Tag Archives: Musique

Ces acteurs qui chantent

6 Août

N°1: Jared Leto

PHOTO: Jared Leto poses in the press room with the award for best actor in a supporting role for "Dallas Buyers Club" during the Oscars at the Dolby Theatre in Los Angeles, March 2, 2014.

Le 2 mars dernier, Jared Leto recevait l’Oscar du meilleur second rôle pour sa belle prestation de transsexuel dans le film Dallas Buyers Club. L’acteur américain de 42 ans s’est fait connaître dans la série Angela 15 ans aux côtés de Claire Danes ; puis on a pu le voir dans des films tels que La ligne rouge (Terrence Malick), Fight Club (David Fincher), ou encore American Psycho (Mary Arron). Mais c’est véritablement le rôle de Harry Goldfarb, dans le film Requiem for a dream (Darren Aronofsky) qui lui apporte la notoriété en 2001.

Depuis, on a également pu l’apercevoir dans Panic Room (David Fincher) ou encore Lord of war (Andrew Niccol). Jared Leto semble particulièrement exigent quant au choix de ses rôles, et n’hésite pas à changer d’image et à mettre son corps à rude épreuve pour incarner au mieux ses personnages.

 

JARED-LETO-FIGHT-CLUBJared Leto

Si l’acteur se fait si rare, c’est que sa carrière musicale lui prend aussi beaucoup de temps. En effet, en 1998, il monte avec son frère, Shannon Leto, un groupe de rock alternatif connu sous le nom de Thirty Seconds to Mars. Le groupe sort un premier album éponyme en 2002 qui ne connaît qu’un succès mitigé ; en 2005 sort A Beautiful Lie, un album plus personnel qui se vendra à plus de 4 millions d’exemplaires. Dès lors, le groupe partira en tournée et se produira dans le monde entier. Les clips de certains des titres sont réalisés par Jared Leto lui-même, sous le pseudonyme de Bartholomew Cubbins et prennent la forme de petits courts métrages, comme celui-ci largement inspiré de Shining de Stanley Kubrick :

Depuis, Thirty Seconds to Mars a sorti deux autres albums This is war (2009) et Love, Lust, Faith and Dreams (2013). Acteur, chanteur, musicien, mannequin à ses heures perdues (égérie Hugo Boss depuis 2011), Jared Leto n’a sans doute pas fini de faire parler de lui.

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Macadam : James Taylor, la voie du succès

18 Juin

James Taylor est né James Vernon Taylor à Boston, le 12 mars 1948.

Enfant, il s’initie au violoncelle puis, à 12 ans, apprend la guitare. A 15 ans, il rencontre un autre guitariste en herbe, Danny Kortchmar, fonde un duo et forme le groupe The Flying Machine en 1967.

Le chanteur-compositeur–interprète crée une musique combinant folk, rock et pop ; il connait divers succès musicaux avec différents groupes et en solo, malgré des hauts et bas liés à la dépression et à la drogue.

Il reçoit plusieurs récompenses : Grammy Award du meilleur chanteur pop, Grammy Award du meilleur album vocal pop, Grammy Hall of Fame Award, Grammy Award de la meilleure collaboration vocale country,Grammy Award du meilleur album crossover classique, World Soundtrack Award for Best Original Song Written Directly for a Film,Billboard Century Award.

En 1967, nouvelle expérience  pour James  Taylor, car il tourne dans le film de Monte Hellman Macadam à deux voies au coté de Warren Oates et de Dennis Wilson (membre des Beach Boys). Ce sera son seul grand rôle au cinéma car, ensuite, il ne fait plus que quelques apparitions (La balade sauvage de Terrence Malick, Plenty de Fred Schepisi ou encore Funny People de Judd Apatow).

En 2012, il est désigné Chevalier de l’Ordre des arts et des lettres par le gouvernement français.

 

Gwendal Giguelay revisite Tabou de Murnau

14 Avr

Quelle soirée nous avons vécue, jeudi 10 avril, lors du ciné-concert exceptionnel que Cin’Eiffel organisait autour du film Tabou de Murnau !

Nous étions 60, émerveillés, à être venus écouter la performance incroyable du jeune pianiste professionnel Gwendal Giguelay : pendant 1h30, il a improvisé des thèmes musicaux au piano, accompagnant la poésie et la tragédie qui se jouaient sous nos yeux !

A la fin de la projection, l’émotion était palpable. Car que dire devant une telle interprétation… Gwendal Giguelay, par sa sensibilité, son interprétation personnelle du film, son partage, nous a emmenés, avec Murnau, auprès de Matahi et Réri, essayant de vivre leur amour impossible, malgré le tabou touchant la jeune femme.

Tabou

Matahi et Réri : un amour tabou

 

Après son improvisation, Gwendal Giguelay a pris le temps de répondre aux nombreuses questions qui lui ont été posées sur son travail, son approche du film, son parcours artistique. Bien qu’épuisé par son interprétation  – il a confié à quel point une telle performance pouvait être fatigante, notamment en raison du final du film, très long – , il a répondu avec beaucoup de chaleur et de générosité, et  nous a livré en creux sa perception de l’art en général, de la musique et de cet instrument qu’il aime tant : le piano.

Nous garderons longtemps en mémoire, c’est certain, cette synergie entre image et musique.
Un grand merci, encore une fois, à Gwendal Giguelay pour nous avoir procuré de si belles sensations !

