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En passant

« Et le soleil dardait un rayon monotone »

5 Juil noir

Sale week-end et très sale début de semaine, vraiment…

Le monde du cinéma est en deuil. Celui de la culture plus largement.

C’est l’histoire ce week end, ce début de semaine qui vient d’en prendre un coup.

Michael Cimino tout d’abord, superstar du cinéma américain des années 1970-1980, réalisateur des cultissimes Voyage au bout de l’enfer, Les portes du paradis ou encore L’Année du dragon : mort samedi 2 juillet, à l’âge de 77 ans.

Et que dire de plus d’Abbas Kiarostami, le créatif intégral, réalisateur du Goût de la cerise notamment, Palme d’or à Cannes, celui qui a fait passer le cinéma iranien dans une autre dimension, celui qui a élevé la poésie des images à son firmament, celui dont la délicatesse n’avait d’égale que son génie et qui restera une source d’inspiration pour de nombreux cinéastes : mort le 4 juillet à 76 ans.

Cimino, Kiarostami, et puis Bonnefoy, Rocard, Wiesel.

Il y a des week end et des débuts de semaine comme ça, où l’histoire s’arrête. Des week end, des débuts de semaine où l’on est simplement tristes, démunis, un peu orphelins il faut bien le dire…

Voilà, il y a des week-end, des débuts de semaine comme ça, où l’on préférerait ne pas écouter les infos, ne pas se réveiller…

Ou alors se réveiller ailleurs, le plus distant possible de ces premiers jours de juillet 2016, et passer ses journées dans un lit par exemple, à voir et revoir des films, leurs films, à lire et relire des poésies, hors du temps et loin de leur mort.

« Et le soleil dardait un rayon monotone ».

Benoît N.

Festival de Cannes 2016 : le palmarès

23 Mai Le Mépris

Le 69ème Festival de Cannes s’est refermé hier, dimanche 22 mai, sur un palmarès somme toute consensuel.

Guiraudie, Dumont, Almódovar, les Dardenne, Refn, Jarmusch, Park Chan-wook, Nichols, Verhoeven surtout : tous absents du Palmarès. Sans présumer de la qualité de ces films, force est de constater que l’audace et l’originalité n’auront pas été récompensées lors de cette semaine cannoise.

Verhoeven donc. On se fera une idée dès ce mercredi, le 25 mai, puisque c’est la date de sortie nationale du film. Mais tout le monde s’accordait pour juger ce film remarquable : de la mise en scène du réalisateur néerlandais à l’interprétation d’Isabelle Hupert dans cette adaptation audacieuse du livre de Philippe Djian, « Oh… ». Le regret peut-être de ce festival : que Elle reparte sans la moindre récompense.

Ken Loach, Palme d'or du 69ème Festival de Cannes

Ken Loach, Palme d’or du 69ème Festival de Cannes

Mais réjouissons-nous toutefois de la Palme accordée à Ken Loach pour Moi, Daniel Blake (sa seconde après Le Vent se lève en 2006), qui consacre un cinéma politique et engagé, ce que son discours a laissé entendre : pour le cinéaste anglais, « un autre monde est possible » et, dans le marasme politico-économique actuel, de tels discours ne peuvent que redonner un peu de confiance et de force. Surtout entendus dans une enceinte comme celle du Palais des congrès de Cannes…

Saluons également la nouvelle performance de Xavier Dolan, recevant le Grand prix pour Juste la fin du monde après avoir remporté le prix du jury pour Mommy il y a deux ans : qu’il sache attendre, le petit réalisateur québécois qui se bonifie en grandissant, qu’il sache se faire patient, et le jour viendra où, à coup sûr, il brandira la Palme.

De son côté, Olivier Assayas, pour Personnal shopper, partage avec Cristian Mungiu, pour Bacalaureat, le prix de la mise en scène.

Enfin, Le Client d’Asghar Farhadi remporte deux prix : le prix d’interprétation masculine pour Shahab Hosseini et le prix du scénario.

 Le Palmarès

Benoît N.

Festival de Cannes 2016 : derniers jours de compétition

20 Mai Le Mépris

Plus que deux jours de compétition officielle et quatre films avant le palmarès, dimanche 22 mai (19h15).

