna Chevalier: Reri, archétype éternel d’un exotisme troublant

10 Avr

Anna Chevalier est née en 1912 à Bora-Bora.

Friedrich Wilhelm Murnau lui offre son premier rôle dans son ultime chef-d’œuvre, Tabou. Grâce à son personnage de Reri, l’actrice gagne une renommée internationale, mais ne se défait pas du nom et des caractéristiques attribués à ce rôle.

Après le tournage, elle part aux États-Unis avec F.W Murnau qui souhaite la faire danser dans son prochain film. Mais il meurt le 11 mars 1931 dans un accident de voiture et le projet n’aboutit pas.

En 1934, elle tourne dans Black Pearl de Michał Waszyński, puis dans The Hurricane de John Ford et dans L’Ouragan de Emilio Fernández.

Revenue  en Polynésie française, elle y vit reclue et décède en 1977.

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