Tag Archives: In-actuelle

Festival de Cannes 2016 : journée particulière

17 Mai

J-2 avant les marches de l’enfant star… En attendant, on salive !

Très belle journée en perspective au Festival de Cannes, avec trois films en compétition : Julieta, Personal shopper et Aquarius.

Mardi 17 mai

Julieta est le dernier film de Pedro Almódovar, un habitué de la croisette puisqu’il a déjà présenté en sélection officielle La mauvaise éducation (2004), Vovler (2006), Etreintes brisées (2009), La piel que habito (2011), et Tout sur ma mère qui avait reçu le prix de la mise en scène en 1999. Almodovar déclare, à propos de Julieta, drame sombre et intime, moins baroque que ses films précédents : 

« ce film parle du destin inéluctable, du complexe de culpabilité et de ce mystère insondable qui fait que nous abandonnons les personnes que nous aimions, que nous les effaçons de notre mémoire comme si elles n’avaient jamais rien signifié. Et de la douleur que cet abandon engendre chez la victime. »

Sortie nationale de Julieta le 18 mai 2016 : pour se faire un avis dans les plus brefs délais !

 

Second film très attendu de cette journée, Personal shopper d’Olivier Assayas, avec la non moins attendue Kristen Stewart, dont l’interprétation de Valentine dans Sils Maria , au côté de Juliette Binoche, avait confirmé le talent d’une grande actrice ! Avec Lars Eidinger (déjà présent dans Sils Maria) et Anders Danielsen Lie (vu dans l’excellent Oslo, 31 août ou encore Fidelio, l’odyssée d’Alice).

Sortie prévue le 19 octobre 2016.

 

Le troisième film en compétition est un film brésilien de Kleber Mendonça Filho : Aquarius. Issu du documentaire, distant des industries cinématographiques qui auraient tendance, selon lui, a tué l’imaginaire en réduisant la diversité au même, ce cinéaste, né en 1968, propose un cinéma de la résistance et essaie autant qu’il le peut, que ce soit dans ses courts ou dans ses longs métrages, de donner une image et une approche différentes des villes, et tout particulièrement de la sienne, Recife. Aquarius est dans cette veine et pourrait être le film surprise de la compétition.

Sortie prévue le 28 septembre 2016.

AquariusSynopsis : Clara, la soixantaine, ancienne critique musicale, est née dans un milieu bourgeois de Recife, au Brésil. Elle vit dans un immeuble singulier, l’Aquarius construit dans les années 40, sur la très huppée Avenida Boa Viagem qui longe l’océan. Un important promoteur a racheté tous les appartements mais elle, se refuse à vendre le sien. Elle va rentrer en guerre froide avec la société immobilière qui la harcèle. Très perturbée par cette tension, elle repense à sa vie, son passé, ceux qu’elle aime.

Mercredi 18 mai

À suivre…

Benoît N.

Publicités

A grands pas dans le Festival de Cannes !

14 Mai

J-5 avant la projection de Juste la fin du monde… D’ici là, quelques belle éclaircies cinématographiques en prévision ! Poursuite de notre revue des films en compétition !

Jusque-là, tout va bien…

Samedi 14 mai

Un habitué de la croisette pour commencer, récompensé par le passé au Festival de Cannes du Grand prix pour Old boy (2004) et du prix du jury pour Thirst, ceci est mon sang (2009) : Park Chan-wook, fer de lance de la nouvelle vague sud-coréenne, présente  cette année Mademoiselle, dont la date de sortie française est prévue pour le 5 octobre 2016. Un film que l’on attend avec impatience tant l’univers de ce réalisateur est toujours rempli de surprises, entre esthétique léchée et violence de la déshérence humaine.

Le second film en compétition est Toni Erdmann de Maren Ade (sortie prévue le 17 août 2016). C’est le troisième long métrage de cette jeune réalisatrice allemande, après les prometteurs The Forest for the trees (2003), récompensé du prix spécial du jury à Sundance en 2005, et Everyone else (2009), récompensé cette même année d’un Ours d’Argent (Grand prix du jury) à la Berlinale.

