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Michel Serrault : un monstre sacré du cinéma français

13 Fév

Pour sa Carte blanche à … 2019, Cin’Eiffel reçoit François-Guillaume Lorrain qui présentera et commentera son film préféré L’argent des autres (Christian de Chalonge, 1978), une satire cruelle à la Kafka, à l’excellent casting, dont on retient les interprétations remarquables de Jean-Louis Trintignant et de Michel Serrault. L’occasion de faire un retour sur les 53 ans de carrière de ce dernier, le « plus grand acteur du monde » d’après Michel Audiard.

Michel Serrault est un acteur français né le 24 janvier 1928 à Brunoy. Après avoir abandonné sa vocation de prêtre, il se destine au théâtre et s’inscrit au centre d’art dramatique de la rue Blanche. Au terme de ces deux années d’étude, il n’est pas pris au Conservatoire et part en 1946 pour une tournée en Allemagne, au cours de laquelle il joue Les fourberies de Scapin. Ensuite, il rejoint la troupe des Branquignols et rencontre son compère et ami Jean Poiret avec lequel il monte de nombreux sketches et joue plusieurs films.

Au cinéma, il débute avec un petit rôle dans Ah ! les belles bacchantes (Jean Loubignac, 1954), puis joue dans Les Diaboliques (Henri-Georges Clouzot, 1955) (nouvelle fenêtre) et dans Assassins et voleurs (Sacha Guitry, 1957). Peu apprécié des grands réalisateurs du moment, il est cantonné à des rôles secondaires et aux comédies légères jusqu’aux années soixante-dix, où il trouve enfin des rôles à sa mesure comme dans Le viager de Pierre Tchernia (1972).

La consécration tant par ses pairs que par le public arrive avec La cage aux folles, comédie écrite par Jean Poiret et mise en scène par Pierre Mondy. L’adaptation cinématographique de la pièce par Édouard Molinaro lui permet d’obtenir en 1979 son premier César du meilleur acteur pour le rôle d’Albin, alias Zaza Napoli.

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Dès lors il enchaine les succès dans tous les genres : comique, dramatique et même historique, révélant un nouveau pan de sa personnalité et incarne des personnages plus complexes voire ambigus. On le voit ainsi dans Buffet froid (Bertrand Blier, 1979), Garde à vue (Claude Miller, 1981, César du meilleur acteur), Nelly et Monsieur Arnaud (Claude Sautet, 1994, César du meilleur acteur), Le bonheur est dans le pré (Étienne Chatiliez, 1995), Beaumarchais, l’insolent (Édouard Molinaro, 1996), Assassin(s) (Mathieu Kassovitz, 1997) ou encore Joyeux Noël (Christian Caron, 2004).

En 2001, il publie son autobiographie Vous avez dit Serrault puis se fait de plus en plus discret sur grand écran. Il se retire dans sa propriété du Calvados où il s’éteint le 29 juillet 2007.

Rendez-vous jeudi 14 février 2019 à 19h30, pour la projection de L’argent des autres (Prix Louis Delluc, César du meilleur film et du meilleur réalisateur en 1979), un film adapté du livre de Nancy Markham et dans lequel Chalonge s’emploie à dénoncer le pouvoir de l’argent et son inhumanité.

 

Faites votre cinéma à la Médiathèque !

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Le Samouraï de Melville quand le silence prend la parole

17 Nov

Dans le cadre du cycle La voie du silence, Cin’Eiffel présente jeudi 22 novembre 2018 Le Samouraï de Jean-Pierre Melville. Ce film totémique au ton épuré révèle le génie de la direction d’acteurs et condense toutes les caractéristiques du style Melville (nouvelle fenêtre) : la solitude, le perfectionnisme de la forme, les héros tragiques et les silences y sont poussés jusqu’à l’abstraction.

Le silence au cinéma

Au commencement, le cinéma était muet mais pas silencieux. Ensuite, l’arrivée du son et de la voix ont permis au cinéma de faire le silence ; ainsi obtenu, il prit de la place et du volume. Depuis, de nombreux cinéastes ont travaillé l’idée du silence. Prenant une nature différente pour chacun, comme le réalisateur japonais Yasujirō Ozu, l’iranien Abbas Kiarostami ou encore l’américaine Sofia Coppola, le silence devient un grand événement dramatique, prend une fonction tantôt descriptive tantôt psychologique.

Silence, mutisme et surdité

Il y a les personnages sourds comme Marlee Matlin dans Les enfants du silence de Randa Haines ou les accidents qui provoquent la surdité (There will be blood (nouvelle fenêtre) de Paul Thomas Anderson). Il arrive aussi que les mots ne trouvent pas leur place et rien n’est dit. Le silence est alors plus éloquent que les mots pour exprimer un traumatisme. Dans Persona (nouvelle fenêtre), Elizabeth Vogler interprétée par Liv Ullman (nouvelle fenêtre) se réfugie brusquement dans un mutisme complet en pleine représentation de la pièce Électre. Le silence est alors pour Élisabeth une forme de suicide : se taire pour ne pas mentir.