Vendredi 20 mai

Le très engagé Sean Penn est pour la deuxième fois en compétition officielle en tant que réalisateur, après The Pledge en 2001 : il présente cette année The last face. Président du 61ème Festival de Cannes, il a également reçu le prix d’interprétation en 1997 pour son rôle dans She’s so lovely.  

S’il faudra attendre sa sortie en salle pour se faire son propre jugement, The last face a toutefois été copieusement conspué lors de sa projection presse…

Avec Charlize Theron, Javier Bardem et Adèle Exarchopoulos.

the-last-faceSynopsis : Au Libéria, pays d’Afrique ravagé par la guerre, le docteur Miguel Leon, médecin humanitaire, et le docteur Wren Petersen, directrice d’une ONG, tombent passionnément amoureux l’un de l’autre.
S’ils sont tous les deux engagés corps et âme dans leur mission, ils n’en sont pas moins profondément divisés sur les politiques à adopter pour tenter de régler le conflit qui fait rage.
Ils devront surmonter leurs clivages et le chaos qui menace d’emporter le pays tout entier – sous peine de voir leur amour voler en éclats… 

Le second film du jour en compétition est attendu avec beaucoup d’impatience puisque c’est celui du réalisateur danois Nicolas Winding Refn : The Neon demon.

Pusher

Après avoir reçu le prix de la mise en scène pour Drive en 2011, Refn est revenu à Cannes avec Only God forgive en 2013, qui avait beaucoup déçu. Le réalisateur des mythiques Pusher (avec le jeune Mads Mikkelsen, aujourd’hui dans le jury du Festival de Cannes) ou de l’excellent Bronson réussira-t-il, avec cet opus, à réitérer l’effet électrique et d’intense surprise qui avait traversé la salle lors de la projection de Drive ?

Avec Elle Fanning (vue dans Somewhere et Twixt des Coppola, fille et père) et Jena Malone (Hunger games).

Sortie prévue le 16 juin 2016.

Synopsis : Une jeune fille débarque à Los Angeles. Son rêve est de devenir mannequin. Son ascension fulgurante et sa pureté suscitent jalousies et convoitises. Certaines filles s’inclinent devant elle, d’autres sont prêtes à tout pour lui voler sa beauté.

A voir, une bande annonce enivrante !

Samedi 21 mai

Dernier jour de compétition : Verhoeven, Farhadi.

Elle, du trop sous-estimé Paul Verhoeven, est à coup sûr l’un des films de la sélection sur lesquels on mise. Isabelle Hupert, paraît-il, y est époustouflante. On pourra se faire un avis par soi-même très vite, puisque le film sort en salle le 25 mai 2016.

RobocopVerhoeven était déjà venu à Cannes en 1992 pour présenter ce qui, à l’époque, avait été jugé comme un film sulfureux, réduit à une ou deux scènes : Basic instinct. Mais Paul Verhoeven, c’est surtout des films comme Black Book, Starship troopers, Showgirls, et encore Total Recall ou Robocop.

Dans Elle, Verhoeven dirige, en plus d’Isabelle Hupert, Laurent Lafitte, Virginia Efira, Anne Consigny, Charles Berling, Judith Magre, pour livrer un film sur la perversité et la manipulation.

Synopsis : Michèle fait partie de ces femmes que rien ne semble atteindre. À la tête d’une grande entreprise de jeux vidéo, elle gère ses affaires comme sa vie sentimentale : d’une main de fer. Sa vie bascule lorsqu’elle est agressée chez elle par un mystérieux inconnu. Inébranlable, Michèle se met à le traquer en retour. Un jeu étrange s’installe alors entre eux. Un jeu qui, à tout instant, peut dégénérer. 

Le dernier film en compétition est celui du cinéaste iranien Asghar Farhadi : Le Client.

Réalisateur du multi primé Une Séparation (Ours d’or à Berlin, Oscar et César du Meilleur film étranger notamment), de À propos d’Elly (encensé par la critique et ayant reçu un très bel accueil en salles), Farhadi a été récompensé en 2013, à Cannes, du prix du jury œcuménique. A l’instar de Jafar Panahi, il filme l’Iran, encore et toujours, et montre à l’écran la complexité d’une société en mutation, liée à des contradictions, entre modernité et tradition ou archaïsme, qu’elle peine à surmonter.