Synopsis : Quand Ines, femme d’affaire d’une grande société allemande basée à Bucarest, voit son père débarquer sans prévenir, elle ne cache pas son exaspération. Sa vie parfaitement organisée ne souffre pas le moindre désordre mais lorsque son père lui pose la question « es-tu heureuse? », son incapacité à répondre est le début d’un bouleversement profond. Ce père encombrant et dont elle a honte fait tout pour l’aider à retrouver un sens à sa vie en s’inventant un personnage : le facétieux Toni Erdmann…

Dimanche 15 mai

Une journée consacrée aux réalisatrices !

Mal-de-Pierres-de-Nicole-GarciaDeuxième femme en compétition lors de ce 69ème Festival de Cannes, Nicole Garcia présente Mal de pierres, avec Marion Cotillard (l’un de ses 2 films en compétition) et Louis Garrel notamment (sortie prévue le 19 octobre 2016). C’est la troisième fois que la réalisatrice française présente un film à Cannes, après L’Adversaire en 2002 et Selon Charlie en 2016.

Synopsis : Gabrielle a grandi dans la petite bourgeoisie agricole où son rêve d’une passion absolue fait scandale. A une époque où l’on destine d’abord les femmes au mariage, elle dérange, on la croit folle. Ses parents la donnent à José, un ouvrier saisonnier, chargé de faire d’elle une femme respectable. Gabrielle dit ne pas l’aimer, se voit enterrée vivante.
Lorsqu’on l’envoie en cure thermale pour soigner ses calculs rénaux, son mal de pierres, un lieutenant blessé dans la guerre d’Indochine, André Sauvage, fait renaître en elle cette urgence d’aimer. Ils fuiront ensemble, elle se le jure, et il semble répondre à son désir. Cette fois on ne lui prendra pas ce qu’elle nomme « la chose principale ». Gabrielle veut aller au bout de son rêve.

La réalisatrice britannique Andrea Arnold, remarquée notamment pour Fish Tank (prix du jury à Cannes en 2009), présente, ce dimanche, American Honey, avec le sulfureux Shia LaBeouf à l’affiche.

American honeySynopsis : Star, une adolescente, quitte sa famille dysfonctionelle et rejoint une équipe de vente d’abonnements de magazines, qui parcourt le midwest américain en faisant du porte à porte.
Aussitôt à sa place parmi cette bande de jeunes, dont fait partie Jake, elle adopte rapidement leur style de vie, rythmé par des soirées arrosées, des petits méfaits et des histoires d’amour…

Lundi 16 mai

L’une des journées les plus attendues et les plus fertiles en sensations cinématographiques à n’en pas douter, avec les longs métrages de deux grands cinéastes américains : Jeff Nichols, l’un des meilleurs de la nouvelle génération, et Jim Jarmusch, l’un des meilleurs tout court !

Jeff Nicols n’a que 37 ans et il est le réalisateur, déjà, de films lumineux à l’atmosphère si particulière, qui laissent augurer une carrière remarquable : Shotgun Stories, Take Shalter (prix de la critique internationale au Festival de Cnnes 2011), Mud (en compétition à Cannes) et, dernièrement, Midnight special. C’est peu dire que l’on attend encore beaucoup de son dernier film, Loving, achevé juste à temps pour être présenté en sélection officielle. Avec l’acteur fétiche de Nichols, Michael Shannon.

LovingSynopsis : Mildred et Richard Loving s’aiment et décident de se marier. Rien de plus naturel – sauf qu’il est blanc et qu’elle est noire dans l’Amérique ségrégationniste de 1958. L’État de Virginie où les Loving ont décidé de s’installer les poursuit en justice : le couple est condamné à une peine de prison, avec suspension de la sentence à condition qu’il quitte l’État. Considérant qu’il s’agit d’une violation de leurs droits civiques, Richard et Mildred portent leur affaire devant les tribunaux. Ils iront jusqu’à la Cour Suprême qui, en 1967, casse la décision de la Virginie. Désormais, l’arrêt « Loving v. Virginia » symbolise le droit de s’aimer pour tous, sans aucune distinction d’origine. 