Benoît N.

Ciné-concert Paris qui dort du jeudi 5 décembre 2013 : un Cin’Eiffel inédit

11 Déc
      Jeudi soir, le premier ciné-concert de Cin’Eiffel a eu lieu à la médiathèque Gustave-Eiffel, dans le cadre de la manifestation « Merci Gustave ! », hommage rendu à Gustave Eiffel.

Richard Bonnet, guitariste et professeur de guitare, expert en improvisation générique, a mis en musique Paris qui dort de René Clair.

Ce film fantastique et muet est le premier film de René Clair. Tourné par un jeune inconnu en 1923, sorti en salle en 1925, Paris qui dort est immédiatement un énorme succès : le gardien de la tour Eiffel se réveille un matin dans un Paris plongé dans le sommeil par un rayon maléfique. On peut y voir une métaphore de l’après Guerre de 14-18 : Paris endormi par une guerre aberrante et destructrice et réveillé par le cinéma, comme René Clair en convenait dans son roman, La Forêt enchantée … Un joli film poétique et anticonformiste, d’inspiration dadaïste, représentatif de l’audace des années folles et d’une recherche de liberté frénétique et radicale. En 1926, René Clair ira encore plus loin vers le surréalisme avec Entracte

Pendant la projection, Richard Bonnet propose un accompagnement musical contemporain, du jazz bien sûr, mais également de la folk, du rock, du blues et également de la musique contemporaine, improvisée à la guitare électrique. Le ciné-concert est unique et toujours surprenant ; on regarde le film autrement, c’est « une prise de risque », une expérience en soi pour le musicien et pour le spectateur. Richard Bonnet admet entraîner le spectateur dans un voyage qui revêt plusieurs dimensions.

Une expérience qu’on renouvellera…

Scènes des évasions perdues : dream in a deathcar…

3 Nov

Une explosion poétique à l’intense désespoir

Arizona Dream est une explosion poétique d’Emir Kusturica, une fable débridée à l’intense désespoir, un questionnement sur la possibilité de « vivre sa vie » dans un monde d’adultes. Que deviennent les rêves dans un tel monde ? Chacun des personnages est ici en équilibre, dans une précarité existentielle lumineuse : entre homme et enfant, mère et fille, épouse et amante, entre vie et mort, fiction et réalité… Chacun, à sa façon, confronté à ses rêves à ses démons, lutte pour ne pas sombrer. Devenir soi-même, sans renier son imaginaire, ni verser dans la folie : telle est l’impossible équation…

Arizona Dream est un film traversé par une énergie débordante, porté par une bande son magnifique (Goran Bregovic et Iggy Pop), et par des acteurs ahurissants, au diapason les uns des autres : Johnny Depp, Faye Dunaway, Jerry Lewis, Lili Taylor et Vincent Gallo – tous remarquables, en harmonie, joyeusement désespérés : en tension.

Paul Léger, métaphore de l’inéluctable pesanteur de l’homme

Mention spéciale à Vincent Gallo qui incarne Paul Léger, un acteur raté se prenant pourtant très au sérieux. Il est notamment irrésistible dans une imitation de Raging Bull, se superposant aux corps et aux voix de De Niro et Pesci dans une salle de cinéma. C’est aussi cela Arizona Dream : un vibrant hommage au cinéma… version Kusturica !

Mais c’est une autre parodie que nous voulons mettre en évidence ici…

Nous avons projeté, le 10 octobre dernier, L’impossible Monsieur Bébé de Howard Hawks, une screwball comedy de référence, porté par un couple mythique : Katharine Hepburn et Cary Grant.

Ce dernier a incarné à l’écran, et alterné, des rôles comiques et des rôles plus sérieux. Pour le grand public généralement, la première association qui vient à l’esprit en évoquant Grant est Hitchcock. Il a  en effet collaboré à plusieurs reprises avec le maître du suspens : Soupçons, Les Enchaînés, La Main au collet, La Mort aux trousses.

Précisément, dans Arizona dream, qui est aussi, à sa façon (à la manière du pastiche) un hommage de Kusturica au cinéma et à son histoire, Vincent Gallo, sous les traits de Paul Léger, nous offre, lors d’un concours/exhibition dans un café, une imitation de la scène mythique de La Mort aux trousses.

Paul Léger incarne cette difficulté à être soi et à vivre sa vie « légèrement » ; en effet, il se réfugie derrière la figure métaphorique de l’acteur pour, en permanence, jouer : sur son identité, sur ses rapports à l’autre, sur sa place dans la société, etc. Paul Léger joue un jeu sans trop de conséquences, ou de risques. Ce qui n’est pas le cas du trio composé d’Axel, Elaine et Grace qui mettent, physiquement et psychiquement, passionnellement, leur vie en jeu… Arizona dream est un film qui ne cesse d’interroger la personnalité et l’identité, et se révèle pessimiste dans sa conclusion : les rêves deviennent rarement réalité et le désir d’évasion, le plus souvent, se confronte à un principe prosaïquement matériel. Arizona dream, au propre comme au figuré, nous donne à voir et à ressentir le prix de la gravité : l’inéluctable pesanteur de l’homme…

Voué à se perdre dans les arides espaces désertiques de l’Arizona… ou à contempler son impossible reflet dans les glaces polaires de l’Antartique… Mais toujours en musique et dans une deathcar à la banquette en cuir élimé…

Benoît N.

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