Sortie prévue le 2 novembre 2016.Le Client

Synopsis : Contraints de quitter leur appartement du centre de Téhéran en raison d’importants travaux menaçant l’immeuble, Emad et Rana emménagent dans un nouveau logement. Un incident en rapport avec l’ancienne locataire va bouleverser la vie du jeune couple. 

 

Dimanche 22 mai 

Le Palmarès. Á suivre…

Benoît N.

Festival de Cannes 2016 : jours 7 et 8

18 Mai Le Mépris

Deux jours de compétition à venir où l’on ira du lourd au très lourd : des frères Dardenne à « l’enfin » Xavier Dolan ! 

Mercredi 18 mai

La journée s’ouvre avec les plus habitués parmi les habitués du Festival de Cannes, les plus palmés de tous les nominés, l’incarnation cinématographique de l’esprit du Festival pour ainsi dire : Jean-Pierre et Luc Dardenne présentent La Fille inconnue.
Les frères Dardenne, c’est deux Palmes d’or pour Rosetta en 1999 et pour L’Enfant en 2005, mais c’est aussi le prix du scénario en 2008 pour Le Silence de Lorna, le grand prix pour Le Gamin au vélo en 2011, et encore la mention spéciale du jury œcuménique en 2014 pour Deux jours, une nuit. Et c’est la septième fois qu’ils sont en compétition pour la Palme d’or.

Synopsis : Un soir, après l’heure de fermeture de son cabinet, Jenny, jeune médecin généraliste, entend sonner mais ne va pas ouvrir. Le lendemain, elle apprend par la police qu’on a retrouvé, non loin de là, une jeune fille morte, sans identité.
Avec Jérémie Régnier et Olivier Gourmet, acteurs de la première heure des deux frères, et une nouvelle venue dans leur univers : Adèle Haenel.

Sortie prévue le mercredi 12 octobre 2016.

Deuxième film en compétition aujourd’hui, Ma’Rosa de Brillante Mendoza. Le réalisateur philippin est à Cannes pour la troisème fois, après Serbis en 2008 et Kinatay en 2009, film qui lui valut le prix de la mise en scène. On le connaît également pour Lola, qui avait rencontré un grand succès en France, ou encore Captive en 2012, avec Isabelle Huppert. Entre trafic de drogue et corruption, Mendoza nous livre le guide de la survie et de l’amour à Manille ! 

Synopsis : Ma’Rosa a quatre enfants. Elle tient une petite épicerie dans un quartier pauvre de Manille où tout le monde la connaît et l’apprécie. Pour joindre les deux bouts, elle et son mari Nestor y revendent illégalement des narcotiques. Un jour ils sont arrêtés. Face à des policiers corrompus, les enfants de Rosa feront tout pour racheter la liberté de leurs parents.

Sortie prévue le 9 novembre 2016.

Jeudi 19 mai

Et voilà, nous y sommes ! La journée que tout le monde attend, celle qui fait saliver depuis des semaines l’ensemble des festivaliers, la date cochée dans tous les agendas… Oui, le jour où Xavier Dolan remporta la Palme… euh, non, pas encore… Le jour où il présenta son nouveau film à Cannes, Juste la fin du monde, dans l’espoir de réparer toutes les injustices passées, et notamment cet affront d’il y a deux ans où il dût non seulement se contenter d’un grand prix pour Mommy mais où, en plus, il dût le partager avec un certain… Jean-Luc Godard qui avait présenté lui son Adieu au langage !
Xavier Dolan, c’est un peu les frères Dardenne avec les Palmes en moins. Excepté en effet Tom à la ferme, tous ses autres films ont été présentés dans une des sélections du Festival de Cannes et tous, il faut bien le reconnaître, ont remporté un prix. J’ai tué ma mère, Les Amours imaginaires, Laurence Anyways, Mommy.
A tout seigneur tout honneur donc : nous souhaitons le meilleur à Juste la fin du monde qui, espérons-le, ne soit pas juste un nouveau film surestimé du petit génie canadien.
Pour Juste la fin du monde, adapté de la pièce de Jean-Luc Lagarce, Dolan nous offre un casting relevé : Gaspard Ulliel, Marion Cotillard, Vincent Cassel, Nathalie Baye, Léa Seydoux. Un casting à prix !