Après Jeff Nichols, Jim Jarmusch que l’on ne présente plus ! Grand prix à Cannes pour Broken flowers, il reste le réalisateur en passe de devenir culte de Stranger than paradise, Down by law, Mystery train ou encore Dead man, Ghost dog et, plus récemment, le très beau Only lovers left alives : Jarmusch présente cette année en compétition à Cannes Paterson, avec Adam Driver.

Mardi 17 mai

À suivre…

Benoît N.

Premiers pas au Festival de Cannes 2016 !

10 Mai

Le 69ème Festival de Cannes, cette année sous la présidence de George Miller, débute ce mercredi 11 mai. Quels sont les premiers événements à ne pas manquer, les premières projections attendues, les premières stars à fouler les marches du Palais des festival et des congrès ? Premiers pas dans le Festival… tout à fait subjectifs…

Et pour commencer, et que l’on n’en parle plus, une absence notable dans ce billet : celle de Xavier Dolan ! Non par mesquinerie, vous vous en doutez bien  : non, c’est simplement que son nouveau film, Juste la fin du monde, n’entrera en compétition officielle que le jeudi 19 mai… Alors, dans l’attente (certes insoutenable) de cette projection, concentrons-nous sur les films à voir dans les jours à venir.

Ouverture

Woody Allen en amuse-gueule ! Son film, Cafe Society, fera l’ouverture du festival mercredi soir, le réalisateur américain refusant toujours d’être en compétition. Le film est en sortie nationale le jour même. A l’affiche : Jesse Eisenberg, Kristen Stewart, Steve Carell, Blake Lively.

Jeudi 12 mai

Les choses sérieuses commencent dès jeudi avec la projection de Rester vertical d’Alain Garaudie, réalisateur de l’excellent L’Inconnu du lac, prix de la mise en scène au Festival de Cannes 2013. Un film dont on attend beaucoup tant le cinéma de Garaudie, radical et poétique, sait nous surprendre et nous ravir.

Ce même jour, à noter la présence de Cristi Puiu avec Sieranevada. Le réalisateur roumain avait remporté le prix Un Certain regard au Festival de Cannes 2005 pour La Mort de Dante Lazarescu. Il est le réalisateur également du très remarqué Aurora en 2010 (disponible en VOD sur La Médiathèque numérique).

Synopsis : De retour d’un voyage d’affaires à Paris, un neurologue rejoint sa femme pour un dîner organisé pour l’anniversaire de la mort du père de cette dernière. Sur place, tous les convives attendent le prêtre censé célébrer la cérémonie…

Vendredi 13 mai

Journée trois étoiles avec le tant attendu Ma Loute de Bruno Dumont et le toujours attendu Ken Loach, avec I, Daniel Blake.

Le réalisateur de Ptit Quinquin s’essaie à la comédie sur grand écran, mêlant stars du cinéma français (Binoche, Bruni-Tedeschi et Luchini – les trois à contre emploi) et comédiens amateurs, le tout sur le littoral du Nord  et avec l’accent !

Quant à Ken Loach, il présente son dernier opus dans lequel il semble retrouver ses thèmes de prédilection, faisant de la survie sociale dans ce monde désincarné un engagement sans fin.

Synopsis : Pour la première fois de sa vie, Daniel Blake, un menuisier anglais de 59 ans, est contraint de faire appel à l’aide sociale à la suite de problèmes cardiaques. Mais bien que son médecin lui ait interdit de travailler, il se voit signifier l’obligation d’une recherche d’emploi sous peine de sanction. Au cours de ses rendez-vous réguliers au « job center », Daniel va croiser la route de Rachel, mère célibataire de deux enfants qui a été contrainte d’accepter un logement à 450km de sa ville natale pour ne pas être placée  en foyer d’accueil. Pris tous deux dans les filets des aberrations administratives de la Grande-Bretagne d’aujourd’hui, Daniel et Rachel vont tenter de s’entraider…

Samedi 14 mai

À suivre…

Benoît N.

En passant

L’Afrance, premier film d’Alain Gomis

11 Avr

Cin’Eiffel part à la rencontre des jeunes talents du 7 au 16 avril.