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Silence et violence

Les ambiances silencieuses et pesantes annoncent bien souvent le pire. Le passage du bruit au silence ou du silence à la fureur marque un terrifiant contraste avec la violence de la scène.

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Silence et au-delà

Le monde de l’au-delà est couramment caractérisé par le silence. Les êtres surnaturels (anges, vampires, fantômes, diables…) apparaissent alors sans bruit aux vivants.

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Silence et art

Bien souvent, le silence plane sur les scènes représentant des activés artistiques. Il invite à l’inspiration, la réflexion et à la concentration.

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Silence et humour

De grands réalisateurs ont joué du silence pour provoquer des effets comiques.

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Silence et viduité

Le silence accompagne les moments de solitude, d’ennui permettant à l’esprit de se reconnecter aux sens et aux émotions afin de trouver sa voie : Bonnie & Clyde (nouvelle fenêtre)  de Arthur Penn, Domicile conjugal de François TruffautOslo 31 août de Joachim Trier ou encore Ghost dog  de Jim Jarmush (nouvelle fenêtre)

Le silence a donc bien des choses à dire. On en parle jeudi 22 novembre avec Rochelle Fack universitaire et romancière, lors de la projection du Samourai incarné par Alain Delon beau et ténébreux, mais avant tout taiseux.

Commémoration de l’Armistice de 1918 : « Là où poussent les coquelicots »

3 Nov

Dans le cadre des Rencontres de Cin’Eiffel (« le cinéma par ceux qui le font ») et à l’occasion de la Commémoration de l’Armistice de 1918, La Médiathèque vous propose la projection du film documentaire « Là où poussent les coquelicots : fragments d’une Guerre dessinée » le jeudi 8 novembre à 19h30, en présence du producteur Laurent Segal.

 

©Kanari films

 

Synopsis : D’où viennent les images de la Première Guerre mondiale qui hantent notre imaginaire ? Voir la Grande Guerre, ne plus se contenter de la raconter, mais la montrer et l’incarner : voilà ce que propose aujourd’hui la bande dessinée.
En interrogeant l’archive et l’histoire, les auteurs présents dans ce film dialoguent avec la profondeur du temps. Ils ressuscitent la Première Guerre mondiale dans notre imaginaire : leurs dessins sont plus que des traits.
Ces artistes majeurs ont fait de la Grande Guerre le sujet principal de leur récit graphique. En leur compagnie, nous chercherons à esquisser la mémoire fragmentée d’une chronique dessinée de 14-18.

 

 

Un film réalisé avec la participation de Jacques Tardi, Henrik Rehr, Kris & Maël, David Vandermeulen, Joe Sacco, Charlie Adlard, Robbie Morrison et Delphine Priet-Mahéo.

 

Rendez-vous dans l’auditorium de la médiathèque Gustave-Eiffel, jeudi 8 novembre à 19h30. Faites votre cinéma à La Médiathèque !

Une love story : Sur la route de Madison

28 Juin

Aujourd’hui, jeudi 28 juin 2018, Cin’Eiffel présente Sur la route de Madison un film surprenant dans l’œuvre de Clint Eastwood. Il serait le film le plus romantique de tous les temps… Venez-vous faire un avis en assistant à la dernière séance de Cin’Eiffel de la saison en présence de Avishag Zafrani, philosphe, qui apportera un éclairage sur le film.

Faites votre cinéma à la Médiathèque ! ( Nouvelle fenêtre)

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Cristian Mungiu : figure de proue du « Jeune cinéma roumain »

15 Mai

Cristian Mungiu fait l’actualité : au Festival de Cannes 2018 (nouvelle fenêtre), le réalisateur sera le parrain de la Fabrique Cinéma (nouvelle fenêtre) et à Cin’Eiffel son film 4 mois, 3 semaines, 2 jours lancera le dernier cycle de l’année « Être femme, devenir mère ».

Membre éminent de la nouvelle vague roumaine, il réalise avec ce film un thriller social, situé quelques années avant la chute du communisme de l’ère Ceausescu. Mungiu (nouvelle fenêtre) montre les conditions de vie difficiles de ce pays : une société liberticide rongée par la corruption, le marché noir et l’omniprésence policière. Les plans séquences s’enchainent, créant une sensation proche du documentaire et insuffle à la narration un grand sentiment de réalisme. Le sujet délicat et la manière de traiter le thème ont provoqué plusieurs polémiques.

 

L’histoire

Une histoire d’amitié, de responsabilité et de liberté. Roumanie 1987, deux étudiantes,  Gabita et Ottila, l’amie fidèle, partagent une chambre en cité universitaire. Gabita est enceinte et tente de se faire avorter avec l’aide de sa colocataire et de Monsieur Bébé, un homme mystérieux qui opère secrètement dans un hôtel.

Cin’Eiffel présente jeudi 17 mai à 19h30, 4 mois, 3 semaines, 2 jours, Palme d’Or à Cannes  2007. La projection sera suivie d’une discussion animée par Mathieu Rasoli, universitaire spécialiste de cinéma contemporain.

Faites votre cinéma à la Médiathèque ! (nouvelle fenêtre)

 

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