Synopsis : Louis revient voir sa famille après plusieurs années d’absence afin d’annoncer sa mort prochaine et inévitable. Son retour bouleverse ses proches et génère des conflits.

Sortie prévue le 21 septembre 2016

Cette journée cependant n’est pas exclusivement consacrée à Dolan puisque Cristian Mungiu sera lui aussi en compétition avec Bacalauréat.
Le réalisateur roumain est un autre habitué et de Cannes et des prix, puisqu’il a reçu la Palme d’or en 2007 pour 4 mois, 3 semaines, 2 jours, ainsi que le prix du scénario pour Au-delà des collines en 2012 (film qui valut à ses deux interprètes féminines le prix d’interprétation).

Synopsis : Romeo, médecin dans une petite ville de Transylvanie, a tout mis en œuvre pour que sa fille, Eliza, soit acceptée dans une université anglaise. Il ne reste plus à la jeune fille, très bonne élève, qu’une formalité qui ne devrait pas poser de problème : obtenir son baccalauréat. Mais Eliza se fait agresser et le précieux Sésame semble brutalement hors de portée. Avec lui, c’est toute la vie de Romeo qui est remise en question quand il oublie alors tous les principes qu’il a inculqués à sa fille, entre compromis et compromissions… 

Benoît N.

Festival de Cannes 2016 : journée particulière

17 Mai Le Mépris

J-2 avant les marches de l’enfant star… En attendant, on salive !

Très belle journée en perspective au Festival de Cannes, avec trois films en compétition : Julieta, Personal shopper et Aquarius.

Mardi 17 mai

Julieta est le dernier film de Pedro Almódovar, un habitué de la croisette puisqu’il a déjà présenté en sélection officielle La mauvaise éducation (2004), Vovler (2006), Etreintes brisées (2009), La piel que habito (2011), et Tout sur ma mère qui avait reçu le prix de la mise en scène en 1999. Almodovar déclare, à propos de Julieta, drame sombre et intime, moins baroque que ses films précédents : 

« ce film parle du destin inéluctable, du complexe de culpabilité et de ce mystère insondable qui fait que nous abandonnons les personnes que nous aimions, que nous les effaçons de notre mémoire comme si elles n’avaient jamais rien signifié. Et de la douleur que cet abandon engendre chez la victime. »

Sortie nationale de Julieta le 18 mai 2016 : pour se faire un avis dans les plus brefs délais !

 

Second film très attendu de cette journée, Personal shopper d’Olivier Assayas, avec la non moins attendue Kristen Stewart, dont l’interprétation de Valentine dans Sils Maria , au côté de Juliette Binoche, avait confirmé le talent d’une grande actrice ! Avec Lars Eidinger (déjà présent dans Sils Maria) et Anders Danielsen Lie (vu dans l’excellent Oslo, 31 août ou encore Fidelio, l’odyssée d’Alice).

Sortie prévue le 19 octobre 2016.

 

Le troisième film en compétition est un film brésilien de Kleber Mendonça Filho : Aquarius. Issu du documentaire, distant des industries cinématographiques qui auraient tendance, selon lui, a tué l’imaginaire en réduisant la diversité au même, ce cinéaste, né en 1968, propose un cinéma de la résistance et essaie autant qu’il le peut, que ce soit dans ses courts ou dans ses longs métrages, de donner une image et une approche différentes des villes, et tout particulièrement de la sienne, Recife. Aquarius est dans cette veine et pourrait être le film surprise de la compétition.

Sortie prévue le 28 septembre 2016.

AquariusSynopsis : Clara, la soixantaine, ancienne critique musicale, est née dans un milieu bourgeois de Recife, au Brésil. Elle vit dans un immeuble singulier, l’Aquarius construit dans les années 40, sur la très huppée Avenida Boa Viagem qui longe l’océan. Un important promoteur a racheté tous les appartements mais elle, se refuse à vendre le sien. Elle va rentrer en guerre froide avec la société immobilière qui la harcèle. Très perturbée par cette tension, elle repense à sa vie, son passé, ceux qu’elle aime.

Mercredi 18 mai

À suivre…

Benoît N.

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