Tag Archives: Cinéma muet

Les années 20, un renouveau culturel

17 Mar Les années folles

Au commencement de cette nouvelle décennie, replongeons 100 ans en arrière, dans le tumulte des années folles (nouvelle fenêtre), synonymes de bouillonnement et d’effervescence !  C’est l’époque des années festives (Joséphine Baker, Gaby Deslys, Mistinguett) marquées par un grand foisonnement créatif (l’Art déco, Coco Chanel, Kupka, Mondrian).

Côté cinéma, c’est l’âge d’or du muet (Charlie Chaplin (nouvelle fenêtre), Harold Lloyd, Max Linder,  Laurel & Hardy, Louise Brooks, Musidora (nouvelle fenêtre) et Buster Keaton (nouvelle fenêtre)). L’interruption des productions européennes entre 1914 et 1918 permet au cinéma américain soumis jusque-là  à la suprématie européenne de s’imposer et d’avoir une grande influence sur le monde du cinéma. Hollywood (l’usine à rêves) attire et accueille alors les plus talentueux des cinéastes et acteurs européens. Trois grandes firmes se répartissent les productions la Warner avec des  films policiers et les comédies musicales, Universal plutôt fantastiques et la Métro-Goldwyn-Mayer dans les mélodrames historiques. Émergent d’autres sociétés de production (Paramount, Fox film, Disney Brothers Studios, Columbia Pictures) qui comptent  encore aujourd’hui.

En France, le cinéma peine à se remettre de la guerre. Un cinéma d’avant-garde avec des pionniers du courant impressionniste apparaissent : Jean Renoir (nouvelle fenêtre), Abel Gance (nouvelle fenêtre), Germaine Dulac (nouvelle fenêtre), Marcel L’Herbier, Jean Epstein, René Clair (nouvelle fenêtre), Louis Delluc.

L’Allemagne se relève difficilement de sa défaite, sombre dans la misère et invente l’expressionnisme avec une volonté de dépasser le réalisme. Ce genre multiple et difficile à saisir est considéré comme le point de départ de tout le fantastique et a influencé le film noir et le film d’horreur. Fritz Lang (nouvelle fenêtre), Friedrich Wilhelm Murnau (nouvelle fenêtre), Paul Wegener (nouvelle fenêtre), Robert Wiene, Paul Leni (nouvelle fenêtre), Arthur von Gerlach, Arthur Robison en sont les chefs de fil.

En Russie, Sergei Mikhaïlovitch Eisenstein (nouvelle fenêtre), souvent considéré comme un des « pères du montage », tourne Le cuirassé Potemkine (nouvelle fenêtre), dont la célèbre scène du landau dévalant les marches est un monument d’anthologie. On peut citer d’autres noms comme Grigori Kozintsev (nouvelle fenêtre), Leonid Trauberg (nouvelle fenêtre) et Dziga Vertov

Cette décennie est donc un grand foyer d’expérimentation artistique et je vous propose encore quelques titres pour en découvrir davantage.

Faites votre cinéma à La Médiathèque !

Cendrillon, l’histoire la plus adaptée au cinéma

13 Mai

Cendrillon, une histoire archaïque et contemporaine

Ce conte est un récit d’origine orale, qui s’est répandu à travers les siècles et les continents. Cendrillon est désormais une figure importante de notre imaginaire liant l’intime et l’universel. Rendu célèbre grâce à la version de Charles Perrault en 1697 (plus tard revu par les frères Grimm, Aschenputtel), il est source d’inspiration autant que sujet d’études et connait plus de 70 versions cinématographiques, un record !

L’histoire : Cendrillon, souillon martyrisée par sa marâtre et ses deux belles-sœurs va passer de la cendre vers la lumière.

Les films

En 1899, Georges Méliès réalise la première adaptation avec des visuels sophistiqués inspirés de Gustave Doré dans un film muet Cendrillon (5’41) et réitère en 1912 avec Cendrillon ou la pantoufle merveilleuse (23’45). En 1907, Albert Capellani sort Cendrillon ou la pantoufle merveilleuse (14′), produit par Pathé Frères. Ensuite sortent différentes versions plus ou moins réussies jusqu’à très récemment.

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Les dessins animés

En 1922, Walter Elias Disney est le premier à réaliser l’adaptation du conte avec son studio d’animation Laugh-O-Gram dans le court-métrage Cinderella (7’). En 1950, Disney produit une nouvelle version à la technique très maîtrisée dans laquelle il prend de nombreuses libertés par rapport à Charles Perrault et banalise certains thèmes. C’est pourtant le film qui donne son rayonnement international au conte.

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Retrouvez toutes les versions de Cendrillon à La Médiathèque.

Et retrouvez sur le blog Liseur l’article Cendrillon renait de ses cendres (nouvelle fenêtre) publié lors de la sortie du film Cendrillon de Kenneth Brannagh en 2015.

Le Samouraï de Melville quand le silence prend la parole

17 Nov

Dans le cadre du cycle La voie du silence, Cin’Eiffel présente jeudi 22 novembre 2018 Le Samouraï de Jean-Pierre Melville. Ce film totémique au ton épuré révèle le génie de la direction d’acteurs et condense toutes les caractéristiques du style Melville (nouvelle fenêtre) : la solitude, le perfectionnisme de la forme, les héros tragiques et les silences y sont poussés jusqu’à l’abstraction.