Et Les Rencontres de Cin’Eiffel accueillent Alain Gomis pour la projection de son premier film L’Afrance, le jeudi 14 avril à 19h30.

L'Afrance2Synopsis : El Hadj, jeune étudiant Sénégalais, réside en France depuis six ans, entouré de membres de sa communauté, étudiants comme lui ou actifs. Le jeune homme souhaite retourner dans son pays afin d’y enseigner, une fois ses études terminées. Mais sa rencontre avec une jeune femme blanche ébranle peu à peu ses certitudes. Lorsqu’il veut reconduire sa carte de séjour, il est immédiatement arrêté, maltraité et menacé d’être reconduit à la frontière manu militari. Totalement découragé, il pense alors à retourner définitivement au Sénégal. Jusqu’à ce que sa carte lui soit enfin rendue. Le doute s’installe à nouveau. El Hadj ne sait où s’établir définitivement…

Qui suis-je ? Qui sommes-nous ?

El Hadj, qui termine ses études à Paris, doit retourner au Sénégal pour y enseigner l’histoire, une fois ses diplômes obtenus. Ce destin tout tracé se transforme néanmoins en pure construction théorique lorsqu’El Hadj oublie de renouveler sa carte de séjour : du jour au lendemain, il devient clandestin et se trouve, comme bien d’autres avant lui, déshumanisé et confronté aux automatismes aveugles d’une société (se résumant alors à une simple administration) qui change l’individu en cas.

Alain Gomis

Alain Gomis

Au cœur de cette situation limite où sa condition même d’homme lui est déniée, El Hadj s’interroge sur ce qui constitue son identité profonde : est-il Sénégalais ? Est-il Français ? Comment vivre ou survivre dans un monde où l’homme n’est plus qu’une formalité ? Mais paradoxalement, c’est une fois qu’El Hadj n’est plus rien qu’il peut décider véritablement de celui qu’il veut être, délivré finalement des stéréotypes qui l’avaient lié jusque-là.

L’Afrance, Léopard du Meilleur premier film au festival de Locarno (2001), est un film d’Alain Gomis. Un film qui donne à réfléchir à la fois sur ce qui constitue l’identité d’un homme, mais aussi, et en reflet, sur la place (et l’image) que chacun attribue, dans nos sociétés, à l’autre. L’Afrance lutte contre tous les préjugés : en cela, il reste un film d’utilité publique

Benoît N.

En passant

Mustang : éprises de libertés

2 Avr

Cin’Eiffel part à la rencontre des jeunes talents du 7 au 16 avril.

Et Les Rencontres de Cin’Eiffel commencent avec la projection de Mustang, sur le grand écran de la médiathèque Gustave-Eiffel, le jeudi 7 avril à 19h30.

Synopsis : C’est le début de l’été. Dans un village reculé de Turquie, Lale et ses quatre sœurs rentrent de l’école en jouant avec des garçons et déclenchent un scandale aux conséquences inattendues. La maison familiale se transforme progressivement en prison, les cours de pratiques ménagères remplacent l’école et les mariages commencent à s’arranger. Les cinq sœurs, animées par un même désir de liberté, détournent les limites qui leur sont imposées.

Mustang2Tout commence dans la joie et la bonne humeur, avec des jeux d’adolescents : des filles et des garçons qui s’amusent, flirtent ensemble, sans outrance et dans la fraîcheur qu’autorise leur âge.

Oui mais… Même si cette histoire se déroule dans les années 2010, elle a lieu dans une partie reculée de la Turquie, encore soumise à la pression traditionnaliste d’une certaine expression religieuse.

Et ce qui s’annonçait comme une chronique habituelle de la légèreté adolescente va se transformer en un hymne à la liberté et au droit à aimer et à vivre sa vie ! Simplement.

Mustang a reçu 10 prix dont 4 César : Meilleure première œuvre, Meilleur montage, Meilleur scénario original et Meilleure musique.

Mustang est le premier long métrage de Deniz Gamze Ergüven, une « cinéaste de demain » à suivre !

Benoît N.

%d blogueurs aiment cette page :