Le silence au cinéma

Au commencement, le cinéma était muet mais pas silencieux. Ensuite, l’arrivée du son et de la voix ont permis au cinéma de faire le silence ; ainsi obtenu, il prit de la place et du volume. Depuis, de nombreux cinéastes ont travaillé l’idée du silence. Prenant une nature différente pour chacun, comme le réalisateur japonais Yasujirō Ozu, l’iranien Abbas Kiarostami ou encore l’américaine Sofia Coppola, le silence devient un grand événement dramatique, prend une fonction tantôt descriptive tantôt psychologique.

Silence, mutisme et surdité

Il y a les personnages sourds comme Marlee Matlin dans Les enfants du silence de Randa Haines ou les accidents qui provoquent la surdité (There will be blood (nouvelle fenêtre) de Paul Thomas Anderson). Il arrive aussi que les mots ne trouvent pas leur place et rien n’est dit. Le silence est alors plus éloquent que les mots pour exprimer un traumatisme. Dans Persona (nouvelle fenêtre), Elizabeth Vogler interprétée par Liv Ullman (nouvelle fenêtre) se réfugie brusquement dans un mutisme complet en pleine représentation de la pièce Électre. Le silence est alors pour Élisabeth une forme de suicide : se taire pour ne pas mentir.

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Silence et violence

Les ambiances silencieuses et pesantes annoncent bien souvent le pire. Le passage du bruit au silence ou du silence à la fureur marque un terrifiant contraste avec la violence de la scène.

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Silence et au-delà

Le monde de l’au-delà est couramment caractérisé par le silence. Les êtres surnaturels (anges, vampires, fantômes, diables…) apparaissent alors sans bruit aux vivants.

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Silence et art

Bien souvent, le silence plane sur les scènes représentant des activés artistiques. Il invite à l’inspiration, la réflexion et à la concentration.

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Silence et humour

De grands réalisateurs ont joué du silence pour provoquer des effets comiques.

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Silence et viduité

Le silence accompagne les moments de solitude, d’ennui permettant à l’esprit de se reconnecter aux sens et aux émotions afin de trouver sa voie : Bonnie & Clyde (nouvelle fenêtre)  de Arthur Penn, Domicile conjugal de François TruffautOslo 31 août de Joachim Trier ou encore Ghost dog  de Jim Jarmush (nouvelle fenêtre)

Le silence a donc bien des choses à dire. On en parle jeudi 22 novembre avec Rochelle Fack universitaire et romancière, lors de la projection du Samourai incarné par Alain Delon beau et ténébreux, mais avant tout taiseux.

Tabou de Miguel Gomes rencontre de la poésie, de la littérature et du cinéma muet

23 Mai

Cin’Eiffel a choisi comme dernier film de son cycle « Nouvelles tendances » Tabou de Miguel Gomes. Poème mélancolique et hommage à Murnau (nouvelle fenêtre), le film a remporté plusieurs récompenses dont le Prix Alfred-Bauer à la Berlinale 2012. Il évoque l’esthétique du cinéma muet tout en le réinventant.

Serge Chauvin, critique et professeur de cinéma, a donné un intéressant décryptage de ce film à l’intensité romanesque, ce qui a encore une fois ravi le public de Cin’Eiffel.

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L’Inconnu : le monstre n’existe que dans le regard des autres

8 Oct

L’Inconnu est un film muet de Tod Browning sorti en 1927.

Dans le cirque Zanzi, perdu dans la banlieue madrilène , Alonzo, un lanceur de couteaux qui a la particularité de ne pas avoir de bras et exécutant tous ses gestes avec ses pieds , se fait oublier de la police . Pour Nanon , sa partenaire qui ne supporte pas les mains des hommes , il apparait comme l’homme idéal . Mais il est  en concurrence avec Malabar . L’homme aux bras musclés réussit à séduire la jeune femme ; alors Alonzo monte  un ultime stratagème pour le tuer mais celui-ci le mènera à sa perte.

Le film a admirablement traversé les années offrant une mécanique dramaturgique aussi condensée que puissante . L’histoire, tout aussi délirante qu’elle soit, est crédible. Tod Browning traite avec L’Inconnu des thèmes déjà récurrents dans ses films : la monstruosité, la duperie, le mensonge, le simulacre et la frustration sexuelle . L’acteur mythique du cinéma muet , Lon Chaney, dit « l’homme aux mille visages », est excellent, proposant toute une palette d’émotion.

Et des émotions, vous n’en manquerez certainement pas car les Monstres sont invités a la Médiathèque le temps d’une soirée ! Ne ratez pas cet événement samedi 11 octobre à partir de 18h à la médiathèque Gustave-Eiffel

Et en plus, L’Inconnu sera projeté dans l’auditorium, dès 18h, accompagné à la guitare par Richard Bonnet, expert en improvisation, pour un ciné-concert, on n’en doute pas, inoubliable !

Affrontez vos propres peurs en plongeant dans l’univers des monstres et libérez le monstre qui est en vous ! Frissons garantis !

Et ça fait le buzz sur tous les blogs : Liseur , Déclic musique et B.R.E.F.

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